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Lundi 30 octobre 2006


Du noir j'ai fait deuil.

Des soleils en représailles

et des roses pensées.


anaka 2M6 (r)



Un jour comme au grand soleil

le coeur bronze à l'intérieur

un morceau de choix,
saisi au dehors
tendre en dedans,

du noir j'ai fait mon deuil

la phrase me rend gourmande
et pleine de bonheurs à lapper

comme le chat son écuelle
comme la mouche l'écuelle du chat

c'est peut-être l'époque,
un moment dans la vie
ou le noir ne m'intéresse plus tant

qu'en robes en fourreau,
en bottes cavalières,
en dessous de dentelles

en soi, sauvage

mais pas dans mon coeur,

non.

du noir j'ai fait mon deuil...



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Dimanche 29 octobre 2006

  à l'heure d'automne,

  les secondes passent la première : 

  j'ai comme une absence... 




      Où suis-je       
              Qui suis-je       
                       Quand suis-je     

      à l'heure d'automne    
              quand la nuit tombe sur le jour

      une heure volée     
              voile la lumière d'un drap précoce

       Un tissu de mensonge       
             drape la réalité      


        Il n'est pas encore l'heure         
                et il faudrait faire comme si    

             c'était le temps de demain
           non pas le temps d'hier,

    le temps de l'automne    

              dire adieu aux jours d'été     
        sombrer dans le couchant      
                   à l'heure du thé       

           dans l'ombre du prochain jour      
                deviner un demain à peine dessiné     

        le temps s'enfuit déjà      
   à perdre h
aleine      

         j'ai couru,     
             un peu,      

           mais je ne l'ai pas rattrapé       
           le temps passé          

         demain il fera nuit     
              à l'heure où il fait jour       




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Vendredi 27 octobre 2006

Les poèmes à Lou

dans la voix sourde et profonde,

douce, comme l'eau d'un lac...


Jean-Louis T., 2006


Hier soir, Maison de la culture de Grenoble.
Dans l'auditorium comble, s'élève la voix de Jean-Louis Trintignant, ponctuée par les soupirs mélancoliques d'un accordéon tendre, épousant les vibrato d'un violoncelle ardent. Une heure et quart au rythme cotonneux de cette voix tendue et grave, qui contient dans son atonie toute la sensibilité d'un être humain qui a déjà parcouru un bon bout de chemin, croisé l'extase, épousé ses rêves, cotoyé l'impensable tristesse. Tout est dans cette voix tenue, cette silhouette forte et fragile presque immobile, et cependant vibrant de vie.

Après le spectacle, je ne savais pas si j'avais juste dormi, rêvé, ou seulement si je m'étais envolée, légère, sur les ailes de ses accents graves. Je me souviens que je souriais, parfois, je hochais la tête en signe d'assentiment définitif,  je fermais les yeux pour suivre les mots se déployer et caresser mon âme de leurs voiles intemporels, et puis je sentais là tout près mon amour vivant, tout ce vivant si fragile, si fébrile, extraordinairement simple.

Voilà, voilà ce que c'est la vie. Ce mélange de désastre et de perfection. Cette union du sentiment et de la distance.

Le soir, après avoir retrouvé notre ami Daniel, nous nous sommes glissés dans les coulisses. La silhouette du vieux lion se détachait dans le couloir vide. Je me suis avancée, et j'ai embrassé ce monsieur immense et simple, j'ai recueilli son sourire comme une grâce, avec dans mon coeur un doux et tendre respect.




Poèmes à Lou
Mise en scène de Marie-Hélène Sarrazin
Avec Jean-Louis Trintignant
Musique Daniel Mille et Erik Satie
Accordéon, arrangements et direction musicale Daniel Mille
Violoncelle Grégoire Korniluk


Lorsqu'en 1914, le poète Guillaume Apollinaire rencontre Louise de Colligny, sa Lou, il ne sait pas encore que cette idylle, sans cesse contrariée par les mutines dérobades de sa conquête, va lui inspirer ses pages les plus audacieuses et inventives. Lassé par les atermoiements de la belle, il s'enrôle en tant que soldat dans la grande guerre. Une correspondance avec Lou s'engage alors, émaillée de flamboyants calligrammes et poèmes où se superposent l'icône de sa bien-aimée et les images des tranchées.
Douleurs du corps, de l'esprit et du coeur croisent le fer dans cet enchevêtrement magnifié par l'absence, l'espoir d'un avenir, la défense du droit à la faiblesse, lorsque le désir est mutilé. Ligne de feu imputrescible où 'la nuit s'étoile et la paille se dore'...
L'acteur  Jean-Louis Trintignant a senti crépiter en ces  Alcools belliqueux et amoureux les braises d'une mélancolie inspirée et universelle.



