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Jeudi 31 août 2006


L'Homme qui ne voulait plus se lever. (nouvelles)

David Lodge. Editions Rivages Poche, bibliothèque étrangère.

 

Le pitch

 

Six nouvelles écrites entre 1965 et 1985. Deux jeunes couples en goguette de désirs sur les plages d'Ibiza dans les années soixante. Un premier job qui laisse comme un goût amer de lutte des classes. Un écrivain en proie à la vision des femmes dénudées et d'un vent bien inquisiteur. Une invitation à profiter du temps présent à travers une histoire de pénurie de feux d'artifices. Un allégorie de la dépression à travers la vision d'un homme qui décide un jour de ne plus se lever. Un ratage de premier amour sur fond de Pastorale.

 

Comment Taire...

 

Une écriture très... anglaise, un ton très "Sir William" qui donne à chaque petite histoire une touche d'exotisme anglosaxonne. Auto-dérision et conscience sociale sont les deux mamelles de David Lodge.

 

Un extrait.

 

(extrait de L'homme qui ne voulait plus se lever) ... "Quel réconfort puiser dans le fait que sa morne existence n'était qu'une croûte fragile recouvrant l'abîme infiniment pire au fond duquel il risquait à tout moment de tomber ? En réalité il n'avait plus aucun amour de la vie. A cette idée, il tressaillit d'une sorte de désespoir exquis. Je n'aime plus la vie. Il n'y a plus rien dans la vie qui me procure du plaisir. sauf ça : rester couché. Et le fait de savoir qu'il faut me lever me gâche ce plaisir-là." ...

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Jeudi 31 août 2006

 

Bientôt la rentrée

 

Un nettoyage de printemps

 

Juste avant l'automne...

 

 

Au premier jour, la chambre de la petite.

 

Au premier jour, vider le superflu. L'été laisse des traces d'inutiles. Jetés les vieux cahiers, les feutres usés, les livres désaimés, les papiers froissés, les tee-shirts trop petits, les jupes trop légères, les souliers éculés, les projets périmés, les poupées en chiffons, les sacs tachés, les doudous au rebut... Une journée entière à faire le tri...

 

Quand les grands sacs poubelles sont descendus, changer les meubles de place. Le bureau à la place de la table de chevet, remplacée par le lit, déplacé pour glisser contre le mur l'étagère, l'armoire tournée dans l'autre sens les portes dans la lumière, la commode décalée pour laisser encore un peu d'espace gagné en quelques heures. La chambre de la petite toute neuve, la moquette frottée brillerait presque de tant d'ardeur

 

Au premier jour, le cartable dort sagement sur la chaise, rêvant à ses journées oisives bientôt terminées.

 

 

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Lundi 28 août 2006

 

Paris est une fête


Dans mon coeur des cotillons

 
Pointillent l'horizon

 

 
Aux jours d'avant, une promenade en trois temps à travers Paris.

 

Temps 1.

La musique. La nuit tombée sur le sunside, Louis Winsberg s'amuse à la guitare à réinterpréter des chansons françaises qui n'en reviennent pas elles-mêmes de ne pas se reconnaître... Ira Coleman à la basse, rigoureux, sobre, les long doigts sensibles aussi au silence. Le batteur Stéphane Huchard garde le tempo.

Le lendemain, sous la toile du Cabaret Sauvage des jardins de la Villette, l'accordéon mène la danse, en trois ambiances. Musique contemporaine, je m'endors sur les tapis de l'avant-scène. Me réveille le déchirant coeur du tango dans le tempo-lente de Daniel Mille accompagné de deux merveilleux musiciens, au saxo et au violoncelle. Les yeux enfin grands ouverts à admirer les mains ailées du fils Chemirani au zarb, dans une musique de l'Est pleine d'accents slaves.

Temps 2.

