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Mercredi 29 novembre 2006
En ce moment mon temps et mon esprit sont occupés par le remaniement de mon site. Difficile de venir faire danser mes haikus sur la toile... Mais ce n'est qu'une trêve passagère. En attendant, je lis, de tout, je plonge dans ces univers divers comme en partance pour des petits voyages bienfaisants, inattendus, rafraichissants... Voici l'un des derniers, que je partage avec vous...


De Toutes les Couleurs

(colouring in)
  Angela Huth (GB)
Folio  2006
1ère édition Quai Voltaire - La Table Ronde 2005 




le pitch

Décor anglais bourgeois. Isabel fête ses quarante ans, crée de ravissants masques et vit avec un adorable mari auteur de pièces de théâtre à ses heures perdues. Autour d'eux, leur pré- ado sans gros souci, leur "perle de femme de ménage", un ami anglais de longue date qui revient, une amie séduisante et célibataire... Pas plus de six personnages, dont on entend les voix intérieures tandis que se déroule le film d'un quotidien apparemment sans heurt. Pourtant, de ces personnages lisses et sans excès, surgit parfois un excès, une faille, un désir mal maîtrisé...

comment taire...

Un drôlé de roman faussement léger, une sorte de vaudeville poli, un rien guindé, au sein de la classe bourgeoise anglaise. Pourtant, à travers le déroulement d'un fil tellement quotidien, se laisse apercevoir la distance qui existe entre les êtres, même ceux qui croient se connaître. Il y a un écart incroyable entre les interprétations de chacun sur les mêmes scènes vécues, et la structure du récit faisant parler les six protagonistes les uns après les autres, ne fait que souligner encore cet abîme, et leur aveuglement. On entre dans l'esprit de chacun, où s'agitent en tumultes des pensées sans répit lancées à grand galop qui se percutent ou parfois glissent les unes contre les autres...

Une histoire délicieusement décalée, pas si légère, qui met en scène ces "êtres fragiles et ambigus, les troubles du désir, une valse des sentiments, des épilogues amoureux inattendus..."(dixit la 4ème de couverture).

J'ai aimé ces rapports pas si clairs, au fond, comme si l'amour n'était pas un sentiment qui peut se définir, vraiment, seulement se vivre, et encore, qu'est-ce qu'on y comprend, y'a rien à comprendre...


quelques extraits...

"...Une marche à flanc de colline avec un chien, voilà ce qu'il me faut, pensai-je. Mon père disait toujours que quand vous avez un problème, allez donc vous promenez plutôt que de gaspiller votre argent sur le divan d'un de ces foutus psy. Et ne vous fatiguez pas à trop penser. laissez faire la nature..."

"J'essaye à nouveau d'introduire le fil invisible dans le trou de cette aiguile, écharde de cette lumière qui entre à flots par la fenêtre, et je me dis que, pour nous tous, bien des choses demeureront à jamais invisibles."

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Samedi 25 novembre 2006


Tout ce que j'aimais


  Siri Hustvedt (USA)
Actes Sud,  2003 - En poche chez J'ai Lu, 2006


le pitch

L’action se situe dans les galeries d’art de Soho et les milieux universitaires New Yorkais que Siri Hustvedst connait particulièrement bien, et commence en 1975, lorsque Leo, un critique d’art, achète dans une galerie NewYorkaise, un tableau dérangeant qui l’intrigue et le remet en question. Sa rencontre avec l’artiste, Bill Wechsler, va marquer le début d’une complicité qui va s’étendre sur les 25 années suivantes et lier définitivement leur destinée, celle de leurs couples et de leurs enfants, les entraînant dans une succession d’épreuves et de choix aux conséquences tragiques. Seule, leur amitié survivra à la tourmente de la vie et à l’âge des bilans et des regrets, leur apportera consolation et réconfort.

comment taire...


Un roman bouleversant. Il nous confronte aux failles de notre humanité, à la fragilité des sentiments amoureux, à la folie qui rôde alentour entre inconscience et génie... Ce livre m'a profondément émue, et laisse en moi une sensation de "danger". La vie est un voyage empli de menaces envers ceux que l'on aime, ceux là mêmes qui nous mettent le plus en danger ...

Quelques commentaires glanés sur le net m'ont paru très explicites :

"Siri Hustvedt nous raconte un superbe drame fait de larmes et de sang et nous poursuit longtemps après que l'on a refermé le livre. Le roman d'une génération peut-être trop confiante qui perd ses illusions, décrite avec un mélange de lucidité extrême et de sensibilité poignante."

