De modestes pensées
Se promènent d'Est en Ouest
Par delà nos mondes
A4 collage - 14 octobre. 2007 -
anaka ©
Elles brodent le rare canevas
des tendresses inavouées
Peut-être sont-elles qui nous sauvent, ces pensées muettes qui nous sont adressées en secret, ce petit sifflement dans l'oreille qui nous dit en souriant, oh quelqu'un pense à toi. Parfois
il suffit simplement d'imaginer que cet inconnu autrefois familier, aujourd'hui untel sans nom ni visage, a lancé dans l'air une pensée qui nous caresse d'une brise impalpable. Le
frémissement d'une feuille sur lequel l'oeil s'arrête, le vol d'un oiseau qui emporte notre regard, autant de petits échos à une pensée silencieuse qui chemine, inlassablement, jusqu'à son
destinataire. Car pour peu qu'on tende l'oreille, que l'on prête attention au monde, elles nous parviennent toujours, ces pensées gracieuses. Elles réussissent toujours à se glisser jusqu'à
nous, ces pensées courageuses. Elles nous cherchent et nous rejoignent, ces pensées audacieuses. Pas forcément sous la forme qu'on leur prête, et c'est là toute la magie du monde. Au lieu
d'un mot depuis l'origine, une rencontre insolite. A la place d'un échange attendu, un partage inespéré. L'inattendu tisse la toile de tous les possibles, dans son champ germent des graines
d'espoir, des bourgeons de rires, de minuscules foetus d'humanité. Tout circule, s'en va puis revient, tout retourne en son centre. Au coeur des tempêtes, au beau milieu des typhons, l'oeil
du cyclone emporte avec lui les scories et nous lave de nos dernières réticences, de nos désenchantements, de nos maladresses. Alors à l'embryon s'offre une nouvelle
naissance.
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