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Dimanche 10 février 2008
auteur : Brenda Shoshanna

existe en édition Pocket
collection évolution n° 12423


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Ce petit livre est un trésor de sagesse. J'y ai puisé ces dernières semaines d'inespérées ressources, quand je me sentais à bout de solution, de possible, d'acceptation. Il est  une invitation à savourer le moment présent, à tomber amoureux de la vie pour ce qu'elle est et non pour ce que nous exigeons d'elle...

J'ai créé une nouvelle rubrique "pages" accessible en haut à gauche. J'y ajouterai, chapitre après chapitre, des extraits et réflexions, afin de partager avec vous
cet enseignement précieux qui développe l'aptitude au bonheur.

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires tout au long de votre lecture.

En ligne  :

Première partie : Se lancer.

1. Oter ses chaussures - publié le 24 octobre

2. S'asseoir - Publié le 25 octobre

3. Ne rien Faire - Publié le 28 octobre

Deuxième partie : Le zen en action

4. Faire Kinhin - publié le 2 novembre

5. Nettoyer la maison - publié le 5 décembre

6. Etre le portier - publié le 18 décembre

7. Faire la cuisine - publié le 10 février 2008

8. Recevoir le bâton - publié le 11 avril 2008
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Jeudi 11 octobre 2007
Lorette Nobécourt  

En nous la vie des morts

Grasset 2006 /  18.90 € 
390 pages ISBN : 2-246-59451-0

Ce livre là, il m'a sauvée. Un peu. de moi-même. Ou de celle que je ne suis pas. Celle qui s'enfuit sans cesse, la compagne du cerf dont la peau sèche sur le rebord de la rambarde en bois. J'ai couru si vite, mais à chaque fois mon passé me rejoint, me dépasse, je trébuche. Tombée là, j'ai lu. Ressenti avec les os la douleur de l'absence, la colère de l'impuissance, le besoin de néant pour ne plus voir ne plus entendre ne plus rien dire. Et puis jusqu'à la rédemption, le retour de la joie dans mes cellules, l'envie de m'asseoir devant la mer étale et de faire, rien. Juste être là. Parfois, la fatigue aussi me rattrape et use mes nervures. Je me sens encore si fragile, je tremble comme une feuille de saule à l'automne. Décrocher, lacher le tronc pour voler, lâcher la prise...

anaka, 11 octobre 2007.


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Par l'auteur elle-même...

" A l'automne 2002, j'ai laissé l'homme que j'aimais, rendu les clefs de l'appartement où je vivais depuis douze ans, j'ai donné mes livres, mes vêtements, la plupart de mes meubles et je suis partie, avec ma fille sous le bras, vivre à Rome. A la Villa Médicis. C'est un beau lieu pour changer de vie. J'ai connu là-bas des heures qui n'appartiendront jamais qu'à moi seule. J'y suis morte à chaque saison. Et de mourir tant de fois, je suis née à d'autres mondes, à une autre vie. En nous la vie des morts est le premier livre de cette vie. Je l'ai écrit aux heures de l'ombre et aux heures de lumière. Je l'ai écrit avec mes os.  J'avais faim d'embrasser le monde, j'avais une telle faim de comprendre d'où je venais, qui j'étais, pourquoi je souffrais tant. J'avais faim de donner aussi. J'étais allée aussi loin que possible dans la chair, sans trouver la lumière. Je voulais essayer le verbe. Autrement, pas comme avant. Loin de moi. J'étais si lasse de moi-même. Je voulais un héros étranger à mes manières, et un homme oui, qui me permette aussi de parler du féminin.»

