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Mardi 18 septembre 2007


Etrange sensation

de se sentir si vivante

quand dedans tout meurt 


A6lying092M7.jpgA6. à terre. septembre 2M7 anaka
©



j'ai mal, j'ai tort, je m'affole

j'ai fait ce que j'ai pu.




Je souffre, je pleure, je déraille, je prie, je vais marcher, j'enlace un arbre, je me raisonne, calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi jusqu'à ce que le mot pénètre ma peau et lisse mes nerfs, je supplie, j'implore par pitié un peu de répit, juste juste un geste, un mot qui réconcilie, un apaisement mais rien ne vient seulement le reproche la rancoeur dans la voix sans  écho la trahison le confiance perdue tous ces mots qui accusent rejettent et qui... J'appelle au secours, je suis en petits morceaux, il voudrait que je sois forte, et moi je ne peux pas, je suis un assassin, assassin de relation épinglé sur la broche, embrochée le papillon plus d'aile pour voler, juste le coeur qui saigne et alors, alors... calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi  les sanglots dans les pas qui martèlent le sol, je monte dans le chemin aveugle à la beauté du monde,  les cailloux je trébuche,  la forêt m'accueille et se referme sur ma peine, la descente, glissante, les yeux brouillés de larmes mais j'avance jamais je ne m'arrête juste toucher un tronc large oh surpise il est deux. De sa base unique montent deux larges troncs jumeaux, un seul pied, je pleure à ses pieds dans la mousse l'odeur de champignon monte acre et tenace je respire à peins poumons une vie qui pourrit une vie qui s'échappe et se désagrège, et puis bientôt s'en viendront d'autres vies d'autres germes, c'est vrai oui bientôt d'autres odeurs le printemps calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi calme toi
Ce n'est pas un immeuble, c'est une planète entière qui m'écrase le cœur. J'écris ce mot d'amour, pourquoi alors que je devrais me taire. Pourquoi parler d'amour au bord du gouffre quand le silence seul pourrait encore murmurer qu'il reste quelque chose à sauver, mes paroles détruisent tout espoir, et pourtant je parle encore, encore, pourquoi, pourquoi...
Oh, s'il savait comme j'ai peur..
.


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Lundi 17 septembre 2007

Bleu, le ciel d'automne

tâché de quelques larmes

semble presque timide



A6blueO92M7.jpgA6. bleu. anaka 2M7 ©


La douceur des jours d''été

se mêle encore aux frimas.




On court après quoi ? Après qui, de son passé, dont l'amour nous a échappé et qui nous importe tant ? Adulte, si l'autre fuit, pense-t-on même à le poursuivre : "tu ne veux pas être avec moi, tant pis." Et si l'on souhaite partir, est-ce par désir d'être suivi ?...

Si j'existe sans toi, je n'ai plus besoin de toi pour me sentir exister. Je suis moi avec toi et je suis moi aussi sans toi. Mais je suis encore plus moi avec toi. Je n'éprouve pas le besoin mais le désir d'être avec toi. J'ai le désir de toi, parce que c'est toi.

Ce n'est qu'au sortir de la passion, au sortir de la souffrance de son histoire familiale que l'on peut être un homme, une femme. Un homme, une femme qui ne sont plus dans le besoin mais dans le désir : un homme et une femme de désir.
Alors on peut aimer passionnément sans être aliéné à l'être aimé : ne pas être pris de passion, mais accueillir l'intensité d'un sentiment passionné. Vivre la force d'un lien tout en gardant sa liberté d'être et de penser. Il serait triste de renoncer à l'amour parce qu'on a souffert et peur de souffrir à nouveau. 

La passion c'est un amour qui souffre, ce n'est pas un amour heureux.
Le désir est un amour heureux. Il porte la vie en lui.
On a toujours le choix d'aller dans le sens de la vie. De ne pas être victime de sa vie, de soi.
On a toujours le choix d'être. Etre envie, être de désir.



Extrait de "Qui aime quand je t'aime ?"
Catherine Bensaid & Jean-Yves Leloup, Albin Michel 2005

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Dimanche 16 septembre 2007

Dans un monde fractal
Un point seul de suspension
Contient tous les autres.