"Ce roman profond et poignant qui prend aux tripes et continue à nous hanter longtemps après l’avoir refermé, plonge au plus profond des ambiguïtés et des contradictions humaines. Il sonde le fond de nos cœurs et de nos âmes, analyse les rapports troubles et ambigus entre amour et désir et soulève avec une intelligence pénétrante de douloureux problèmes relationnels : l’absence de communication, la confusion des sentiments, la difficulté de faire face à des drames familiaux, à la mort d’un enfant ou à ses dysfonctionnement psychologiques. Il aborde avec pudeur et sensibilité les problèmes de relation entre les couples, avec leur poids écrasant de tensions sexuelles, de jalousie et de culpabilité. Il débouche sur des interrogations existentielles fascinantes : qu’est ce qui nous fait devenir ce que nous sommes ? Comment se forme notre identité individuelle. Cette tragédie antique, avec son cortège de joies et de douleurs, c’est celle de notre vie, et chacun peut reconnaître une partie de lui même dans ces personnages qui souffrent et se déchirent. "

"Il est rare qu'un livre réunisse toutes les qualités: une belle écriture, une histoire très romanesque, un milieu passionnant. Evitant tous les écueils, toutes les facilités, Siri Hustvedt a réussi un récit ambitieux, un roman d'amour et d'amitié qui explore la folie sous différentes formes..." (lire 2004)


quelques extraits...

"...Ce sont des autoportraits, dit-il. En travaillant avec Violet, je me suis rendu compte que j'étais en train de dresser la carte d'un territoire intérieur que je n'avais pas encore aperçu en moi, ou peut-être d'un territoire situé entre elle et moi..."

"La difficulté de bien voir m'a hanté longtemps avant que ma vue ne se dégrade, dans la vie autant qu'en art. C'est un problème de perspective - ainsi que Matt me l'avait fait remarquer ce soir-là dans sa chambre, en constatant que lorsque nous regardons des gens et des objets nous sommes absents de notre tableau. Le spectateur est le vrai point de fuite, la piqure d'épingle dans la toile, le zéro... "

"Je me mis à sourire, alors. Au début je n'avais aucune idée de ce qui m'amusait. C'était un peu comme lorsqu'on est pris de fou rire à un enterrement ou pendant que quelqu'un vous donne des nouvelles d'un terrible accident de voiture. Et puis je me rendis compte que c'était son honnêteté qui me faisait sourire. Elle se donnait tant de mal pour me dire la vérité sur elle-même telle qu'elle la connaissait, après tout ce que nous avions vécu ensemble, les innombrables mensonges et les vols, ..."

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Lundi 20 novembre 2006

La folie veille

Elle rode comme une voleuse

Je ferme les yeux



Ce son brutal et lancinant
Ce battement sourd contre mes temps

C'est juste de l'amour qui crie dans le désert
De l'amour qui s'époumone

Cette douleur là n'est pas silencieuse
Elle me transperce.

Je rentre sous terre je mange du sable
J'ai comme un fer rouge sur le coeur

Je ferme ma bouche me taire me taire
Avec dedans comme une boule de feu


De quoi rendre fou même un très sage
Tu l'as déjà connu, ce sentiment...

La folie rode comme une voleuse
Je ferme la porte à double tour

plexi et texte anaka 2006 ©
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Dimanche 19 novembre 2006

Terre de Caverne

Il est mon manque réfugié

dans les profondeurs



à mon homme

à mon homme à terre,
Affaibli par une mauvaise grippe,
Mon homme lassé de tout soudain
Qui s'enferme dans sa caverne
Et s'oublie au reste du monde

Je reste à le porte, en vain
Impuissante et rendue à la vie-sans-lui
Loin de lui mon dieu comme je m'ennuie
Comme il me manque, mon homme couché

Je n'ose pas approcher,
Il est comme une bête malade
Inabordable, réfugié, loin des menaces
Loin de tout autre
Je suis aussi parmi les autres

Le temps ne passe plus
Je m'ennuie de mon homme
J'ai le manque de lui
Le manque de nous

Le manque de tendresse
déjà ses caresses sont trop rares
Et ses baisers à peine effleurés
il ne reste rien
Sinon l'espérance chétive
qu'il ouvre sa porte de nouveau

C'est un amour qui me met en colère
Parfois, contre moi-même
D'être si peu autonome,
Si peu capable de trouver mon bonheur
Et mes certitudes hors de lui.

Mais il est mon amour
Mon amour absolu au delà des raisons
Mon amour absolument

Et quand il s'absente,
Une part de moi est en souffrance.

texte &images anaka 2M6 ©

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Vendredi 17 novembre 2006

Cambodge , je me souviens (2003)

Cambodge, mon pays, ma douleur (2006)

Méas pech-Métral
Editions HB, Collection "Intimes"



Méas a connu l'atrocité des camps  des khmers rouges pendant sa petite enfance. Rescapée à 14 ans grâce aux camps, elle arrive en France à 18 ans, où elle vit aujourd'hui.