La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 2 septembre 2006

Parfois, un livre surgit de nulle part, au moment juste, pour vous épauler, vous nourrir, et vous sauver. Nortatem, le héros new-yorkais d'En nous la vie des morts, connaît cette chance avec le Livre 7. Un ouvrage hébraïque anonyme, trouvé sur la table d'entrée d'une amie. Un guide spirituel romanesque en diable, une cérémonie des adieux éternellement recommencée retraçant les agonies fulgurantes d'êtres en quête d'absolu. Nortatem dévore ce livre dans une maison du Vermont coupée du monde, où il s'isole pour se remettre du suicide de son ami d'enfance. Par un subtil effet de mise en abyme, Lorette Nobécourt écrit à la fois l'histoire du deuil de Nortatem, personnage magnifique et envoûtant comme son prénom, et les courts chapitres de ce mystérieux Livre 7, leçons métaphysiques d'une exquise pertinence sur l'approche de l'au-delà.
A force de tendre des fils de soie entre ces histoires ésotériques, imprégnées de toutes les spiritualités du monde, elle parvient à tisser un tapis de méditation sur lequel on se love comme un enfant. Et signe un livre hanté qui nous fait «muter», pour reprendre l'expression de Nortatem, transfiguré lui aussi par ses lectures...

un extrait...
«…un livre pouvait changer un homme. C’était même là sa principale raison d’être. Regarder l’existence d’un autre point de vue et se raconter une nouvelle histoire pour modifier son propre destin, pour muter...»
(p.383)



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Mardi 20 mars 2007

Anaka a le plaisir de vous présenter
la première édition
2007-2008 de
La Bible de l'Art Singulier, Inclassable et Insolite,
dans laquelle elle présente son travail sur plexiglas.



100 galeries, musées et lieux d'exposition
160 artistes repertoriés
1.000 images reproduites en couleur
1.500 heures de travail
2.200 candidatures examinées

192 pages - format 21 x 27 cm
isbn 2-35237-019-1
prix : 29 €

Vous pouvez vous procurer le livre sur le site :
La Bible de l'Art Singulier, Inclassable et Insolite

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Vendredi 16 mars 2007

Le Clan des Otori

Tome 1 : Le silene du Rossignol
Tome 2 : Les Neiges de l'exil
Tome 3 : La clarté de la Lune
Tome 4 : Le Vol du héron

Lian Hearn  (Australie)
Les 3 premiers tomes parus chez Folio
Le tome 4 chez Gallimard (2007)


le pitch

Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal.

Lian Hearn donne naissance dans ce premier livre du Clan des Otori à un univers intensément poétique où les personnages sont aux prises avec les codes sévères d’une société qui exacerbe les passions.



comment taire...

Juste avant mon voyage en Inde, j'ai avalé le premier tome de cette saga incroyable. A mon retour, ma première impulsion a été d'acheter les deux tomes suivants,  (en Folio et et je le  regrette car les éditions hors série chez Gallimard sont somptueuses).  Et puis mon hospitalisation m'a permis au moins ça :  Me faire offrir le tome 4 dans sa version luxe, puisqu'il vient d'être édité...

J'ai dévoré cette histoire, pas d'autre mot possible, le récit de la vie d'un tout jeune homme qui devient chef de clan, et d'une toute jeune fille qui suit également un destin d'ascension et de pouvoir. Entre ces deux étapes, un long cheminement  de guerres, de désirs, d'amour, d'apprentissage, à l'image de la vie. Une longue initiation portée par une écriture magnifique, une capacité à donner des images aux mots, des odeurs, des couleurs, des ressentis qui emportent très loin des pages qui défilent...
L'émotion ne s'est jamais altérée tout au long de ces quatre tomes, au contraire. Il m'est souvent arrivé de rêver de Takéo et des autres, comme si je poursuivais dans mon sommeil leur extraordinaire chevauchée de l'existence.


ce qu'en dit l'auteur...

