Affronter les autres.
La plupart d'entre nous renonçons à une relation par crainte de souffrir.
Après une mauvaise expérience, nous associons l'amour au
choc, au rejet, de la perte.
La relation devient un champ de mine où le moindre faux pas fait tout exploser.
Pour pouvoir nous ouvrir et tomber amoureux, nous devons dissiper ces peurs, et prendre les difficultés juste pour ce qu'elles sont.
La fuite n'est pas la réponse.
En fuyant le conflit, nous fuyons tout ce qui vaut la peine d'être vécu.
Où est l'amour ?
C'est la question que l'on se pose dans les moments de crise.
Puisque la joie n'est plus là et que les tristesses ont tout envahi, c'est que l'amour a disparu ?
Mais l'amour n'est passé nulle part ! Où pourrait-il aller ?
Il est caché, comme le soleil derrière les nuages dans les temps d'orages.
Cet assombrissement n'est pas permanent. Il fait partie du paysage sans cesse changeant de la vie.
La question à se poser c'est : Qui est l'hôte et qui est l'invité ?
Quel est le sentiment invité, qui va-et-vient, est transitoire ?
Quel est le sentiment hôte, celui qui est absolu et demeure ?
La plupart des gens considèrent la colère, la douleur, la solitude et le chagrin comme l'hôte, la vérité d'une relation. Dans ce cas, c'est l'amour qui est ressenti comme transitoire, de
passage.
C'est le contraire qui est vrai.
Si nous ne comprenons pas ce point, aucune relation en peut se développer sur une base stable.
Nous pouvons mener une vie d'amour seulement en acceptant les changements qui se produisent inévitablement, absrber les coups et tout replacer dans son contexte.
En procédant ainsi nous découvrons que l'amour est présent à travers toutes les permutations.
La leçon du zendo : Recevoir le
baton.
Nous devons apprendre à recevoir les coups et à ressentir la douleur de façon soudaine.
Etonnante leçon et cependant fondamentale, dans l'art de tomber amoureux.
Colères, critiques, trahison, jalousie, pertes, changements de circonstantes brutaux, sont autant de coups que nous recevons dans notre relation. Quellle que soit l'intensité de l'amour, tôt ou
tard l'un de ces problèmes surgit et menace l'équilibre.
Et nombre d'entre nous commencent alors à se demander "où est passé l'amour ? "
Contrairement à la thérapie, le zen ne considère pas les chagrins, les chocs, les déséquilibres de la vie comme des maladies. Il ne demande pas de faire "des choix plus sains", en renonçant à un
partenaire qui cause tant de chagrin. Pour le zen, ces éléments doivent être accueillis comme des invités qui ne sont là que pour un temps. Inutile de ressasser, de chercher à tout
comprendre. Ils font simplement partie des fluctuations de la vie, comme la pluie, la nuit, le soleil, le jour...
Il est très difficile d'accepter que les chocs et les brusques changements de la vie font partie du processus, et ne sont en rien des "malédictions" faisant de nous des victimes.
Identifier les poisons de la relation
Avidité, colère, illusion sont les trois sources de souffrance d'après Bouddha.
Elles se manifestent dans notre relation à travers la jalousie, la crainte, la colère, la suspicion, l'attachement et la possessivité.
Ces sentiments ne sont pas causés par l'autre ou par la situation. Ils ne sont pas l'expression de notre amour. Ils s'expriment parce que les circonstances émotionnelles le permettent. Ils
remontent à la surface pour que nous puissions nous en libérer, et non pour en faire des actes.
Nous pouvons croire que ces poisons sont notre identité. Mais au lieu de tenter de justifier ces moments douloureux, il est préférable de les reconnaitre pour ce qu'ils sont et de les laisser
s'éloigner.
L'esprit du singe en nous se délecte de ces trois poisons, comme d'un nectar. Il en fait des élucubrations, des sources de bavardages incessants, c'est là son plaisir.
Certaines personnes, en recevant les coups amplifient la douleur qu'elles ressentent en se focalisant seulement sur l'aspect négatif. Celles-ci demeurent dans la colère et la négativité,
empêchant le sentiment d'amour de réapparaître. D'autres cherchent un coupable, rejetant la responsabilité sur leur compagnon, ou sur elles-mêmes.