Je l'ai rencontrée à Annecy lors de la sortie de son premier livre, je revenais à peine d'un voyage de trois semaines au Cambodge avec mon compagnon, qui nous avait bouleversé. La rencontre avec cette jeune femme au sourire éclatant m'a laissé une trace indélébile. Ses deux livres aussi, autant la poésie douloureuse du premier, que la rage vitale du second.

Je vous invite de tout mon coeur à lire ce témoignage d'une simplicité merveilleusement enfantine, et d'une profondeur unique. L'auteur, son histoire, son pays vous toucheront au coeur à jamais.



Lettre à Méas

Ma chère Méas

J'écris ces quelques lignes sur une page de ton propre livre, alors  que je viens d'en tourner la dernière page, avec des larmes qui sont restées collées à mes yeux comme un lac sans fond, un lac de non-sens et de désarroi, et de douleur. Le coeur serré, j'imagine tes pas dans ton pays meurtri, ce pays que j'ai tant aimé quand je l'ai découvert en 2004 avec mon compagnon. Même si les stigmates de l'horreur parsemaient les champs, les rues, les visages, il y avait aussi dans les regards de ces jeunes vies une flamme, un courage, une envie de vivre,  de rire, d'être heureux, qui brillait si fort qu'elle submergeait tout le reste. Nous avions envie de croire que le Cambodge pouvait renaître de ses cendres.
C'est cela, Méas, que je voulais t'écrire, pour te donner peut-être un germe d'espérance quand tu penses aux Tiens.

Avec toute ma tendresse,
Anne.



Rédigé par Michèle Gazier journaliste à télérama :

Ce mardi 21 mars, à 17heures, devant le stand de France Info, une petite foule émue. Méas Pech Métral, Cambodgienne vient parler de ses livres qui sont des histoires de sa vie. Elle ne prétend pas faire de la littérature. Elle se dit « une petite plume cambogienne ». Elle veut témoigner de sa vie, non pas pour la raconter par un quelconque réflexe nombriliste mais parce que son histoire personnelle est celle de milliers de Cambodgiens enfermés dans les camps des Kmers rouges sous Pol Pot ; parce que les génocides existent encore dans notre monde civilisé. J’ai rencontré Méas il y a quelques années dans une librairie de province où nous étions toutes deux invitées ( avec d’autres écrivains). J’ai entamé un dialogue avec elle. Elle incarne pour moi le mot « résistance ». L’apprentissage du français a été pour elle une des formes de sa résistance. Elle l’a appris au contact des médecins et infirmières français (MSF) venus aider les populations réfugiées dans les camps de Thailande, dans les livres de poésie et les bandes dessinées découverts au hasard des rencontres ( Le Petit Prince, Eluard, Tintin) . Longtemps elle a lu sans comprendre, juste pour la musique des mots, et cette musique lui a un jour donné accès aux paroles.
Trois livres ( une réédition, un récit inédit, un petit recueil de poèmes) paraissent aux éditions HB ( cooédités avec Fance Info). Cambodge, je me souviens, paru d’abord en 2003 . Cambodge, mon pays, ma douleur, Une petite plume cambogienne.



Je profite de cette lecture pour vous inviter à vous rendre sur le site Pour un Sourire d'Enfant. Cette association créée il y près de 10 ans par un couple de français extraordinaire, Marie-France et Christian des Pallières, s'est consacrée à sauver les enfants des décharges de Phnom Pehn, et a construit tout près de leur lieu de vie un véritable village avec des écoles des crèches. Les enfants vivent toujours près de leur famille, mais n'ont plus à fouiller les ordures pour se nourrir, et peuvent grandir dans des conditions décentes.
Pour avoir vu de nos yeux le travail de ces gens sur place, je témoigne aujourd'hui de leur engagement et de leur détermination à sauver un peuple entier. Ils parcourent chaque année la France pour présenter leur fondation et faire appel aux générosités occidentales. Depuis cette rencontre, j'envoie chaque mois mon obole. c'est ma façon de ne plus jamais fermer les yeux sur ce que j'ai vu,  pas seulement de détresse, mais plus encore de volonté de sortir de la misère, de courage, d'envie de vivre, à l'image de Méas... 

Intarissable sur le sujet, je supplie ceux qui lisent ces lignes de ne pas oublier la douleur et l'avenir des enfants du Cambodge...