"Le Clan des Otori se situe dans un pays imaginaire vivant à l'heure de la féodalité. Cette situation et cette période n’ont pas d’équivalent réel dans l’Histoire, même si l’on peut découvrir dans ces pages maint écho des coutumes et des traditions japonaises. […] J’ai donné des noms japonais aux lieux du roman, mais ils n’ont que peu de rapport avec la réalité, en dehors de Hagi et de Matsue qui occupent à peu près leur position géographique réelle. Quant aux personnages, ils appartiennent tous à la fiction, si l’on excepte Sesshu, auquel il semblait impossible de forger un double. J’espère que les puristes ne me tiendront pas rigueur des libertés que j’ai prises. Ma seule excuse est qu’il s’agit d’une œuvre d’imagination. ”

Lian Hearn est le pseudonyme d'un auteur pour la jeunesse célèbre en Australie où elle vit avec son mari et leurs trois enfants. Elle est diplômée en littérature de l'université d'Oxford et a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'art à Londres, avant de s'installer en Australie. Son intérêt de toujours pour la civilisation et la poésie japonaises, pour le japonais qu'elle a appris, a trouvé son apogée dans l'écriture du Clan des Otori. Elle y dépeint un univers imaginaire nourri d'alliances secrètes, de guerres, de clans, d'honneur exacerbé, d'amour, de désir et de courage.

Au départ, elle avait décidé que la saga des OTORI serait une trilogie. Mais c'était compter sans la force de l'inspiration...
« Je n'avais pas l'intention d'écrire plus, mais les personnages sont à nouveau apparus vivants pour moi et j'ai réalisé que j'avais encore beaucoup à dire à leur propos »
.

Écrits l'un après l'autre dans un même élan, deux nouveaux volumes viennent encadrer la trilogie : Le Vol du Héron dévoile le destin de Takeo et Kaede adultes. Le 5ème tome, qui sera le volume final (parution 2008), nous fera découvrir la vie de Shigeru depuis son enfance jusqu'à sa rencontre avec Takeo.


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Mardi 9 janvier 2007

Les amants du Spoutnik

Haruki Murakami (Japon)
Belfond 2003 - En poche chez 10/18, 2006


le pitch

K. aime Sumire, qui est amoureuse de la mystérieuse Miu, qui elle n'aime personne, vraiment. Trpos spountik sur trois orbites différentes. Trio- triangle ou chacun compose un angle, un point de vue, une vision du monde au point de parfois ne plus partager le même univers. Pourtant entre eux demeure le fil  d'un amour inusable. Et plus encore un monde fantastique les relie, qui donne profondeur et poésie aux sentiments des trois personnages.

comment taire...

Magie de l'univers littéraire japonais entre poésie et fantastique, oscillant sans cesse au bord des rêves entre une observation presque anatomique de la réalité, et une vision onirique qui nous transporte dans un ailleurs. Cet ailleurs dont on devine qu'il existe sans jamais savoir vraiment, juste sentir... J'ai adoré ce livre, l'un des plus importants que j'ai lu, dans mon entendement de la vie humaine...

lu sur le net :
"Une histoire d'amour passionnante qui bascule dans un autre monde. Avec une économie drastique de personnages mais en utilisant différentes unités de lieux et de temps, Haruki MURAKAMI nous offre une merveilleuse histoire d'amour moderne. En se focalisant sur le triptyque tragique, l'auteur nous entraîne au coeur d'une histoire d'amour impossible du Japon et à travers l'Europe, jusqu'à la Grèce qu'il connaît pour y avoir vécu plusieurs années. La narration effectuée par l'un des protagonistes nous permet de percevoir dans les détails les sentiments émanant des personnages en y ajoutant un filtre de subjectivité qui nous rend plus proche de la situation. Voici décrite la première partie de ce roman, quant à la suite, c'est l'histoire d'un passage dans une autre dimension, "de l'autre côté du miroir...". Toujours passionnante, cette oeuvre semble décrire les trajectoires de satellites : toujours gravitant autour d'un autre élément sans jamais le rencontrer."

quelques extraits...

"...Derrière les choses ou les personens que nous croyons connaître se cache toujours une proportion  identique d'inconnu.
La compréhension n'est jamais que la somme des malentendus...
Dans le monde où nous vivons ce que nous savons coexiste étroitement avec ce que nous ignorons, liés comme des frères siamois, en un état de parfaite confusion"

"...Mon idée est qu'il faut une stratégie d'une particulière habileté pour parvenir à faire coexister pacifiquementen soi la partie qui croit savoir et celle qui  ignore... Il faut quelque chose pour nous ancrer. A défaut de quoi, c'est une certitude, nous nous précipitons en guise de punition vers une collision assurée." 

