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Samedi 30 septembre 2006

 


L'amour est un flou


où parfois perce un brouillard


entre deux brumes


plexi anaka (r) sur brume


quand on aime on est souvent sourd trop occupé à écouter les battements de son COEUR le reste passe en un brouillard de phonèmes indistincts j'ai cru parler mais je n'ai rien dit, le sommeil a pris mon courage et l'a enroulé autour de mon cou j'ai dormi ainsi la tête lourde posée sur mes mots étouffés les yeux clos et sur le bord de mes cils comme une perle de non-dit quand on aime on croit qu'on peut dire JE T'AIME et que ces trois mots suffiront à résumer le monde parfois ces trois mots sont comme des oisillons posés au bord de la branche prêts à l'envol mais pas tant que ça toujours un peu trop la peur au ventre de se prendre le gros gadin se ramasser le bec dans l'eau s'étiaffer sans grâce quand on AIME on croit qu'on détient le langage universel celui qui fait qu'on parle aux arbres pendant de longues promenades bucoliques et inspirées ou qu'on maîtrise comme un rossignol la langue des oiseaux  partout je vois des signes des encouragements d'un autre monde des traces sur le papier des espérances gravées dans le ventre du monde éructées comme de petits rots gracieux de contentement quand on aime au fond ce qu'on ne sait pas c'est qu'on ne comprend plus RIEN à rien parce qu'une seule chose compte c'est LUI et que ça ne suffit pas pour entendre le monde quand mon coeur est en ordre l'univers salue ma présence d'un soleil généreux et même s'il ne dit rien j'entends un acquiescement et puis soudain tout s'effondre un doute une incertitude un silence à peine prolongé le voilà le cortège de suppositions d'hésitations de désespoir ne plus rien croire tout peut finir la terre est en miette et le monde est en pièces quand on aime on croit ne parler que d'amour  des mots jaillis de la bouche des yeux de chaque pore en offrande rien qui ne parle d'amour et pourtant ce qu'on entend c'est TOUT le reste tout le reste SAUF ça tout le reste  et bientôt ce qu'on entend seulement c'est le RISQUE de se faire piéger par l'autre les demandes les exigences les reproches  et pourtant c'est rien que de l'amour ces mots en pature ces mots mâchés ces mots dits ah mais j'aurais mieux fait de me taire mais non pourquoi ne pas dire il restent coincés en dedans et m'étouffent la langue lourde à en broyer la glotte les dents grincent le mot passe ce que je voulais c'était te dire un mot d'amour mais il est sorti en désordre en pyjama de sentiment mal peigné amour en broussaille transformé en reproche  mais l'amour ça se dit pas toi tu es là très sage avec tes mains qui ne servent à rien puisqu'elles ne me caressent pas encore pas toujours pas jamais posées ma hanche tout près pour rien se languit de ta main inutile il faudrait à présent ne penser à rien et trouver le sommeil l'amour c'est là ou ça n'est pas là et tous les mots du monde ne servent à rien parce que l'amour ça n'a pas de mots l'amour c'est là ou c'est pas là
 

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Jeudi 28 septembre 2006


Tête de broussaille

Le coeur tremble comme un trèfle :

Fruit de la passion.




J’ai rendez-vous au fond du verger.
Cerise entre les cerises, je mâche sous les bourgeons gonflés de la reine Hortense. Mon bigarreau Napoléon va apparaître d’un moment à l’autre, conquérant magnolia de mes faibles saponaires.
Je groseille entre les sarments une chanson douce. Mon coeur de soie bat l’acacia. Jonquille et amoureuse, je me sens violette sous la mousse, embaumant discrètement l’univers de mon amour éclos. Mes iris clignent dans le chahut de mon coeur hibiscus. Je le cherche partout, effeuillant l’horizon pour dénicher sa silhouette églantine.