La couleur, le jour. Les ballades à travers Paris. Aux alentours de la Bastille dormir sous les toits de la rue de la Roquette, quand j'étais petite j'allais rendre visite à ma mammie Zelda au bout de cette même rue, un appartement qui donnait sur la place Voltaire. Ma maman est née à l'angle, rue Popincourt, aujourd'hui c'est une courette fleurie... Qu'est-ce qui a vraiment changé au fond dans ce petit bout de quartier ? Pas grand-chose, l'odeur est la même, l'odeur et les couleurs. Mais avant, je ne sentais pas, je ne voyais pas.

Le Louvre. Pour la première fois je rentre dans le grand sanctuaire. Pas de queue, un guichet et hop le billet, c'est si facile aujourd'hui. La grande pyramide vibre sous le soleil et dans les corridors gigantesques se prélassent les plus belles étoiles de notre galaxie. J'ai souri à l'Odalisque sans lui compter les vertèbres. J'ai esquissé un salut à Monalisa, violée par les flashs d'appareils photos voyeurs et sans retenue. J'ai touché le flanc d'un sanglier géant, et caressé le sein de bronze d'une déesse. J'ai aimé la promenade parmi les saguines et les lavis d'Hubert Robert, peintre et architecte "ruiniste" du XVIIIème.

Les petits bistros gourmands, vers la Bourse. Drouot et ses enchères muettes pour cause de congés. Le passage et le joli hôtel  Chopin caché au fond, tout près du musée de cire. Le Jardin des Vosges et celui du Palais Royal. Saint-Germain des Prés, de la rue Soufflot à la rue Saint André des Arts. Les puces de la Porte de Vanves et le tout nouveau tramway inauguré le même jour sous le regard concerné des habitants du quartier. Paris à pied, en métro, en bus, en voiture.

Temps 3.

La chambre au calme alors que le salon est rempli des bruits de de la rue jusqu'à très tard. Les caresses et le silence.

La nuit d'hotel et le silence. Un mur à nouveau entre deux, sans raison. La déraison d'un coeur arytmique. Entre l'agacement et le découragement, je dors.

Malgré les petites irritations, malgré ou grâce à ces agacements avortés, le plaisir se distille, chaque temps volé sur les orages et les bourrasques.

 


Paris est une fête. Je murmure mon merci, ma paisible gratitude, ma tendre reconnaissance...
Garder en moi dedans au chaud les moments de bonheur,
comme si je tricotais autour de mon coeur un manteau de douceur

 

 

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Jeudi 24 août 2006

 

Avant le départ

 

Le sac regorgeant d'envies

 

Je prends l'essentiel...

 

 

Le jour du départ, 25 août..., en clin d'oeil au dernier article de Fugen...

Bienvenue dans le grand voyage

Pour le trousseau, quelques indispensables...

 

 

une brosse à enlever les souvenirs qui collent ;

une serviette pour essuyer le nez qui coule et sécher le reste ;

un savon à frotter les résidus;

un doudou ;

une barre de chocolat ovomaltine, c'est pas bon mais c'est plein d'enfance ;

une BD de titeuf; le dernier par exemple sur sa vie rien qu'à lui ;

des bisous des filles ;

des grands silences frisés pliés en trois , ou quatre ;

des rires en boites avec une ouverture facile ;

des livres avec plein de pages blanches... enfin des cahiers quoi ;

Un crayon qui bave ;

Une bouteille de vive la vie.

 

 

Au retour pluvieux de Paris, ce 28 août au soir.

Les Paul sont d'arrivée...

Paola la siamoise et Pablo le gros gris

Nos beaux chats de chalet...

 

 

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Jeudi 24 août 2006

 

Dans un monde de mômes

 

J'ai vu voler un ange

 

Porté par la grâce

 

 

Deux petits jours au festival des Mômes du Grand Bornand. Juste un atelier à la journée avec les enfants qui passent, têtes de vaches, Gladys, Joséphine, Rosa, Lili, Marguerite, un troupeau entier à la fin de la journée collé sur les murs de la tente dans le grand pré près du torrent. 200 enfants, peut-être plus, venus poser leurs couleurs le temps d'ajouter une nouvelle tête au bétail de papier.