"...Pourquoi sommes-nous si seuls, de demandai-je. Pourquoi est-il nécessaire que nous soyions si seuls ? Tant de gens vivent dans ce monde en attendant quelque chose les uns des autres, et ils sont nénanmoins contraints à rester irrémédiablement coupés des autres. Cette planète continue-t-elle de tourner uniquement pour nourrir la solitude des hommes qui la peuplent ? " 
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Samedi 6 janvier 2007

Marylin, dernières séances


Haruki Michel Schneider
Grasset 2006

le pitch

Pendant deux ans et demi, l'histoire d'un couple improbable racontée jusqu'à la mort de l'un des deux protagonistes. Mais pas n'importe qui : Marylin, et son psychanaliste freudien Ralph Greenson. Elle lui demande de le sauver de sa détresse de l'aider à ne pas se perdre, au bord de la schizophrénie, border line dirait-on aujourd'hui. Lui tente de l'aider comme un enfant et l'entraîne dans uen dépendance qui la conduira à l'inéluctable, le 4 aout 1962.

Roman extrêmement documenté, il mêle cependant le récit abiographique et la fiction pour raconter ce qu'il se complait à dépeindre avec une rare perversité : la déchéance d'une femme seule.


comment taire...

Lu il y a quelques semaines déjà. je n'arrivais même pas à écrire une ligne sur ce roman, tant il m'a donné mal au coeur. A me dégouter de lire. A me dégouter des auteurs et de leur folie égotiste qui les fait détruire leur propres héros avec un sadisme inoui.

J'ai toujours aimé Marylin. Aimé Marylin comme on aime une enfant perdue, une enfant en détresse, dont on sait que l'amour qu'on lui porte ne suffira jamais à la sauver d'elle-même. Comme on aime l'enfant en soi, au fond, celui-là qui demeure tapi et apeuré et qu'on passe sa vie à tenter de rassurer en devenant une bonne grande personne, en devenant parent, aussi, par exemple...

Cette part-là dans le livre est bien rendue. Mais elle ne sauve pourtant pas ce roman de la turpitude et de la saleté dans laquelle il se plonge avec une aisance racoleuse et immmonde. Son plaisir à lui, qui se prétentd psychanaliste,- et donc sauveur d'âme! - est de raconter des scènes de déchéance, observer cette femme prise au piège comme s'il regardait avec vice un papillon à l'agonie cloué sur une planche anatomique.

Je l'ai lu jusqu'au bout, mais j'ai été surtout écoeurée par l'auteur. Je le trouve sale, pervers, manipulateur, voyeur. Mais au bout du compte, malgré toutes les choses affreuses qu'il raconte, il ne réussit pas à salir cette femme enfant perdue sur une planète trop dégueulasse pour y accueillir les anges.

 

Je lis cet extrait d'article écrit par une femme (!) dans un magazine littéraire :  "Marilyn, dernières séances est un roman somptueux. Une écriture de soie. Un goutte-à-goutte d'émotion fine. Une réflexion sans leçon. L'auteur offre à Marilyn Monroe, par cette oeuvre de nuages et de nuances, ce qu'elle a toujours demandé en secret aux hommes : le respect."
A chacun de se faire une idée de na notion de respect...

Je n'ai même pas envie de préciser que ce livre a reçu le prix Interallié 2006.



quelques extraits, enfin quelques conneries...

"...Elle attirait le thérapeute toujours plus vers le plus sombre, le bas, le vide..."
Elle l'attire  ? Elle aurait donc cette force incroyable, cette femme sans cesse au bord du vide... Ou est-ce lui qui s'y complait ?