Nous avons rendez-vous pour la première fois.
Je sursaute à chaque bruissement, pastèque dégorgeant d’espoir, le melon à point suant de toute part de son émotion florissante.
Hier, ne m’a-t-il pas chlorophyllé de ses déclarations sylvestres ? Peut-être ai-je rêvé. Il me semble pourtant me souvenir de cet artichaut susurré chou pommé dans le creux de mon échalote...

Six heures déjà. L’ortie sonne au loin, la mauvaise !
Une heure de retard. Est-ce citron ?
Peut-être s’est-il égaré, le jardin est si vaste, il aura confondu les Montmorency. Ou bien l’amandier cynique se joue de mes nervures à fleur de bulbe...
Frémissante d’impatience, je retiens ma quetsche. Il me faut rompre l’ardeur de mon guignier précoce. Je ne veux pas me noyer dans un fenouil à peine mûri pour des nèfles. J’ai été Louise-Bonne en trop d’occasions, blette leurrée par quelque William si prompt à déclarer sa flamme, et aussitôt reparti vers d’autres pêchers.
Mais j’ai appris la leçon, et je ne vais pas me figuier encore une fois dans une histoire à peine éclose ! Reinette que je suis, je deviendrais Reine-Claude avant l’aube si le coeur lui en dit, à mon joli prunier.

Je garde mon raisin et ma tête bien froide. Je ne céderai pas sous les litchis doucereux de son premier regard. Le pissenlit serait trop amer s’il s’en retournait ensuite, concombre et celeri-rave, déconfit à l’avance de sa victoire certaine.

Sept heures au potager. Nous parlerons ciboule et ciboulette, lavande de ses yeux et thym velouté sous ses baisers furtifs, romarin dans la main, persil à nos chou-fleurs, cerfeuil l’un contre l’autre comme une seule boule de lierre...

Nous avons rendez-vous !
Courge nauséabonde, le doute s’insinue peu à peu dans ma marguerite effeuillée. Et s’il ne venait plus ? Non, je ne renoncule pas.
Mon esprit s’effiloche en feuilles de salade. J’endive, mille frisées traversent ma scarole enflammée, mon coeur batavia la chamade. Aurait-il menti, le muflier ?

. . .

L’obscurité a saisi la gloriette et embrasse à présent le jardin tout entier. J’ai la tête en spirée. Un goût de sedum âcre monte dans ma gorge nouée. Un phlox incontrôlable fait jaillir des gouttes de rosée de mes lentilles aveugles. 
Je patauge dans le potager, le rhizome en lamelles et le pruneau mauvais, avec des envies de meurtre ratatouille. Tomate verte, je carotte à fanes jaunies sans retenue. La défoliation est trop forte.

Je veux croire encore qu’il s’est perdu.
J’avance vigne vierge entre haricots emmêlés et pois cassés en divisions romaines anarchiques.
Les pieds de framboisiers s’étreignent à ne plus savoir où sont leurs racines. Les aubépines s’en mêlent et les cassis effeuillent leurs vertus de leurs épines complaisantes.
Tout ici respire le désir et m’asperge de sa sensualité débordante. J’herbe folle parmi ces piments dépravés. Ma passion frustrée s’exacerbe encore sous les à-coups de leur fouillis lascif.

Huit heure trente. Le silence étreint mes dernières giroflées. Plus le noir se fait, plus tout m’asparagus clairement. Folle que je suis, d’avoir cru ses aubriettes l’ombre d’un seul instant ! La nuit aubergine étend ses branchages sarmenteux et le paysage s’enfonce dans la pénombre, enlevant avec lui mon dernier estragon. Je reste plantée là, tubéreuse, la sève figée, à fixer ce chemin qu’il devrait emprunter pour me retrouver. Je respire les senteurs exquises qui se répandent langoureusement à la tombée du jour. 

