Merci


anakaikus se termine,
vivent les ...
anakAleatoires 
 
Mon merci à vous,
pour votre présence,
pour votre participation,
vos encouragements quotidiens...

Catégories

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Commentaires

Vendredi 27 octobre 2006

Les poèmes à Lou

dans la voix sourde et profonde,

douce, comme l'eau d'un lac...


Jean-Louis T., 2006


Hier soir, Maison de la culture de Grenoble.
Dans l'auditorium comble, s'élève la voix de Jean-Louis Trintignant, ponctuée par les soupirs mélancoliques d'un accordéon tendre, épousant les vibrato d'un violoncelle ardent. Une heure et quart au rythme cotonneux de cette voix tendue et grave, qui contient dans son atonie toute la sensibilité d'un être humain qui a déjà parcouru un bon bout de chemin, croisé l'extase, épousé ses rêves, cotoyé l'impensable tristesse. Tout est dans cette voix tenue, cette silhouette forte et fragile presque immobile, et cependant vibrant de vie.

Après le spectacle, je ne savais pas si j'avais juste dormi, rêvé, ou seulement si je m'étais envolée, légère, sur les ailes de ses accents graves. Je me souviens que je souriais, parfois, je hochais la tête en signe d'assentiment définitif,  je fermais les yeux pour suivre les mots se déployer et caresser mon âme de leurs voiles intemporels, et puis je sentais là tout près mon amour vivant, tout ce vivant si fragile, si fébrile, extraordinairement simple.

Voilà, voilà ce que c'est la vie. Ce mélange de désastre et de perfection. Cette union du sentiment et de la distance.

Le soir, après avoir retrouvé notre ami Daniel, nous nous sommes glissés dans les coulisses. La silhouette du vieux lion se détachait dans le couloir vide. Je me suis avancée, et j'ai embrassé ce monsieur immense et simple, j'ai recueilli son sourire comme une grâce, avec dans mon coeur un doux et tendre respect.




Poèmes à Lou
Mise en scène de Marie-Hélène Sarrazin
Avec Jean-Louis Trintignant
Musique Daniel Mille et Erik Satie
Accordéon, arrangements et direction musicale Daniel Mille
Violoncelle Grégoire Korniluk


Lorsqu'en 1914, le poète Guillaume Apollinaire rencontre Louise de Colligny, sa Lou, il ne sait pas encore que cette idylle, sans cesse contrariée par les mutines dérobades de sa conquête, va lui inspirer ses pages les plus audacieuses et inventives. Lassé par les atermoiements de la belle, il s'enrôle en tant que soldat dans la grande guerre. Une correspondance avec Lou s'engage alors, émaillée de flamboyants calligrammes et poèmes où se superposent l'icône de sa bien-aimée et les images des tranchées.
Douleurs du corps, de l'esprit et du coeur croisent le fer dans cet enchevêtrement magnifié par l'absence, l'espoir d'un avenir, la défense du droit à la faiblesse, lorsque le désir est mutilé. Ligne de feu imputrescible où 'la nuit s'étoile et la paille se dore'...
L'acteur  Jean-Louis Trintignant a senti crépiter en ces  Alcools belliqueux et amoureux les braises d'une mélancolie inspirée et universelle.



Un commentaire...

"Choisir ce spectacle, c'est choisir un moment de pure poésie. Trintignant, l'immense acteur de tant de films et pièces de théâtre nous dit la Chanson du mal-aimé, il dit les mots de Guillaume Apollinaire accompagné par les sons de l'accordéoniste Daniel Mille avec lequel il avait déjà donné La valse des adieux d'Aragon en 99 et ceux du violoncelliste Gregoire Korniluk. Leur trio a quelque chose d'enchanteur, on se souvient peut-être de leur triomphe au dernier festival d'Avignon où ils donnèrent ce spectacle dans la cour d'honneur. Trintignant dit des extraits des poèmes tirés d'A l c o o l s et des célèbres Poèmes à Lou qui sont de purs poèmes d'amour, d'amour déçu puisque repoussé par la belle, Apollinaire partira s'engager dans la grande guerre de 14-18. La guerre cependant n'éteint pas cet amour, elle le sublime, alors dans ces poèmes, il nous parle de l'amour, de la mort, de la guerre de la vie et du désir de vivre. Cette langue poétique nous est proche et familière dans ses textes les plus connus comme ceux de la Chanson du mal-aimé : Moi qui sais des lais pour les reines / les complaintes de mes années / des hymnes d'esclaves aux murènes / la romance du mal aimé / et des chansons pour les sirènes, mais elle nous surprend encore par son érotisme et sa flamme qui brûle tout au long de ces pages. L'art de Jean-Louis Trintignant est de nous donner à entendre chaque mot, chaque syllabe dans un dépouillement absolu avec cette voix singulière et familière qui est la sienne. Tant de retenue et de justesse de ton nous plonge dans une écoute qui est un pur moment de grâce. Jamais la poésie ne nous a paru si proche et si belle, jamais nous n'entendîmes comme là cette confidence d'Apollinaire : je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt. Voilà un moment de spectacle rare et beau."
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
blog de poésie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus