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Mercredi 28 novembre 2007

Parfois on est gauche,


Et la grâce de la maladresse


Révèle les secrets



A4yeux-ferm--snov2007.jpg
A4 Couple  dessiné Yeux Fermés,  novembre 2M7, anaka ©


Comme si la main innocente

Etait la seule à savoir...



Sure, la main adroite

Dessine les certitudes

Sans hésitation


A4coupleyeuxouvertsnov2007.jpgA4 Couple dessiné Yeux Ouverts,  novembre 2M7, anaka ©

La certitude construit

le nid des désillusions.



Petite application d'un drôle d'exercice créatif : Dessiner les yeux fermés une image. Puis sans regarder le résultat, dessiner ensuite la même représentation les yeux ouverts.
Généralement il est plus aisé de commencer par dessiner une silhouette, ensuite reproduite l'exercice avec un animal ou un objet, une fleur. Enfin un dessin éventuellement plus complexe.

Le résultat permet de comparer sa manière d'appréhender le monde, et la façon dont on le conçoit intérieurement. Travaillé régulièrement, il aide aussi à développer le rapport entre expression intérieure et expression extérieure. De plus en plus il traduit dans le dessin les yeux fermés une vérité, un état que la conscience des yeux ouverts n'autorise pas à exprimer.

...................................................................................................................................

Ma peur me poursuit comme un fauve affamé.  Pour ne pas être dévorée, je dois lui donner de ma substance pour apaiser son appétit insatiable. La sustenter de mes doutes, la contenter de mes appréhensions. Et plus je la nourris, plus elle grossit et prend du poids dans ma vie. Ma peur est un trou noir qui se nourrit du néant, et menace mon existence de sombrer dans  le désespoir.

Mais j'ai entendu où se niche ma peur. Elle a pris en otage une enfant sans défense, qui demeure tapie en silence au fond de mon coeur, sans mot dire, sans bouger tant elle craint de déranger. Car provoquer un agacement la condamne à la mort. Trop vivre la menace d'être supprimée. La petite respire à petites bouffées, son corps tremble par intermittence, elle tangue et chavire pour ne pas sentir la grelotte.

Je me suis approchée, très doucement. J'ai pris contre moi la petite âme qui reposait d'un sommeil agité et craintif. Je n'ai rien dit. J'ai seulement souri, attendrie, j'ai juste senti que je l'aimais ainsi, malgré sa douleur, malgré ce qu'elle porte et garde en moi.

J'ai songé que j'avais de la chance de ne plus être cette petite fille.
Je suis grande, maintenant.
Je peux prendre soin d'elle.
...
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Mardi 27 novembre 2007

Dans mon paradis


il y a des  sourires


et des yeux clignés



A6.CollParadisNov2007.jpgA6  Collage  novembre 2M7, anaka ©


et des enfants qu'on s'aime

comme au tout premier souffle



Au tout premier souffle, on aime. Peut-être est-il possible de garder cette respiration-là. Celle qui aspire tout le possible possible, et expire toute impatience, tout agacement, pour laisser place à la curiosité de l'autre et seule la curiosité...

J'ai entendu les mots de l'ange. J'ai senti en moi que la colère épuisait les dernières respirations. La colère et puis aussi l'attente. Je ne me rappelais plus ce que j'attendais encore, comme figée sur un quai de gare sans train à venir. Je me souvenais seulement de cette envie de bonheur qui bourdonnait encore en moi. J'avais, presque palpable devant mes yeux, un éclat de rire en formation. J'entendais alentours le chant de l'envie gourmande, du plaisir. J'aurais pu lécher mes babines si j'avais été chat.

Alors j'ai pris une seule bouffée d'air, dense et juste, et j'ai respiré de nouveau, comme au tout premier souffle...





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Dimanche 25 novembre 2007

Comme au fond d'un rêve

perdue entre deux mondes

je nage à plusieurs.


surnageNov2007.jpg
Dessin sur papier journal -  novembre 2M7, anaka ©



Somnambule schizophrénie.