Nous avions rendez-vous !
Il devrait être là, l’épinard ! Oh, comme je baiserai alors ses lèvres mandarine ! Je lui tirerai ses endives en broussaille, et lui pincerai méchamment le brocolis pour me venger de ces heures rhubarbe. Puis je le laisserai m’effeuiller tendrement l’orange, supplier à genoux ma myrtille, implorer ma grâce et ma clémentine.
Nous roulerons alors sous les fruitiers chargés de pommes interdites, d’abricots juteux et de poires déconfites et jalouses. Nous écraserons de nos corps enlacés les coings regorgeant de leur bonheur sucré. L’oseille irritera nos peaux échauffées et les dernières chairs des nectarines vieillissantes exhaleront en mourant leur soupir odorant.

. . .

Il fait si noir ici que j’en perds mes repères. J’amaryllis désespérée et je sanglote à gros salsifis. Il m’a oublié comme un potiron mûr, dont les tiges fraîchement coupées s’étiolent déjà et racornissent inexorablement. Et me voici toute flétrie parmi quelques glaïeuls couchés de mauvaise volonté qui sonnent le glas de mon amour avorté. Je colchique à tâtons entre lupins maussades et delphiniums arrogants.

Je devrais m’en aller, mais presque malgré moi je zinnia encore entre les plates-bandes colorées qui me narguent de leurs bonheur tranquille.  Comme s’il pouvait venir, maintenant !
J’étouffe un crocus  et essuie sous mon oeillet une feuille de tulipe qui s’échappe. Les begonias charnues se moquent encore de moi. J’aurais du me méfier. Mais j’ai été trop narcisse. J’ai cru toute pétunia que j’étais la plus forte, irrésistible dahlia.

L’ombre a envahi la terrasse toute entière, emportant avec elle jusqu’aux dernières exhalaisons. Un dernier myosotis, mais plus rien ne m’importe, je reviens doucement sur le chemin minéral qui absorbe goutte à goutte mes ultimes espérances.

Demain, fossile erratique, j’irai à la grotte déverser mon chagrin dans les concrétions calcaires. Je me déliterai en stalactites larmoyantes et graverai ma complainte sur leurs veines pétrifiées.
Peut-être trouverai-je un semblant de compassion dans leur mutisme austère.

Dans ce jardin la vie fait trop de bruit, mes pensées s’étiolent sous leurs bourgeonnements volubiles...

anaka (r) 1998

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Lundi 25 septembre 2006


Mine de crayon blanc ;

les couleurs chahutent pourtant

dans les mains du mime.



image extrait plexi "je peins" anaka 2M6 (r)
et photo de mains d'un mime.



J'ai été faire parler les mains du mime,

pour écouter le blanc se tordre de couleur... 



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Samedi 23 septembre 2006
 


Un monde de cinglés


Petit vélo dans la tête


Tout le monde suit...



 

Spectacle au FJEP de Sallanches vendredi soir.
Ils commencent une tournée en France. A ne pas manquer...



Semianyki ou la famille russe,
par la Cie Le Licedeï

Semianyki veut dire la famille en Russe; une famille complètement déjantée entre le père, alcoolique, qui menace de partir, la mère, enceinte, qui menace d’accoucher, et une armée de marmots qui menacent de trucider tout ce qui passe, y compris les spectateurs, pour exister !

Folie poétique, rage inventive et humour corrosif se dégagent chez ces artistes. Cette légendaire troupe de St Petersbourg parcourt le monde en soufflant des spectacles plus dévastateurs les uns que les autres. Métaphores imaginaires d’objets, création d’images surréalistes, le jeu avec le public, et un accompagnement sonore incroyable...

Ces clowns ne parlent pas, et pourtant on comprend tout. Du mime français à la commedia dell’arte italiennen en passant par le clown populaire russe, la troupe du Théâtre Licedei rend le plus bel hommage qui puisse être donné au clown, à la fois traditionnel et contemporain, baigné d’une délicieuse sensibilité russe et d’une grande bouffonnerie.

