marcher sur les dunes
à l'envers de la fenêtre
dessiner les pas...
Performance en direct, aujourd'hui, sur les fenêtres de la bibliothèque de Chamonix. Musique et peinture en direct pour un film-pilote de quelques minutes, inaugurant une série de courts métrages destinés à présenter des univers d'artistes, des rencontres d'expressions, et la ville où ils vivent et travaillent...
On a aimé faire ce petit film, écrire les lettres à la volée sur la fenêtre, à l'envers, depuis l'extérieur, tandis que le musicien est à l'intérieur et distille sa musique qui nourrit l'inspiration de l'écriture.
Cet aller-retour entre l'intérieur et l'extérieur, telle une bande de Moebius sur laquelle l'artiste parcourt sa vie, alternant le recto et le verso de sa peau... Juste de pouvoir le faire, l'exprimer, le poser là, c'est ce qui importe par-dessus tout...
Voilà quoi ça ressemble. Performance. Perfusion d'énergie. Perfection de l'instant seul.
des photos de la performance... ICI
Dehors, le monde court
Dedans tout est au ralenti
Entre deux je glisse
Le Rêve Bleu, Pondichery, février 2M7
Drôle de sensation d'être sur un autre rythme en permanence, comme dans ces films ou les séquences sont filmées au ralenti. Le monde demeure à sa vitesse, mais je me sens décalée, comme si je n'étais plus vraiment en phase, mais qu'importe, une somnolence vigilante, un endormissement empli de conscience, je regarde et j'absorbe, rien en moi ne juge et pourtant tout m'apparait comme au premier plan, clair et distinct, dans une lumière crue qui ne m'éboulit pas, une vérité sans fard qui ne m'étonne pas. Comme si je découvre que je savais avant. Je croyais ne pas comprendre, mais quelque chose en moi savait. Cette phrase qui m'avat tant marquée déjà dans un autre temps me revient :
Je sais une chose, mais j'ignore ce que c'est.
Le monde est devenu vaste à en flotter, je navigue entre deux eaux, trois airs, aux quatre vents, comme si cette angoisse qui ne me quittait plus s'était sagement assoupie. Alors le chat en moi ronronne de nouveau, rêve de souris grise et de roulades paresseuses au soleil. Je voudrais raconter mais je n'ai rien à dire, vraiment, seulement cette sensation d'êre devenue grande, juste parce que j'ai perçu le monde si vaste, tellement, incroyabmement empli de folies, de rêves et de possibles qui se percutent et s'entrechoquent et puis cohabitent aussi souvent, irrationnels et fous. Et pourtant ça marche. Ca marche. Alors mon rêve aussi il marche, il avance sur mon chemin de couleurs en petits traits d'idées neuves et de fulgurances, et puis de petites fois imbriquées les unes dans les autres. Voilà, voilà l'inde, l'ailleurs, ici de nouveau et pourtant partie toujours, revenue là-bas comme à la maison, repartie comme pour rentrer chez moi. Partout ma place, comme il y a celle de chaque autre. Le monde est vaste, vaste à s'y trouver...
Retour au bercail
Résonne encore tout autour
Le coeur du tabla...
Ah oui... On l'a fait.
Jouer à Pondichéry, au coeur de l'inde,
entre quartier Français et Ville indienne,
faire connaissance par la musique
et partager les chants,
échanger les cordes,
écouter, entendre...
de retour, mon coeur même bat plus lentement.
Mon être demeure au ralenti
tandis que le monde s'agite,
c'est un sentiment très agréable,
un peu comme planer, avec des ailes,
vraiment des ailes...
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