"...Ce n'est plus 'Le Prince et la danseuse, disait-il en référence au film anglais et costumé de Marilyn, c'est la psychanalyste et sa doublure.' S'il avait été moins paresseux, il en aurait bien fait un film. Bon scénario, pensait-il. Chacun sans le savoir se fait le metteur en scène de l'autre. Chacun joue le rôle de ce qu'il ne savait pas être : lui un artiste, elle une intellectuelle. Chacun est finalement devenu le rêve de l'autre. Avant de se rencontrer et hors de leur rencontre ni l'un ni l'autre n'était fou ; ensemble ils le deviennent.'"


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Samedi 9 décembre 2006

Variations Sauvages


  Hélène Grimaud (France)
Essais Poche 2004 (1ère parution 2003) 



le pitch

Hélène Grimaud par elle-même. Pianiste prodige, cette jeune femme étrange raconte son parcours depuis son enfance à Aix jusqu'à sa rencontre avec une louve au beau milieu d'une nuit urbaine en Floride. Entre les deux, une réflexion personnelle sur un chemin de vie chaotique et intérieurement torturé, et en même temps totalement sincère et lumineux.

comment taire...


L'écriture est restée juvénile, comme le physique de la belle. Cependant sous cette nature spontanée brûle un vocan de questionements existentiels, ou plus encore d'une tentative vitale de trouver des réponses à ses mystères. Voicn vibrante et vivante, rare et précieuce, un portrait d'une Femme qui Court avec les Loups...

"...L'entremêlement des discours est l'élément le plus manifeste de l'originalité du récit : la pianiste voit dans cette alternance de souvenirs personnels, de considérations générales sur la musique et d'anecdotes ou d'exposés sur le monde animal, en particulier sur les loups, un phénomène d'oxygénation interne au récit, un chapitre étant la respiration de l'autre, comme si raconter ou penser l'essoufflait trop vite..."

"...Pianiste de renommée mondiale, récompensée par les prix les plus prestigieux, membre d’honneur du GLF, puis de FERUS, depuis plusieurs années, Hélène Grimaud s’est fait aussi connaître du grand public par sa deuxième passion : les loups. Elle raconte ici son parcours et donne aussi, pour la première fois, la clef de son univers intérieur, sa relation si particulière aux mystères propres à la musique et aux loups, qui ont fait d’elle un icône au charisme incontesté...."

 

Quelques éléments de plus...

Hélène Grimaud est une pianiste de renommée internationale. "J'ai commencé tout de suite le piano, confie-t-elle dans son livre. Jouer m'a paru parfaitement naturel, un prolongement de mon être." Une sensation qu'elle n'est pas seule à ressentir puisque très tôt, ses tentatives sont encouragées par les plus grands. A treize ans elle est reçue première à l'unanimité au Conservatoire de Paris.
Élève de Jacques Rouvier, elle enregistre son premier disque alors qu'elle n'a que quinze ans, et le dédie à Rachmaninov,  pianiste célèbre pour la difficulté de ses compositions.
Hélène Grimaud quitte le Conservatoire avant la fin de sa formation, qu'elle préfère terminer seule, tout en assistant aux masterclasses de l'école. Une décision qui ne l'a pas empêchée de passer les concours internationaux et de s'envoler pour les Etats-Unis, terre de rencontre d'un ailleurs dont elle était en quête depuis l'enfance, terre de rencontre avec Alawa, louve qui déclenchera une véritable passion pour ces animaux. Comme elle le raconte dans son livre, elle se partage entre le piano et les loups, deux passions complémentaires qu'elle cultive depuis des années. Hélène Grimaud doit sa célébrité, entre autres, à ses fabuleuses interprétations de Brahms et de Rachmaninov.

(à écouter également, son CD enregistré à New York en 1999 : Concerto No 4, Sonatas Op 109 & 110s pour Piano de Beethoven. Juste magnifique.)


ici, un extrait de l'interview d'hélène Grimaud par Françoise hardy

"...Est-ce que les artistes doivent souffrir pour être au sommet de leur art ? Je ne sais pas. On peut voir les choses de deux façons. Mais il me semble que l'on doit au moins avoir une conscience aiguë de la possibilité de souffrance, ainsi qu'une sensibilité suffisamment "poreuse" pour que la souffrance du compositeur, même si elle est extérieure, vous atteigne au point de devenir la vôtre..."


quelques extraits...