Est-ce dans ma vie que je dors ?



est-ce ma vie que je rêve les yeux grands ouverts sur ce que je crois être et qui n'est pourtant pas est-ce de jour que je fuis dans une existence onirique au point d'irréaliser la seule la vraie réalité je ne sais plus si ce que je vis est vrai ou bien est-ce un mensonge un songe qui sonne creux comme un décor de cinéma parfois je m'interroge est-ce ma vraie vie qui s'écoule ainsi jour après jour dans l'incompréhension jusqu'à l'incohérence je crois parler mais mes mots s'évanouissent dans un néant brumeux avant d'atteindre celui à qui je les destine je pose des questions qui s'envolent gracieusement dans le mutisme et la densité des non-réponses me noie l'épaisseur du  silence m'endort je perds conscience égarée dans la matrice flottant entre deux mondes étirée entre veille et sommeil qui est celle qui vit où est celle qui rêve qui peut me dire quand le réel se fait jour pour qu'alors je me laisse sombrer dans le sommeil au seuil de mon épuisement parfois j'appelle mais nul ne répond ou bien les mots se perdent en cours et je n'ai pas entendu encore une fois je ne sais plus quand j'éteins la lumière le soir je plonge dans l'inconscience celle-là seule qui me rappelle nuit après nuit qu'il y a une chose que je sais mais dont je ne me rappelle plus ce que c'est...


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Dimanche 25 novembre 2007

Un radeau fleur


tangue sur  un torrent d'alarmes


l'âme est en déroute



A6CollFlowerNov2007.jpgA6  Collage  novembre 2M7, anaka ©


entre deux  écumes,  les jours

fasceillent au gré des grands vents.



Fasseyer. Fassayer. Fasceiller...

Fasseyement. Faseiement

Le voilier trop près du vent, la voile pas assez bordée ... la voile secoue légèrement ou plus le long de la draille ou près du mât au guindant. 
Naviguer au point de fasseyement veut dire garder le voilier dans une allure de façon à ce que les voiles ne fasseyent pas et qu'elles soient sur le point de fasseyer, le voilier atteindra ainsi son maximum de vitesse.

Jamais vu un verbe qui s'écrive d'autant de façons différentes, à croire que c'est au gré du vent ! Chez les voileux, on trouve : Faseyer, faséier, fasier, faséer, fassier, fasayer ou fassayer.  Selon les plus rigoureux puristes, soit Michel Barberousse,  auteur du dictionnaire de la voile, il y a qu'une seule manière de l'écrire : Fasseyer.

Enfin j'ai trouvé en ligne une nouvelle orthographe proposée par un coyote inquiet. Et c'est celle-ci que je préfère, dans l'idée de fasceillement émotionnel...

"
Ce matin, je sais pas pourquoi, mais j'ai une saveur d'Asie dans le nez et on dirait que ma boussole pointe Est, comme si le vent faisait fasceiller ce foc blanc qui pendait comme un drap de noces, calme comme un écran à diapos."
 



Naviguer à vue, au point de risquer le tremblement. Voilà qui ressemble étrangement à l'embarcation frêle qui menace à chaque instant de nous précipiter par-dessus bord. Et pourtant elle flotte encore, la coquille de noux, il tangue entre deux larmes, le radeau médusé, portant ses survivants à la gorge sèche et aux yeux délavés à force de scruter l'horizon dans l'espoir d'un port d'attache, brûlées les pupilles par la lumière trop crue. La voile usée par les rêves, rongée par les faux songes, tremble fébrile comme un mouchoir d'adieu dans une petite main rose et nue... Elle fasceille tout autant que vacillent les coeurs désarmés. Implorante et tendre, elle donne à éveiller l'envie de reprendre le cap, et de gonfler les misaines pour rejoindre de toute urgence la côte de mon adam...

à mon jack, mon pirate, que j'embrasse de mes baisers salés...

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Jeudi 22 novembre 2007

Dis hola la bête

Un peu de tenue que Diable !

As-tu donc tant soif ?



SurpapierjournalSanstitreNo.jpgsérie papier à lettres - novembre 2007 - anaka ©



Un goût de sel sur ma langue

Pimente à l'excès mes mots.

 

Oui il me semble que ma langue est douée d'une vie autonome, parfois.
Les mots qui en sortent jaillissent avec le cynisme de la désespérance.
Entre désillusion et résignation, je cherche le chemin d'une autre voix.

Il me faut prendre des gants sur ma langue.

Avec toutes ces moufles accumulées mes propos perdent certainement de leur clarté.
de leur finesse.
de leur délicatesse...


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Mercredi 21 novembre 2007


Les mots me manquent

Les e-cris en partage

Les aveus de vie

A.CollageLifenov2M7.jpg
A6  Collage  novembre 2M7, anaka ©


Je vous envoie ce bouquet

De mes pensées en exil


Petit mot écrit hier soir...