Il y a deux ans, j'ai passé la semaine, à peindre une "montée de lait" en couleur sur un mur de la ville de plus de 20 mètres de long. Et puis aussi à présenter l'impro picturo-musicale à la cérémonie d'ouverture. Et puis aussi à chanter dans le Toupines bar le soir.

J'ai retrouvé le goût de ces autres, tellement étranges balladins qui traversent le monde en chevauchant leurs rêves de gosses, des lunettes en 15 D sur le bout du nez qui leur font voir les lutins cachés sous les roulottes, parler couramment la langue de bons géants, ou marcher sur la tête quand leurs pieds sont en sang.

 

Ah. La ponctuation est revenue. Je respire mieux. La pression baisse. Même pas saigné du nez.

 

Manger à la "cantine" à côté des clowns dégrimmés et des acrobates au longs corps, S'enquérir de la santé de ses ignanes avec l'un ; il en a perdu un l'hier dernier, pendant qu'il était en tournée, le chauffage s'est arrêté et le reptile est mort froid... Evoquer le fracassement existentiel d'un champignon percussionniste, compliqué sa vie en battements de coeur, quand il parle les mots s'envolent et se disséminent avec le sens, ne reste qu'à incliner sagement la tête en signe d'approbation. Regarder passer au loin un escargot géant lancé à toute berzingue dans la grand-rue des gens de la rue.

Rire aux éclats d'un rire de quatre ans pas plus, devant les facéties de Tortell Poltrona le vieux clown dépenaillé et tendre.

Et puis céder à l'émotion devant la beauté la poésie de la famille Rasposo, qui nous convie sous son chapiteau à une tranche de vie chez les gitans. les musiciens extraordinaires en direct, un mariage à la Kusturica où l'espace qui vole en éclats, fumée et notes échappées, hommes volants, femme funambule derrière de rideau de tulle dans l'ombre rose d'un lendemain de fête. Oh comme c'était beau.

A peine deux petits jours, et des vies entières déroulées sous nos yeux, des vies prises dans le coeur que l'on n'oublie plus.

 

La rue, c'est gris la plupart du temps. On l'empreinte (... une fois marqué à jamais, ensuite et seulement, on "l'emprunte" aussi...), pour aller d'un point à un autre. Parfois on traverse au bon moment, juste sur le passage dans un autre monde.

Nous est revenue, intacte, cette idée saugrenue et lancinante de monter notre spectacle de rue. Lui disait hier, Malabar Princesse voilà un nom qui sonne... La princesse et le Malabar.

 

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Mardi 22 août 2006

Déballée la yourte

 

Pliés les draps dans l'armoire

 

Le travail assis, du.

 

J'ai saigné du nez encore ce matin Sous la douche Une tâche est venue se déposer sur mon sein J'ai pensé d'abord que je m'étais coupée Et puis une autre tâche Et puis un petit ruisseau rouge qui enfle avec l'eau qui ruisselle Le temps coule La vie s'écoule J'ai comme la vision de la fin de moi-même Toute cette tranquille aisance fissurée par la conscience de la fin des choses Je pense peut-être je vais mourir demain Est-ce que je me souviens de cette seule vérité La vie si brève et si charmante La vie si pleine et puis soudain le vide atroce Je pense que je pense trop J'attrape un petit coton pour cesser le flux qui maintenant glisse son goût âcre dans la gorge Le monde est comme arrêté Le calme étrange l'absence la nudité de l'air Je me sens seule à jamais Nue sous l'eau Nue dans le silence Une solitude comme un navire de haute mer qui fend le monde de son étrave pesante

Je m'essuie Je me sèche Je fais mon sac Je range la yourte avant le travail assidu J'ai mis la musique, mon coeur s'apaise ou plutôt se déploie Encore il bat encore il aime encore il espère d'inutiles chimères si indispensables pour entretenir le flux Trop de larmes versées Trop de sang séché dans les corps enterrés à jamais Il faut que ça sorte que ça sorte Je pisse le sang des absents Le sang des lâches Le sang traître de l'abandon Le sang de bourbe et aussi celui des bourbons.