Un commentaire...

"Choisir ce spectacle, c'est choisir un moment de pure poésie. Trintignant, l'immense acteur de tant de films et pièces de théâtre nous dit la Chanson du mal-aimé, il dit les mots de Guillaume Apollinaire accompagné par les sons de l'accordéoniste Daniel Mille avec lequel il avait déjà donné La valse des adieux d'Aragon en 99 et ceux du violoncelliste Gregoire Korniluk. Leur trio a quelque chose d'enchanteur, on se souvient peut-être de leur triomphe au dernier festival d'Avignon où ils donnèrent ce spectacle dans la cour d'honneur. Trintignant dit des extraits des poèmes tirés d'A l c o o l s et des célèbres Poèmes à Lou qui sont de purs poèmes d'amour, d'amour déçu puisque repoussé par la belle, Apollinaire partira s'engager dans la grande guerre de 14-18. La guerre cependant n'éteint pas cet amour, elle le sublime, alors dans ces poèmes, il nous parle de l'amour, de la mort, de la guerre de la vie et du désir de vivre. Cette langue poétique nous est proche et familière dans ses textes les plus connus comme ceux de la Chanson du mal-aimé : Moi qui sais des lais pour les reines / les complaintes de mes années / des hymnes d'esclaves aux murènes / la romance du mal aimé / et des chansons pour les sirènes, mais elle nous surprend encore par son érotisme et sa flamme qui brûle tout au long de ces pages. L'art de Jean-Louis Trintignant est de nous donner à entendre chaque mot, chaque syllabe dans un dépouillement absolu avec cette voix singulière et familière qui est la sienne. Tant de retenue et de justesse de ton nous plonge dans une écoute qui est un pur moment de grâce. Jamais la poésie ne nous a paru si proche et si belle, jamais nous n'entendîmes comme là cette confidence d'Apollinaire : je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt. Voilà un moment de spectacle rare et beau."
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Mercredi 25 octobre 2006

P as e n t  les   nuages 

Sous leurs  larmes  germe un   espoir

Pont entre deux  rives

pont du Gard, photo anaka 2006 ©


Le long d'un gué
Passe l'eau, l'or du temps,
Le vert d'un pré,
Au vent souffle en passant

M'ballader à pied, en sentiers odorants,
Comme si au bout de la route
Une autre vie m'attend...

Pas dansés,
Jusqu'au bout de la route.

...

Passe l'averse,
Gouttes d'eau sur le sol
Dans l'air traverse
Le goût d'une herbe folle

Prendre la clé des champs, traverser les côteaux
Comme si au bout de la route
On faisait le grand saut

Mmmmmm

Fendre l'air

Ventre à terre
Tête en l'air
A l'envers...

Un pont,
Rouler
Jusqu'au bout de la route


Prendre la clé des champs, traverser les côteaux
Comme si au bout de la route
On faisait le grand saut

Pas comptés
Jusqu'au bout de la route

Sur un pont..


Bout de route, composition Jacky M., paroles anaka ©


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Lundi 23 octobre 2006

    A tous ceux venus

Ceux qui ont pensé à nous

   De près ou de loin...

  
   photo anaka ©

merci.
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Dimanche 22 octobre 2006

Au creux du repaire,

deux fois de concert à deux.

Deux voix, un même air...




Jakanakie, photo anaka ©


Juste fatiguée,
mais aussi détendue.


J'ai chanté, l'émotion s'est déployée parfois alentour, presque palpable, j'aurais presque pu la voir, des regards et des larmes dans les yeux, et puis des bravos et même un rappel. Ce sentiment de donner quelque chose de précieux, sans pour autant m'y perdre. Parfois peut-être des maladresses, ou un peu de manque de confiance, mais dans ma voix qui s'extrayait de mon âme j'ai reconnu le murmure du monde.
Ponta do sol et le texte-litanie, la complainte d'angel eyes que j'accompagne d'un coeur tendre, les masquerade à deux voix qui emportent à l'unisson, le rock énergique et sexy de Star it up...
 