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Jeudi 16 novembre 2006

à l'amer, le vague

d'un pas errant aux galets

trace son ombre



on demeure dans la mer
on meurt dans l'amer
les orifices remplis d'algues brunes
les bulles remontent en soucoupes
éclatent à la surface des choses...

on se terre dans la poussière
tu es et tu redeviendras
les trous emplis de rien
les vides creusent les joues
en un sourire perpétuel

on bascule dans le ciel
comme on chute de rein
en chaloupe callypige
le désir peut lui seul
ranimer la braise

on brule d'un feu grégeois
sur les flots d'amertume
dans les ondes des sirènes
les illusions dessinent des arabesques
sur les masques de loup

anaka 2M6 ©
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Mercredi 15 novembre 2006



panne d'écriture


comme un espace sidérant


un vide sidéral...


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Lundi 13 novembre 2006

L'Histoire de l'Amour

 
Nicole Krauss (USA)
Gallimard, 2006


le pitch

A travers un roman qui voyage d'une main à une autre, à travers un siècle de shoah et d'émigration, l'histoire croisée entre une jeune fille qui porte le prénom d'Alma, et un vieil homme qui raconte son amour pour une jeune femme portant le même prénom. Le tout porté par le rapport à l'écriture, omniprésente dans le récit, et entouré d'une galerie de personnages aussi farfelus qu'attachants...

comment taire...

Une histoire qui emmêle autant les sentiments que les fils de son intrigue et qui contient pourtant dans ce désordre apparent  l'idée même de fidélité et de mémoire. Un roman touchant, parce que les protagonistes sont des êtes en amour, des êtres de sentiments et de quête, un roman qu'il faut prendre le temps de lire, au risque de se perdre parfois dans les méandres de ces vies croisées, mais qui laisse un sentiment fort dans le coeur. 


quelques extraits...

"...La vérité est que j'avais cessé d'attendre depuis longtemps. Le moment était passé, la porte entre les vies que nous aurions pu avoir et les vies que nous avons eues s'était refermée à notre nez..."

"Le pluriel de cheval c'est chevaux. Une vague de bonheur m'a envahi. Je me suis senti tout tourneboulé à l'idée de faire partie de tout ça. De boire une tasse de café comme une personne normale. J'aurais voulu hurler : Le pluriel de cheval c'est chevaux ! Quelle langue ! Quel monde ! ..."

"Même aujourd'hui, toute la gamme des sentiments n'existe pas encore. Il en est qui attendent, au-delà de nos capacités et de notre imagination. De temps en temps, quand apparaît une nouvelle oeuvre musicale encore jamais écrite, une peinture encore jamais peinte, ou une chose impossible à prédire, à sonder ou même à décrire, un nouveau sentiment pénètre le monde. Et alors, pour la millionième fois dans l'histoire du sentiment, le coeur se gonfle et absorbe l'impact."




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Lundi 13 novembre 2006



Le Chat qui venait du Ciel

Hiraide Takashi (Japon)
Picquier Poche, 2006


Le pitch

Un jeune couple de japonais entre en amour avec le chat d'une famille voisine. L'homme observe le chat et les sentiments qui naissent entre les trois protagonistes, avec la précision d'un entémologue...

comment taire...

Une poésie étrange, un espace temps qui ne ressemble pas au monde occidental... On pénètre dans un univers dont on devine qu'il appartient à une tout autre culture, où la végétation est omniprésente comme une jungle, porteuse de l'âme du monde. Les humains l'habitent au même titre que tout être vivant, semble-t-il.  Cette façon magique de décrire un monde simple et cependant luxuriant, associé à cette distance culturelle, créent une fascination pour une histoire qui n'a rien en soi d'étrange, et qui pourtant est plus mystérieuse que tout autre...

"...Dans la pure tradition moderne de la littérature japonaise, ce petit roman autobiographique de Takashi Hiraide teinte de fantastique la vie quotidienne d'un jeune couple qui emménage dans un pavillon de la banlieue de Tokyo. Entre magie et préoccupations matérielles, l'irruption d'un chat blanc tacheté au milieu du jardin est le prétexte à une définition du bonheur..."         (http://www.encritude.fr/ressources/bibliotheque.php?livre=84)

un extrait

"...Quand on flânait ensemble dans le jardin, son corps était à certains moments soulevé par des vagues, il communiait avec le lieu avant de se mettre à courir loin comme un fou, escaladait le sommet d'un arbre, et comme s'il voulait s'échapper davantage encore, il balançait son corps dans le vide, tremblait avant de se préparer à bondir... Il m'a été donné d'être le témoin de tous ces instants extrêmes..."




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Vendredi 10 novembre 2006

Bon anni Titi

12 ans de fantaisie...

Je t'aime ma fille

titi en plein rôle, octobre 2006 - anaka (r)

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