Créé il y a plus de trente ans à Saint-Petersbourg, le Licedeï est le premier théâtre russe de clowns et de mimes. Danseurs, musiciens, acrobates et jongleurs, c’est toute l’expression d’un monde surréel qui se traduit par des sketches désopilants.


Compagnie Le Licedeï.

Clowns :

Olga Elisée,
Alexandre Gusarov,
Marina Makhaeva,
Kasyan Ryvkin,
Elena Sadova,
Yulia Sergeeva.


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Jeudi 21 septembre 2006


  Le souffle du lutin : 

  Quand le monde d'en bas sombre, 

  un conseil l'éclaire. 



http://www.worldoffroud.com/www/online/oracle/


Ultimately, Lys is trying to help people develop true self-respect and self-esteem, but she has to start much further down the scale of idealism than that. She tries to inspire practical help for those who need it most. She is the inspiration for the first wobbly steps taken toward healing by a damaged soul. Her presence in a reading indicates that something that had seemed lost and fixed in that loss is now open to healing. Someone is ready to begin, with help, the climb out of the inner mire. There is hope here, and a need for loving kindness tempered by practicality. If you call upon Lys for assistance in helping another, she will always give it, often by encouraging them to be receptive and others to also be helpful. She always has time to support those who have time for others.

Finalement, Lys essaie d'aider l'autre à développer un sincère respect de soi et une vraie estime personnelle, mais elle doit se situer  plus  bas dans  l'échelle de l'idéalisme qu'elle le ne pense. Elle tente d'inspirer un appui concret pour ceux qui en ont le plus besoin. Elle est un guide pour épauler  les premiers pas vacillants vers la guérison d'une âme abîmée. Quelqu'un est prêt à entamer, avec de l'aide, l'ascension hors du gouffre. Il y a de l'espoir ici, et un besoin d'amour tendre  apaisé par le concret. Si tu invoques Lys pour aider un autre, elle te donnera toujours son soutien, souvent en t'encourageant  à devenir plus réceptif, et en stimulant le soutien autour de toi. Lys a toujours du temps pour  ceux qui donnent leur temps aux autres.

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Jeudi 21 septembre 2006



un sentiment âpre

la peau du coeur est à vif

sang d'écorchure




un plexi tout neuf... anaka2M6 (r)



Envahie par mon devenir intérieur
j'espace grand'ouvert une fenêtre sur un Autre

Depuis le seuil de ma maison
j'essuie mon coeur à l'entrée de l'Autre

Me libérer, pourquoi ?
J'ai pour prison une cage grand ouverte
et des barreaux sciés
et des éclats de rêves aux ailes plus vastes
que le ciel tout entier

Je suis rentrée à la maison
mais j'ai gardé en moi le voyage universel

Envahie par mon devenir intérieur


Texte du plexi ci-dessus. anaka2M6 (r)