J'étais bien sur cette scène. Bien moins traqueuse, même si tendue avant. Je me suis rappelée de respirer, j'ai fait mes gammes en ragga, j'ai juste été au bout, été au bout, juste, été juste, au bout, été au juste bout...

Après, il y a comme un descente, une insatisfaction difficile à gérer, comme une petite dépression, un post-blues au blues envoyé. Même l'expo n'a pas trouvé grâce à mes yeux, trop de plexis, pas assez de lumière...
Pourtant elle donnait des couleurs à ce lieu sombre, pas de doute... J'ai mis une suspicion jusque dans les sourires, jusqu'aux signes d'amitié... Petite parano qui ne dure pas.


Je me souviens surtout de la présence de nombreux qui ont répondu à l'appel, qui ont écouté attentivement, qui sont restés,  respectueux, qui ont donné leur oreille amie, qui ont paru heureux, et même apaisés un temps par cette musique-là.

Beau présent pour cet instant.

Merci à vous de vos petits mots, les retrouver ce soir seulement alors que la fatigue m'étreint me rend mon courage.
Mon magicien je t'envoie une pensée parmi les autres, une pour toi.

Merci à vous de vos pensées, merci à ceux qui sont venus, en désordre et pour le plaisir, Eric, Olivier, Renato, Dom, les mômes, Pierre & Monique, Ghislaine & Pascal, Cath, Mimi, Fred & Catherine, Jerôme, Fabien, Flavie, Denis, Brigitte, Claire, Mario & Madame, et les autres... Tous ceux qui ont souri, applaudi, qui en ont redemandé...

Merci à Raph pour son accueil, et son gros gateau, et son bon repas, ainsi qu'Angèle, et les autres.

Merci à mon Jack, même si... C'est pas encore facile, non. Les humeurs, les reproches inutiles et déplacés, le stress qui se répand, les couacs, les  silences, les mots échappés, et les non-dits. Et puis tout à coup, une tentative timide de se faire pardonner, un aveu de confiance une reconnaissance secrète parce qu'il sait que je ne vais pas encore, cette fois-ci renoncer, me lasser, baisser les bras, tourner le dos, abdiquer. Maintenant, quelque chose en moi n'a plus mal... Aujourd'hui une autre chose en moi aspire à un bien-être, un... ëtre bien, seulement...

Je dis merci pour tous ces merci que je peux distiller.
Je ne savais pas qu'il y avait tant de présence amie alentour...

Bientôt, au moins une photo du concert !



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Vendredi 20 octobre 2006


Demain de concert.

J'ai besoin de vos pensées

Amies, mes amis...

photo anaka 2006 ©

  • Installée l'expo,
    • finie la liste,
    •          posées les affiches, 
    • foulé la scène
    •               testé le micro...

  • Reste à choisir la  tenue...

  • Pensez à moi
  •         amis d'ailleurs
  •                    dont les images m'accompagnent
  •            si quotidiennement...
  •     
  • C'est une requête du net,
  •                  Une demande en suspens...

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Mercredi 18 octobre 2006

Dans le ciel, s'envolent

Des mots en forme d'oiseaux

Ailes Calligrammes

Ballade dans la Drôme - photo anaka 2M6 ©



               Faire comme l'oiseau.
Planer haut dans l'azur

        dessiner dans l'espace
                des hieroglyphes géants

des calligrammes joyeux

       à bec déployé
                gazouiller de concert


      battre des ailes à tout rompre

          et puis plonger en piqué

                tout près du sol
humer les herbes humides

                    raser les pâquerettes

        du bout des plumes
                    caresser les cosmos

                et puis se déployer
                        comme un soleil

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Mardi 17 octobre 2006

En un mot, VRAIMENT

Le verbe unit le mensonge

et la Verité.