"...Chacun porte une clef qu'il sait déchiffrer ou pas. Quoiqu'il en soit le bonheur ne s'obtient que par l'harmonie de son Etre avec la note qui l'exprime."

"... Il ne s'agit pas de transformer la matière en or mais au contraire de transformer l'or en matière pour qu'elle devienne moment d'exception, d'enfantement, d'art et de bonté, or en son, et en Soi..."

"...La confirmation qu'il me fallait devenir ce que je suis...
...Me frotter à l'inévitable, cet inévitable en soi qui finalement est seul à pouvoir nous sauver..."
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Samedi 25 novembre 2006


Tout ce que j'aimais


  Siri Hustvedt (USA)
Actes Sud,  2003 - En poche chez J'ai Lu, 2006


le pitch

L’action se situe dans les galeries d’art de Soho et les milieux universitaires New Yorkais que Siri Hustvedst connait particulièrement bien, et commence en 1975, lorsque Leo, un critique d’art, achète dans une galerie NewYorkaise, un tableau dérangeant qui l’intrigue et le remet en question. Sa rencontre avec l’artiste, Bill Wechsler, va marquer le début d’une complicité qui va s’étendre sur les 25 années suivantes et lier définitivement leur destinée, celle de leurs couples et de leurs enfants, les entraînant dans une succession d’épreuves et de choix aux conséquences tragiques. Seule, leur amitié survivra à la tourmente de la vie et à l’âge des bilans et des regrets, leur apportera consolation et réconfort.

comment taire...


Un roman bouleversant. Il nous confronte aux failles de notre humanité, à la fragilité des sentiments amoureux, à la folie qui rôde alentour entre inconscience et génie... Ce livre m'a profondément émue, et laisse en moi une sensation de "danger". La vie est un voyage empli de menaces envers ceux que l'on aime, ceux là mêmes qui nous mettent le plus en danger ...

Quelques commentaires glanés sur le net m'ont paru très explicites :

"Siri Hustvedt nous raconte un superbe drame fait de larmes et de sang et nous poursuit longtemps après que l'on a refermé le livre. Le roman d'une génération peut-être trop confiante qui perd ses illusions, décrite avec un mélange de lucidité extrême et de sensibilité poignante."

"Ce roman profond et poignant qui prend aux tripes et continue à nous hanter longtemps après l’avoir refermé, plonge au plus profond des ambiguïtés et des contradictions humaines. Il sonde le fond de nos cœurs et de nos âmes, analyse les rapports troubles et ambigus entre amour et désir et soulève avec une intelligence pénétrante de douloureux problèmes relationnels : l’absence de communication, la confusion des sentiments, la difficulté de faire face à des drames familiaux, à la mort d’un enfant ou à ses dysfonctionnement psychologiques. Il aborde avec pudeur et sensibilité les problèmes de relation entre les couples, avec leur poids écrasant de tensions sexuelles, de jalousie et de culpabilité. Il débouche sur des interrogations existentielles fascinantes : qu’est ce qui nous fait devenir ce que nous sommes ? Comment se forme notre identité individuelle. Cette tragédie antique, avec son cortège de joies et de douleurs, c’est celle de notre vie, et chacun peut reconnaître une partie de lui même dans ces personnages qui souffrent et se déchirent. "

"Il est rare qu'un livre réunisse toutes les qualités: une belle écriture, une histoire très romanesque, un milieu passionnant. Evitant tous les écueils, toutes les facilités, Siri Hustvedt a réussi un récit ambitieux, un roman d'amour et d'amitié qui explore la folie sous différentes formes..." (lire 2004)


quelques extraits...