Se libérer, oui, s'évader de cette prison sans cage où le chant des oiseaux la maintient à l'intérieur d'une vie qui n'est pas la sienne. Une vie passée à l'attendre, c'est terrifiant, ça ressemble à l'amour, un amour âpre, intense et douloureux. Dans ces moments où l'on donnerait tout pour ne plus aimer, le vertige rend muet, aveugle. Et quand les yeux se descillent, quand le coeur est tout sec du trop de larmes versées, on regrette sincèrement de ne plus aimer. Elle voudrait, oh,  rentrer à une "notre-maison", se sentir enfin chez elle dans les bras de lui, garder dans le creux de ses mains l'encre d'une peau qui ne se hérisse pas quand elle la touche. Saluer d'un baiser des yeux, d'une caresse d'oreille le retour de lui, laisser entr'ouvert son univers juste assez pour regarder le sien, juste assez pour s'apercevoir l'un l'autre sans craindre l'invasion, sans redouter la fuite. Elle se sent dans une angoisse perpétuelle que tout s'arrête. Alors que rien n'a commencé. Cette relation chétive, anorexique et orgueilleuse, n'est autre qu'une entité figée dans ses défenses d'y voir, défense d'entrer, défense de toucher, défense d'approcher, défense de croire, défense d'aimer, défense d'espérer. Elle voudrait comprendre pourquoi c'est si difficile encore, alors qu'elle n'attend pas tellement, non pas tellement, la vie n'a pas été douce, alors, alors, juste un rapport... affectueux. Mais elle se leurre encore, à imaginer ce nous-deux qui ne prend pas. Peut-être s'agit-il enfin de comprendre qu'elle peut s'offrir un peu plus. Cesser d'être pauvresse du coeur, ouh la mendiante de l'amour, petite marchande d'allumettes qui n'embrasent plus, pétard mouillé de sentiments affreusement ridicules à force d'être niés, même son sentiment perd de sa valeur, on dirait un sentiment moins-que-rien, de ceux qui ne méritent pas qu'on y prête attention, de ces chuintements d'amour silencieux à force de ne pas être entendus, mais non, c'est l'autre qui est encore aveugle et sourd. Un jour, de retour d'un mariage, il lui dit qu'il n'aime pas les gens. Comment fait-on pour exister avec un homme qui n'aime personne, qui ne s'aime pas tant lui-même d'être si peu aimant, c'est vrai, ça le gêne, un peu, il voudrait bien faire comme les autres parfois, être amoureux, avoir des petits pincements au coeur pour elle, des bébés-élans, des mini-impulsions. Mais rien ne vient, la plupart du temps il faut qu'il se force et comme il ne sait pas trop faire semblant c'est encore pire. Et elle, elle contemple le désastre. Elle se sent épuisée. Epuisé son coeur gros d'un amour qui pourrit, un amour qui la ronge au lieu de la nourrir, elle a peur parfois de vieillir du coeur avant le reste, de devenir aussi toute sèche, aride, de ne plus aimer les gens. Cet amour-là, elle pense parfois, il est comme un poison. De ces liqueurs qu'il faut absorber pour ne pas mourir, et qui tuent à petit feu. Et puisqu'il faut partir un jour, ainsi ou autrement...



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Mercredi 20 septembre 2006


Histoire de Karma
 

Elle, esclave de ses désirs

à travers les siècles...




Une histoire à la shéhérazade, comme mille autres.

Dans un temps lointain, un homme puissant capture une femme. Tomber amoureux n'est pas dans ses moyens. Lui le puissant, se sent affaibli par le tumulte qu'elle provoque en son âme. Incapable cependant de se passer de sa peau de son odeur de son corps, il en fait l'esclave de ses désirs. A défaut de la reconnaitre sujet, il la transforme en objet de ses fantasmes. Captive, enfermée dans une cage, elle est à la merci de ses exigences, de ses exhubérances.

Une histoire d'un autre temps, un roman à l'eau de rose... Vision déliquescente d'un goût douteux...

Et pourtant, comme elle semble vraie d'un autre temps cette histoire qui sent le parfum bon marché.




Est-ce qu'elle meurt ainsi victime de son bourreau, proie d'un sentiment trop fort pour rester humain ? Est-ce qu'elle s'enfuit, échappe à son bourreau et puis l'oublie ? Est-ce que sa douceur et son abnégation finissent par avoir raison de la bête en l'homme, et lui rendent enfin son humanité et son aptitude à aimer ?

Lui dit parfois qu'il ne sait pas aimer les gens, qu'il se sent incapable d'aimer. Elle se tait et puis elle espère seulement, naïve, que son amour à elle sauvera son coeur aride à lui.