Jeter le blâme sur les autres empêche de voir la personne toute entière, et la réalité de ce qui a été vécu.
Se juger soi-même coupable entraîne un sentiment d'incapacité et de culpabilité qui entretient un profond sentiment d'échec.
Enfin, refouler au plus profond ces sentiments et faire comme si rien ne s'était passé s'appelle le déni, et empêche toute vraie relation.
Ces réactions surviennent dans notre vie, forcément. Mais il ne tient qu'à nous de leur faire lâcher prise
Comment nous recevons nos chagrins.
Comment nous comprenons ce qu'il se passe.
Comment nous réagissons.
C'est cela qui fait la différence entre l'enfer, et le paradis.
Ce qui peut devenir une longue période d'angoisse et de dépression, peut aussi être expérimenté comme une tempête qui traverse notre chemin.
La tempête n'est pas le reflet de ce que nous sommes.
Elle se lève, puis s'éloigne, nettoyant tout sur son passage, et cédant la place au soleil.
Il est cependant important de distinguer notre capacité à recevoir des coups, et une relation sadomasochiste. Le zen nous enseigne à ne jamais céder notre autonomie et notre autorité à une autre
personne.
Vous pouvez décider à tout moment que vous avez assez souffert.
Lorsque la douleur s'empare de vous, il est plus facile de l'abandonner et de choisir le bien-être.
Retirer les flèches empoisonnées
La souffrance que nous éprouvons est due au fait que nous sommes persuadés que quelqu'un va venir les retirer à notre place.
Dans le zen, on ne dépend pas des autres. On tient debout seul, on avance courageusement, côte à côte. Une véritable relation d'amour donne toujours de la force et ne nous ote jamais notre
autonomie.
Inclure l'amer et le sucré
Dans le zen, une saveur amère est amère, une saveur sucrée est sucrée. Chacune à ses qualités. Durant la vie, on doit goûter à tout. Ce qu'on recrache reviendra en force, tôt ou tard.
Les choses n'arrivent pas parce que nous sommes bons ou mauvais, ou parce que nous le méritons. Elles arrivent, c'est tout. Et si nous éprouvons parfois de la souffrance, cela ne signifie pas que
nous ne valons rien, ou que l'amour s'est éloigné pour toujours.
Cette manière que nous avons de séparer ce que nous jugeons bon de ce que nous jugeons mauvais, est notre maladie. Apprendre à vivre avec tout ce qui se présente, nous conduit à l'unité. De
nous-même.
L'accomplissement.
Dans une relation ce sentiment apparait quand nous avons fait l'expérience de tout ce qu'il y avait à faire. Et si la relation s'achève, même si l'autre nous manque, nous ne sommes pas profondément
affligés.
A mesure que la conscience augmente, notre potentiel de vitalité, de santé de clarté et d'amour augmente. Nous sommes capable de voir vraiment qui est l'autre, et de décider de rester ou non, pour
de bonnes raisons, et non parce que nous rejetons. Nous sommes capable de nous laisser aller à l'émotion sans être emporté, et de vivre la beauté de l'instant présent.
Les étapes de l'amour : affronter la douleur
1. D'où viennent les coups ?
Qu'est-ce qui est si difficile à supporter pour vous ?
Observez simplement votre réaction, un peu chaque jour.
2.Renoncez au blame. Reprochez-vous à la pluie de tomber ?
Qui jugez-vous responsable de vos difficultés ?
Quels sont les reproches que vous vous adressez ?
Renoncez à blâmer, aujourd'hui.
3.Refusez de refuser.
Observez ce que vous refuser le plus de vivre.
Imaginez-vous le contraire : Acceptez ce que vous avez toujours envie de refuser
Et puis un jour, essayez d'en faire l'expérience dans la réalité.
4. Guérir une relation meurtrie.
Prenez le temps de trouver ce qui n'allait pas
dans cette relation.
Avez-vous besoin de pardonner, ou d'accorder votre pardon ? Faites-le.
Maintenant.
Cherchez comment guérir cette relation même si elle n'est plus, même si la
personne n'est plus.
Si vous ne pouvez pas donner à cette personne, donnez à d'autres ce qui doit être donné.
La réparation est l'acte d'amour qui vous allège
et vous conduit chaque jour vers une vie plus généreuse.
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