Toujours en panne
Depuis dix jours, ma connexion refuse de me relier au monde électronique, je me sens nue sans la grande toile, seule avec mes pensées à dériver sur un océan sans couleur.
Pour la première fois j’arrive à écrire un mot, mettre une image en prévision de la prochaine borne internet que je croiserai, sous peu.
L’interruption de ligne a comme arrêté mon élan.
Comme un fil de fil qui s’est cassé et  brisé les mots qui s’épanchaient naturellement, jour après jour. Mais voici qu’ils gonflent et gonflent en moi, bientôt je serai une outre de mot, un réservoir de phrases en partance, un jerrican de sens, une citerne d’abondance verbales... Dépitées, les images restent là, à mi-parcours, sans leur fenêtre accueillante depuis laquelle elles se jetaient hier encore dans vos regards, dénouant leurs tresses de détresse, ouvrant grand leurs bras de calligaphes, telles des Juliette  de papier au balcon. Oui, j’ai hâte de reprendre le contact.

Ce soir,

Retour au fil, à la toile, la connexion reprend, ouf, j'ai la sensation de retrouver un bout de mon univers qui me manquait cruellement... Je vous envoie ce mot écrit hier avant réparation, avec le bonheur en moi de reprendre le fil, comme si mes idées tout à coup se dépliaient, s'étiraient, reprenaient leur droit de visite en ligne, leur devoir de vie-virtuelle. Juste un petit bout du puzzle qui reprend sa place. Je vous sais  là, quelque part, je vous envoie mon merci, ma gratitude, ma tendre amitié,

anaka
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Mardi 13 novembre 2007

Bonjour à tous,
mon internet est en panne depuis jeudi dernier,
quelle frustration de ne pas venir faire fleurir
vos fenêtres de mes mots et images...
De retour bientôt,
demeurez-moi fidèle,
Je reviens très vite...
anaka
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Jeudi 8 novembre 2007


L’album de famille de Delphine Balley

artoff1522.jpg

Très étrange univers...
On s'attend à y rencontrer l'étrange Monsieur Jack,
ou une petite soeur de la famille Adams,
ou un orphelin baudelaire à la recherche de ses ancêtres...

Une grâce s'en échappe comme malgré elle,
on voudrait détourner les yeux, et même le coeur,
en regardant ces êtres cassés comme des poupées...

Vision intime qui nous renvoie à nous-mêmes endormis,
au plus profond de nos rêves,
quand la nuit s'est emparée de nos âmes
et nous emporte dans sa cavalcade...


L150xH150-L150xH150-Le-loup-808ec-29348.jpg


à découvrir sur le site des photographes

PHOTOSAPIENS


La-marie-du-tendre.jpg

"... Le projet photographique de Delphine intitulé L’album de famille peut être conçu comme une entreprise de recomposition d’un huis clos dans lequel elle a été et se trouve encore immergée. On ressent aussi fortement à travers les œuvres le besoin qu’éprouve l’auteur de s’empêcher de grandir, de rester fille avec sa vision de fille. Elle emprunte d’ailleurs aux enfants leurs manières tyranniques : en créant ses propres personnages à partir des vrais, Delphine prend possession de sa famille, en devient le cœur et la tête. Ce projet se poursuivant dans le temps puisque de nouveaux personnages interviennent dans sa narration. Delphine exprime, à travers ses photographies, la nécessité de transformer en personnages les êtres proches. Son univers familial est ainsi peuplé d’êtres mi-réels, mi fantastiques: le père aux mille cravates, qui se déguise en rocker dans sa garçonnière, quand personne ne le voit; la mère aux attelles, aux mille serre-têtes, au citron; la grand-mère dans ses brumes; le grand-père à la clé, gardien des secrets de famille; la tante cavalière, à la paupière cousue d’or; le maître-chien, rencontré par sa mère aux Emmaüs; le loup-garou du village..."


extrait de l'article de François Beaune.



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Mercredi 7 novembre 2007

J'ai cueilli une graine

cachée au coeur de mes songes

par inadvertance

croquis sur A5,  novembre 2M7, anaka
©



Ce pépin inattendu

était  sans nul doute une chance...



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Dimanche 4 novembre 2007



Au fond de mon coeur


git un roi-homme endormi


qui veille sur mes rêves.


W.kingbird.jpg
A5 dessin sur papier recoloré - juillet 2M7 anaka ©


Il s'ignore tout-souverain,


le gardien de mes songes.


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