J'ai une fuite de sang.

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Lundi 21 août 2006

Les particules élémentaires

Michel Houellebecq (1998), Editions j'ai Lu 2005

 

Le pitch

 

Ils sont deux demi-frères. L'aîné bande pour la physique quantique, Le second court après les coups, en recherche insatiable de la jouissance et de l'érection de ses sens. Parfois frôle une femme, souvent passent des nuits, l'amour rôde alentour malgré la douleur initiale, la souffrance sans trêve d'une enfance abîmée. Ca finit mal, forcément. Mais entre le début et la fin, il y a la vie.

 

Comment Taire...

 

Tous ceux qui n'ont jamais lu Houellebecq le détestent. Moi la première... Jamais plus virulente qu'avant d'avoir ouvert son dernier roman, La Possibilité d'une Ile. Emue par ce regard chauve et désabusé sur le genre humain, touchée par cette tendresse sans maquillage, comme un vieux corps nu vide de tout désir et qui pourtant pourrait encore... Sa pornographie habituelle m'agace un peu, me lasse souvent et m'attriste plus encore, mais elle a le mérite de jeter un regard sans concession sur notre misérable condition si peu humaine, quand entrent en jeu le désir, le pouvoir, la jalousie, l'envie. Ou quand l'amour est perdu. L'écriture est magnifique, toujours, même si les mots sont âpres. Les Particules Elémentaires, son premier roman qui l'a fait connaître, est le prélude éclairant de son dernier (et si poignant) roman, La Possibilité d'une Ile. Les deux portent sur la réflexion de la disparition de l'humanité au profit d'une espèce créée par l'homme, libérée de tout esclavage des sens, et qui voue à terme l'humanité à sa fin définitive.

 

Un extrait.

 

..." Au-delà du strict plan historique, l'ambition ultime de cet ouvrage est de saluer cette espèce infortunée et courageuse qui nous a créés. Cette espèce douloureuse et vile, à peine différente du singe, qui portait cependant en elle tant d'aspirations nobles. Cette espèce torturée, contradictoire, individualiste et querelleuse, d'un égoïsme illimité, parfois capable d'explosions de violence inouïes, mais qui ne cessa jamais pourtant de croire à la bonté et à l'amour. Cette espèce aussi, qui, pour la première fois de l'histoire du monde, sut envisager la possibilité de son propre dépassement ; et qui, quelques années plus tard, sut mettre ce dépassement en pratique. Au moment où ses derniers représentants vont s'éteindre, nous estimons légitime de rendre à l'humanité ce dernier hommage.... Ce livre est dédié à l'homme"...

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Lundi 21 août 2006

 

 

Ecume de l'été

La marée à voix basse

Maugrée en ressacs

 

Un de ceux là-bas décrit le ventre d'un cauchemar. Au scalpel les rêves en sillons, les échappées oniriques dans le mugissement des chimères. Le matin au réveil, après les batailles haletantes aux bords d'un autre monde, l'univers est un drap blanc tendu entre deux corps immobiles.

Celui-là cet autre dessine un caillou blanc sur le chemin des songes. Suivre à la trace le pavé de gravier, Tom pouce à la dérive, sous les grands arbres s'étire la trace d'un sens.

Un autre a parlé à voix douce, de l'amitié des uns, de la froideur des autres, entre deux courants elle navigue sans savoir vraiment sur quel doigt compter.

Encore une autre. Assise dans l'herbe, de sa bouche s'échappent les mots comme une cohorte de fourmis laborieuses qu'elle a du mal à suivre du regard seulement. "Quand mon père est mort, dit-elle dans un brouillard de voix, il a laissé à mon frère et à moi la part de son intelligence supérieure. c'est pourquoi nous sommes tous deux une fois et demi plus intelligents...".

