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1. Oter ses chaussures

La première leçon quand on entre dans le zendo (lieu de formation du zen) est d'oter ses chaussures.
Chaque acte demandé dans la pratique zen contient l'essence du zen, c'est à dire qu'il demande une attention et une concentration totales.
Ainsi, nous apprenons à devenir totalement disponibles à l'instant présent, et cette nouvelle aptitude se répercute dans nos relations aux autres.
Le zen dit  : nos actes  les plus infimes reflètent ce que nous sommes et affectent notre vie entière.


chaussures.jpgchaussures peintes de Nicole Gaulier, voir infos ci-dessous



La première instruction, oter ses chaussures, nous invite à nous mettre à découvert.

Oter ses chausssures est abandonner nos défenses habituelles et nos marques de valeurs extérieures. Ainsi on découvre que les choses auxquelles on se cramponne sont à l'origine des conflits et de la souffrance. Nous apprenons à marcher pieds nus, en contact avec le sol.

Mais sans négliger pour autant nos chaussures.
Oter ses chaussures avec attention, les apprécier pour ce qu'elle nous apportent de protection et de soutien, les disposer de façon harmonieuse avec l'univers.

Faire attention à ses pieds, à sa façon de marcher. Nos pieds sont la source même de notre équilibre, de notre capacité à tenir debout. Ils sont aussi une source d'information incroyable sur le lieu où nous nous trouvons et comment nous nous y mouvons. Ne méritent-ils pas un peu d'attention ?

Sans équilibre et sans information, comment une relation amoureuse est-elle possible ?

La première leçon du zen nous apprend à devenir attentif à soi-même, à la façon dont nous traitons le monde et à tous nos actes, grands et petits.
En apportant à oter nos chaussures et à porter attention à chacun de nos pas, nous laissons derrière nous défenses et restrictions, et découvrons que tout ce que nous faisons nous affecte nous, mais aussi les autres. Nous apprenons à nous défaire de nos désirs brutaux, de nos envies soudaines, nos pulsions égoistes.

Après avoir oté nos chaussures, la première chose que nous apprenons, est de
savoir comment ne pas obtenir tout ce que nous voulons.

Quand nous vivons une relation qui a merveilleusement commencé et traverse une période difficile, nous devons nous rendre compte que c'est le cours naturel de la plupart des relations et que cela ne signifie pas nécessairement qu'il est temps de partir.
Développer la patience et attendre que les eaux agitées se calment permet de voir clairement ce qui est en jeu.

La pratique du zen est basée sur la concentration et le paradoxe. A mesure que les élèves endurent les privations et d'autres épreuves, la chaleur, la clarté et la flexibilité s'élèvent. Ils finissent par comprendre que sans la volonté d'endurer et de pratiquer, rien ne peut réellement se passer. 

3 exercices pour développer la concentration :

1. Otez vos chaussures.
    Soyez conscient de leur présence, de leur utilité.
    Rangez les soigneusement à leur place.
2. Prenez le temps de remarquer ce qui demande d l'attention autour de vous.
    Payer une facture, arroser une plante.
    Prenez note simplement de ce qu'il y a à faire, et de votre volonté ou non de le faire.
3. Observez la personne qui se trouve auprès de vous.
    Soyez pleinement avec elle dans l'instant présent, et appréciez la, quelques minutes,
    simplement telle qu'elle est.
    Faites la même chose demain, avec quelqu'un d'autre.




Chaussures-gaulier.jpgImage : chaussures peintes, de Nicole Gaulier,
Nicole Gaulier peint des chaussures. Il ne s’agit pas seulement des chaussures que tout un chacun porte à ses pieds ; il s’agit aussi de non-chaussures ou de chaussures non portables, et son travail s’étend sur des centaines de ces curieux objets. Ce sont des sortes de mocassins miniatures que ne chausse aucun papoose, mais que, paraît-il, les chiens aiment à ronger et qui sont fabriqués à cette seule fin. Quel obscur désir pousse les chiens à se faire les dents de préférence sur des objets ayant forme de chaussure ? Mystère. Toujours est-il que ces petites chaussures immettables attirent la peinture de Nicole Gaulier et deviennent le réceptacle d’une inventivité formelle que n’aurait sans doute pas suscité un support plus convenu ou plus utile. La série atteint plusieurs centaines, et cette multitude en fait un travail hors du commun. Néanmoins, chaque “ chaussure ” est en elle-même désirable, chacune a personnalité picturale, son harmonie colorée, son style de dessin, parfois son alphabet ou ses mots typographiés ; chacune a même son nom : “L’assassin était dans la pénombre”, “La vache folle avait de la conjonctivite”, “Le doryphore”, “Douleurs de l’art”, “Seurat, mon frère, ne vois-tu rien venir ?” (extrait du site Talus, collectif d'artistes)

 
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