Peut-être que la vérité des hommes est dans le mensonge... Dans ce qu'on cherche désespérément à nous faire croire, plus encore que la vérité elle-même. peut-être que la vérité des hommes se cache dans le masque qu'ils revêtent, pour échapper à tout prix au regard des autres... Voilà qui révèle plus encore l'intérieur, une fenêtre décorée, un rideau à paillette, un voilage de poussière...
Au commencement était le verbe. Celui qui pousse Eve à croquer dans la pomme, celui qui conduit Caïn à assassiner son propre frère, celui qui juge, interdit, méprise, invoque, convainc, supplie, séduit, raconte, embrouille, insiste, défend, accuse, rapproche, sépare, fait croire. Le verbe comme roi du jeu de dupes. Difficile en amour d'apprendre à se contenter de certitudes. Souvent les belles paroles remplacent avantageusement la présence discrète mais fidèle, les petits actes quotidiens, l'amour caché dans les minutes qui s'égrènent.
Dans un magnifique livre d'Attali, la vie Eternelle, Roman, une tribu crée un marché de troc où les mots sont interdits, car ils sont l'arme la plus féroce et la plus dangereuse qui soit.
Peut-être serait-il temps de commencer à aimer ses mensonges, pour les approcher, les apprivoiser, et découvrir où la vérité s'y cache. La véritée apeurée et timide, la vérité nue sans défense, barricadée derrière les  "il FAUT", maîtres sacrés du non-dit.





Ma liste de vérisonges du jour.
________________________

Les vérisonges, c'est des mensonges déguisés en vérité.

A moins que ce ne soit le contraire...


 J'ai le trac pour samedi...

Mon magicien me manque.
Souvent je pense à lui.
Tous les jours.
J'espère qu'il va bien.
Qu'il fait plein de choses, qu'il est occupé à reconstruire sa vie,
très occupé à devenir heureux,
Parfois je lui en veux qu'il s'autorise ainsi à me rayer de sa vie
d'autres fois je sais bien qu'il en a le droit,
que je n'ai rien à offrir que ma poésie
mes jolis mots, mes mots-songes,
mes Vers -I-T (Intentions textuelles)


  Mon problème d'insuline, je m'en fous. 

Valdo rôde encore comme un fantôme.
Mon gégé aussi.
Mon papa aussi.
J'arrive à vivre avec les fantômes.
A aimer les invisibles

sans en faire des absents.

  J'aime Mon Homme. 


Les gens m'emmerdent en général.
J'aime tout le monde.
J'aime personne.
J'ai envie d'être seule.
Parfois je me sens seule



  Je peins pour moi. 


J'ai un spleen qui rôde toujours entre deux rires
 
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Vendredi 13 octobre 2006


                                                
         jaleo      corps     âpre       
                                                

         la flamenca illumine          
                                                
        
l'ombre de nos âmes         
                                                


Jaléo  - Le bal des suds, 2ème album
Peinture de Jacky Winsberg (1957),
le papa de Louis Winsberg
récemment disparu,
paix à son âme.




Concert à Divonne, près de Genève, hier soir. Jaléo si rare en concert, jazz flamenco autour de Louis Winsberg le magicien guitariste de sixun, accompagné du magnifique Jean-Christophe Maillard - moi je suis fan, et puis lui je l'aime, grand samourai au regard d'enfant et aux doigts de fée courant sur son sas à huit cordes... - et puis le rossignol de Toulouse,la petite toro isabel et ses compagnon de flamenco, voix âpres qui prennent aux tripes et les essorent jusqu'à la dernière larme, ne reste que de l'extrait pur de vie, et l'envie tout à coup de donner un peu plus, un peu plus loin au fond des cordes... vocales...


des extraits de presse...

 "... Entièrement composé de titre originaux, Jaleo est construit comme un voyage sonore qui suit la route des tziganes, allant de l'inde à l'Andalousie en passant par l'Orient et les balkans. Les musiciens fusionnent à la perfection le chant et la danse Flamencos, le jazz et le raga indien dans un spectacle passionné, vibrant et chaleureux, articulé autour des compositions de Louis Winsberg, lequel  associe les qualités d'un très grand soliste à celle d'un compositeur et partenaire musical d'exception...

" ... Pour ce nouvel épisode, Louis Winsberg et ses compagnons (pratiquement les mêmes que ceux ayant participé à l'aventure initiale) diffusent avec force et respect leur propre langage. A savoir une attachante fusion aux rythmes endiablés et aux sensations fortes, remarquablement épicée par l'harmonisation du flamenco, du jazz et de la musique indienne..."
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