Elle reste coite.

Elle a envie de redevenir matière, organique, particule élémentaire, hélice d'adn. Limitée à ses sens qui parfois donnent le feu vert, et d'autres fois lui intiment de faire demi tour sans attendre. Elle a prétexté une fatigue. Ce n'est pas un mensonge. Devant l'eau du lac elle n'a même pas plongé. Elle a saigné du nez deux fois ces deux derniers jours. Et puis l'atelier à préparer pour demain.

Elle est partie vite, avec un gentil sourire, et bien caché dedans une envie impérieuse de prendre ses jambes à son cou.

 

Refuge au chalet déserté. La voiture est chargée. Pour demain. Les pinceaux, les papiers de toutes les couleurs, les gouaches, et puis aussi les adhésifs multicolores les crayons les feutres les gommes les tee shirts d'atelier les chiffons les petits pots en verre les grands sacs la bache en plastique les pinces à linge la corde. Le scotch. Les ciseaux. Oh comme elle aime ce joyeux désordre. Une tribu à elle seule.

 

Moins peur.

Mais dans le ventre une bête demeure tapie, avec un cerveau gris immense empli de pensées violettes, et aussi des grands bras maigres corrodés par le sel des larmes.

Dans la tête, le vent souffle entre ses tempes et efface ce qu'elle ne doit pas oublier.

 

 

Il y a une chose que je sais,

Mais j'ignore ce que c'est.

 

 

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Dimanche 20 août 2006

La mort, l'amour et les vagues

Yasushi Inoué, (1950)   éditions Picquier poche 1999

 

Le pitch

 

Trois récits regroupés autour du thème de l'amour, ou de la comédie de la vie... Une tentative de suicide bien timide, un couple qui se fait et se défait devant les pierres d'un jardin, un voyage de noces tardif de deux radins...

 

Comment Taire...

 

L'auteur du Fusil de Chasse. Il me rappelle aussi parfois l'écriture de Nina Berberova, ou de Stephan Zweig, dans une description si fine des sentiments, toujours à une légère distance qui permet encore une ironie tendre, un regard sans illusion mais sans méchanceté non plus; et une poésie du quotidien fascinante, comme un paysage japonais...

 

Un extrait.

 

"... Mais aujourd'hui, alors que je contemplais le jardin de pierres du Ryôanji avec sa froide et étrange beauté, j'ai commencé à me détester de faire ainsi des compromis. Au plus profond de moi une voix s'élevait : Il ne faut pas te laisser entraîner, il ne faut pas te laisser aller aux compromis. Ce calme jardin de sable et de pierres m'a oté toute ma faiblesse et l'a remplacé par une cruelle détermination. Est-ce une invitation due à la très haute spiritualité du jardinier qui a conçu un jardin uniquement de sable et de pierres ? ..."

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Samedi 19 août 2006

 

 

Le ciel au coeur lourd

Gronde de pensées orageuses

La pluie est de sable

 

Petite fatigue du coeur, les nuits sont pleines des courses folles de Valdo dans les hautes herbes, les oreilles commes deux grandes ailes battant gracieuseusement les airs. On aurait dit qu'il prenait son envol, au ralenti..

Beaucoup de monde hier à la maison. La fête de mes quarante ans de l'année dernière que je n'ai pas faite alors, pour cause de tempête conjugale... Courir à droite et à gauche de l'un à l'autre sans vraiment voir personne. Epuisement. J'ai dit des bêtises juste pour rigoler, comme s'il me restait dans la tête que de pages blanches de bande dessinée à crayonner.

Les "grands" sont repartis. Restent les rires des vrais enfants. Je me sens vide comme un coquillage après la marée.

Les larmes montent un peu vite. Quel coeur trop désséché reste encore à abreuver ?

Petite baisse de fin d'été. Le soir sent l'automne frileux, c'est un peu vite, les tomates n'ont toujours pas rougi et déjà on ressort les petites laines.

 

 

...

J'ai un peu la pétoche.

 

 

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