Dehors, le monde court
Dedans tout est au ralenti
Entre deux je glisse
Le Rêve Bleu, Pondichery, février 2M7
Drôle de sensation d'être sur un autre rythme en permanence, comme dans ces films ou les séquences sont filmées au ralenti. Le monde demeure à sa vitesse, mais je me sens décalée, comme si je n'étais plus vraiment en phase, mais qu'importe, une somnolence vigilante, un endormissement empli de conscience, je regarde et j'absorbe, rien en moi ne juge et pourtant tout m'apparait comme au premier plan, clair et distinct, dans une lumière crue qui ne m'éboulit pas, une vérité sans fard qui ne m'étonne pas. Comme si je découvre que je savais avant. Je croyais ne pas comprendre, mais quelque chose en moi savait. Cette phrase qui m'avat tant marquée déjà dans un autre temps me revient :
Je sais une chose, mais j'ignore ce que c'est.
Le monde est devenu vaste à en flotter, je navigue entre deux eaux, trois airs, aux quatre vents, comme si cette angoisse qui ne me quittait plus s'était sagement assoupie. Alors le chat en moi ronronne de nouveau, rêve de souris grise et de roulades paresseuses au soleil. Je voudrais raconter mais je n'ai rien à dire, vraiment, seulement cette sensation d'êre devenue grande, juste parce que j'ai perçu le monde si vaste, tellement, incroyabmement empli de folies, de rêves et de possibles qui se percutent et s'entrechoquent et puis cohabitent aussi souvent, irrationnels et fous. Et pourtant ça marche. Ca marche. Alors mon rêve aussi il marche, il avance sur mon chemin de couleurs en petits traits d'idées neuves et de fulgurances, et puis de petites fois imbriquées les unes dans les autres. Voilà, voilà l'inde, l'ailleurs, ici de nouveau et pourtant partie toujours, revenue là-bas comme à la maison, repartie comme pour rentrer chez moi. Partout ma place, comme il y a celle de chaque autre. Le monde est vaste, vaste à s'y trouver...
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