"...Ce sont des autoportraits, dit-il. En travaillant avec Violet, je me suis rendu compte que j'étais en train de dresser la carte d'un territoire intérieur que je n'avais pas encore aperçu en moi, ou peut-être d'un territoire situé entre elle et moi..."

"La difficulté de bien voir m'a hanté longtemps avant que ma vue ne se dégrade, dans la vie autant qu'en art. C'est un problème de perspective - ainsi que Matt me l'avait fait remarquer ce soir-là dans sa chambre, en constatant que lorsque nous regardons des gens et des objets nous sommes absents de notre tableau. Le spectateur est le vrai point de fuite, la piqure d'épingle dans la toile, le zéro... "

"Je me mis à sourire, alors. Au début je n'avais aucune idée de ce qui m'amusait. C'était un peu comme lorsqu'on est pris de fou rire à un enterrement ou pendant que quelqu'un vous donne des nouvelles d'un terrible accident de voiture. Et puis je me rendis compte que c'était son honnêteté qui me faisait sourire. Elle se donnait tant de mal pour me dire la vérité sur elle-même telle qu'elle la connaissait, après tout ce que nous avions vécu ensemble, les innombrables mensonges et les vols, ..."

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Vendredi 17 novembre 2006

Cambodge , je me souviens (2003)

Cambodge, mon pays, ma douleur (2006)

Méas pech-Métral
Editions HB, Collection "Intimes"



Méas a connu l'atrocité des camps  des khmers rouges pendant sa petite enfance. Rescapée à 14 ans grâce aux camps, elle arrive en France à 18 ans, où elle vit aujourd'hui.

Je l'ai rencontrée à Annecy lors de la sortie de son premier livre, je revenais à peine d'un voyage de trois semaines au Cambodge avec mon compagnon, qui nous avait bouleversé. La rencontre avec cette jeune femme au sourire éclatant m'a laissé une trace indélébile. Ses deux livres aussi, autant la poésie douloureuse du premier, que la rage vitale du second.

Je vous invite de tout mon coeur à lire ce témoignage d'une simplicité merveilleusement enfantine, et d'une profondeur unique. L'auteur, son histoire, son pays vous toucheront au coeur à jamais.



Lettre à Méas

Ma chère Méas

J'écris ces quelques lignes sur une page de ton propre livre, alors  que je viens d'en tourner la dernière page, avec des larmes qui sont restées collées à mes yeux comme un lac sans fond, un lac de non-sens et de désarroi, et de douleur. Le coeur serré, j'imagine tes pas dans ton pays meurtri, ce pays que j'ai tant aimé quand je l'ai découvert en 2004 avec mon compagnon. Même si les stigmates de l'horreur parsemaient les champs, les rues, les visages, il y avait aussi dans les regards de ces jeunes vies une flamme, un courage, une envie de vivre,  de rire, d'être heureux, qui brillait si fort qu'elle submergeait tout le reste. Nous avions envie de croire que le Cambodge pouvait renaître de ses cendres.
C'est cela, Méas, que je voulais t'écrire, pour te donner peut-être un germe d'espérance quand tu penses aux Tiens.

Avec toute ma tendresse,
Anne.



Rédigé par Michèle Gazier journaliste à télérama :

Ce mardi 21 mars, à 17heures, devant le stand de France Info, une petite foule émue. Méas Pech Métral, Cambodgienne vient parler de ses livres qui sont des histoires de sa vie. Elle ne prétend pas faire de la littérature. Elle se dit « une petite plume cambogienne ». Elle veut témoigner de sa vie, non pas pour la raconter par un quelconque réflexe nombriliste mais parce que son histoire personnelle est celle de milliers de Cambodgiens enfermés dans les camps des Kmers rouges sous Pol Pot ; parce que les génocides existent encore dans notre monde civilisé. J’ai rencontré Méas il y a quelques années dans une librairie de province où nous étions toutes deux invitées ( avec d’autres écrivains). J’ai entamé un dialogue avec elle. Elle incarne pour moi le mot « résistance ». L’apprentissage du français a été pour elle une des formes de sa résistance. Elle l’a appris au contact des médecins et infirmières français (MSF) venus aider les populations réfugiées dans les camps de Thailande, dans les livres de poésie et les bandes dessinées découverts au hasard des rencontres ( Le Petit Prince, Eluard, Tintin) . Longtemps elle a lu sans comprendre, juste pour la musique des mots, et cette musique lui a un jour donné accès aux paroles.
Trois livres ( une réédition, un récit inédit, un petit recueil de poèmes) paraissent aux éditions HB ( cooédités avec Fance Info). Cambodge, je me souviens, paru d’abord en 2003 . Cambodge, mon pays, ma douleur, Une petite plume cambogienne.