Elle sait depuis toujours qu'elle ne renoncera pas. Elle a bien essayé de le quitter, de s'enfuir. De ne plus l'aimer, de se tourner vers d'autres, d'espérer un ailleurs, de ne plus attendre, de ne plus souffrir de son absence, de son silence, de ses mots estropiés, de ses reproches, de ses rancoeurs, de ses vengeances destinées à d'autres, de ses amertumes, de son impuissance à juste aimer, de ses non-caresses, de ses non-baisers, de son inconscience, de son égoïsme, de ses impatiences, de ses bousculades, de sa sauvagerie, de ses colères, de son mépris, de son corps endormi à l'écart, de ses défenses instinctives, de sa défiance, de ses gestes de refus, de ses abandons, de ses récriminations, de ses écrits au couteau, de ses mots qui déchirent.

Elle a renoncé seulement à attendre plus. Autre chose, un peu mieux. Parfois la surprise est bonne. De plus en plus souvent. Un coup de fil, une attention, tendresse échappée. Un moment de grâce. Les projets qui se succèdent deviennent la peau d'une réalité qu'il existe un tangible entre eux. Elle n'attend plus de "preuve". Chaque jour est un indice que quelque chose arrive, que quelque chose se passe, qu'un fil invisible les tisse et les resserre, les enserre, embrasse leurs destins.

Reste à dénouer le passé, un passé très vieux, très dépassé, venu du fond des âges, de siècles déversés ensuite sur une histoire qui n'a jamais trouvé son épilogue. Demeure en filigrane un désarroi, à constater combien le temps d'ailleurs peut-être présent, et combien le temps passé écrit encore le futur, quand le sens du présent nous échappe...

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Mardi 19 septembre 2006
photomontage silhouette sur plexi anaka 2M6 (r)


Ombre Chinoise


            Oublieuse mémoire
                        Omission dévoilée,
                                Oblation passagère
            Mouvement indistinct,
                        Myopie aux murmures visuels,
            Bordure floue,
                        Brume d’évidence
            Regard trouble   
                        Reste de souvenir, trace de regret
            Ephémère souvenance
                        Envisage aux traits d’efface



            Chose amnésiée
                        Corps en transparence
                                de Chine ou d’ailleurs
            Humeur effilochée
                       Hors champ de vision
            Inconnue déguisé
                        Identité cachée
            Nul ne sait qui tu es
                        Ni quel est ton pays
            Origine effacée dans un lointain orage
                        Ombre chinoise
            Insaisissable femme
                        Idoine créature
            Silhouette sans visage
                        Sans nom sans paysage
            Eternelle rêvée
                        Erreur de vérité


Ombre Chinoise

texte anaka 2M2 (r)



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Samedi 16 septembre 2006



Les POURQUOI ?  de marieke ajoutés aux autres...

 


Pourquoi les panneaux interdiction de fumer sont accompagnés d'un cendrier ?


Pourquoi mon répondeur ne me répond jamais quand je lui pose une question ?


Pourquoi les espaces defénse d'afficher ont une affiche qui l'annonce ?


Pourquoi me demande t-on " est ce que tu vas bien ? ," si on ne s'attend pas à ce que je réponde ?


Pourquoi les gens se marient "pour le meilleur et pour le pire" et se séparent tout de même face au pire ?


Pourquoi dit on "être en marge" comme si la marge était hors de la feuille de papier ?


 


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Samedi 16 septembre 2006

Maman et ses filles

voguant sur le bateau-lit

E la nave va

dessin-monage anaka 2M6 (r)



C'est moi le capitaine
Voici un moussaillon qui monte à la poupe,
suivi de près par le mini-matelot

dans la ligne d'horizon des feuilletons aqueux
des histoires à l'eau de rose, et de vagues images

Le mousse à babord piquerait bien un roupillon
mais pas question d'abandonner l'équipage

Et hisse et ho, des bisous à mes marmot(te)s
comme quand elles étaient pas plus grandes que des bisounours,
ça gratouille ça tapote ça tripotaiile les couettes
le temps d'une traversée de ma manche

accostage minuit passé,
demain on rembarque...

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