Je profite de cette lecture pour vous inviter à vous rendre sur le site Pour un Sourire d'Enfant. Cette association créée il y près de 10 ans par un couple de français extraordinaire, Marie-France et Christian des Pallières, s'est consacrée à sauver les enfants des décharges de Phnom Pehn, et a construit tout près de leur lieu de vie un véritable village avec des écoles des crèches. Les enfants vivent toujours près de leur famille, mais n'ont plus à fouiller les ordures pour se nourrir, et peuvent grandir dans des conditions décentes.
Pour avoir vu de nos yeux le travail de ces gens sur place, je témoigne aujourd'hui de leur engagement et de leur détermination à sauver un peuple entier. Ils parcourent chaque année la France pour présenter leur fondation et faire appel aux générosités occidentales. Depuis cette rencontre, j'envoie chaque mois mon obole. c'est ma façon de ne plus jamais fermer les yeux sur ce que j'ai vu,  pas seulement de détresse, mais plus encore de volonté de sortir de la misère, de courage, d'envie de vivre, à l'image de Méas... 

Intarissable sur le sujet, je supplie ceux qui lisent ces lignes de ne pas oublier la douleur et l'avenir des enfants du Cambodge...


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Lundi 13 novembre 2006

L'Histoire de l'Amour

 
Nicole Krauss (USA)
Gallimard, 2006


le pitch

A travers un roman qui voyage d'une main à une autre, à travers un siècle de shoah et d'émigration, l'histoire croisée entre une jeune fille qui porte le prénom d'Alma, et un vieil homme qui raconte son amour pour une jeune femme portant le même prénom. Le tout porté par le rapport à l'écriture, omniprésente dans le récit, et entouré d'une galerie de personnages aussi farfelus qu'attachants...

comment taire...

Une histoire qui emmêle autant les sentiments que les fils de son intrigue et qui contient pourtant dans ce désordre apparent  l'idée même de fidélité et de mémoire. Un roman touchant, parce que les protagonistes sont des êtes en amour, des êtres de sentiments et de quête, un roman qu'il faut prendre le temps de lire, au risque de se perdre parfois dans les méandres de ces vies croisées, mais qui laisse un sentiment fort dans le coeur. 


quelques extraits...

"...La vérité est que j'avais cessé d'attendre depuis longtemps. Le moment était passé, la porte entre les vies que nous aurions pu avoir et les vies que nous avons eues s'était refermée à notre nez..."

"Le pluriel de cheval c'est chevaux. Une vague de bonheur m'a envahi. Je me suis senti tout tourneboulé à l'idée de faire partie de tout ça. De boire une tasse de café comme une personne normale. J'aurais voulu hurler : Le pluriel de cheval c'est chevaux ! Quelle langue ! Quel monde ! ..."

"Même aujourd'hui, toute la gamme des sentiments n'existe pas encore. Il en est qui attendent, au-delà de nos capacités et de notre imagination. De temps en temps, quand apparaît une nouvelle oeuvre musicale encore jamais écrite, une peinture encore jamais peinte, ou une chose impossible à prédire, à sonder ou même à décrire, un nouveau sentiment pénètre le monde. Et alors, pour la millionième fois dans l'histoire du sentiment, le coeur se gonfle et absorbe l'impact."




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