Mon coeur contient tout mon coeur
Ce jour contient toute ma vie.



Lundi.
Entre danse et renoncement,
effroi et espérance, ils ont pris la route,
les pélerins en quête de leur propre voyage.

A6Fractale1.jpg
Mardi.
Où tes pas te portent, où ton ceur s'affaire,
l'oeil de boeuf perçoit le détail,
et s'attache à la fêlure.

A6.Fractale2.jpg
Mercredi
à mi-chemin entre veille et soupir
la somnolence te guette,
un détail seulement t'attache à la vigilance.

A6Fractale3.jpg
Jeudi.
Tu touches du bout des doigts
la fleur de ton secret
Un germination s'ensuit.

A6Fractale4.jpg
Vendredi.
Aux confins de ton monde intérieur
elle vibre la flamme de l'espérance,
un frisson te réveille.

A6Fractale5.jpg
Samedi.
Les contractions se rapprochent.
Tu glisses, confiante, dans le vortex.
Accoucherais-tu de toi-même ?

A6Fractale6.jpg
Dimanche.

Un nouveau jour. Une nouvelle vie.
L'un contient tout l'autre,
L'autre contient l'un tout entier.

A6Fractale7.jpg

Illustrations : Formats A6,
anaka 2M7 ©
atelier Gilbert Mazliah
du samedi 15 septembre.


N.B. un début de définition...
“Les fractales possèdent une curieuse propriété mathématique :
Elles présentent essentiellement la même structure à toutes les échelles.


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Jeudi 13 septembre 2007


Dans le bleu du coeur,

les couleurs prennent ombrage

des mots,  si pales...


Trois Plexis - Anaka 2007 (r)



Avec le battement, rythme,

l'air fait vibrer la matière...




Paroles d'anaka, août 2007 - Yeah man


yeah man yeah man

il était blanc et noir le grand gars balbutiant
'sortait de son manteau  des mots comme des diamants 

yeah man yeah man, le monde est un voyage en transit
il disait, cesse la tes pas,  vise le panneau exit 

 yeah man yeah man, fais un pas en avant
yeah man yeah man, marche au gré du vent
                                                                               
des mots sages comme des photos 
et des pensées grandes  comme des paquebots

yeah man yeah man

il a croisé une fille, un jour d'aout et de nuit, il en est pas revenu 
elle était belle comme un songe évanoui 
et lui, il n'y a pas cru

 yeah man yeah man, t'a beau faire le gars cool
tu restes là comme un con, coincé entre deux vies au milieu de la foule        

le ticket à la main,  tu regardes le ponton où tu n'iras jamais,
parce que t'as bien trop peur, parce que c'est bien trop tard,

le bonheur t'y crois plus, tu préfères encore,
yeah man, yeah man, pleurer sur ton sort

et ta vie elle s'enfuit, et tes ailes se replient
et toi,
yeah man, yeah man et toi tu dors encore


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Mercredi 12 septembre 2007

Tourne la terre

Eau Terre Air Feu... et l'Homme,

Le Cinquième Elément.

Plexi Mandala  - anaka 2007
©

Qu'arrive-t-il à l'Homme


Qui s'oublie en son Centre ?



Que lui arrive-t-il, à l'homme égaré dans l'amnésie de son identité. Celui-là qui court à perdre son souffle et son amour, poursuivi par ses peurs il attaque la main tendue, l'homme aveugle, l'homme sourd, l'homme sans qualité...
Que lui arrive-t-il à l'homme errant, le mat égaré en son centre, son baton de pélerin brandi vers un ciel sans étoile ?
Que lui arrive-t-il à l'homme sourd, l'homme dont la voix se perd dans les méandres de ses terreurs enfantines, il hurle au loup mais le monstre est depuis longtemps apprivoisé, et cet Ysengrin n'aiguise plus ses canines sur les os des enfants apeurés.
Que lui arrive--il à l'homme abandonné dans le désert, une immensité hostile où nul n'est plus oasis, où chacun est une menace à son intégrité.
Oh l'homme je voudrais panser tes blessures et étancher ta soif.
Mais il n'y a que des accès de rage, des issues sans secours, des voix sans recours, des chemins où personne ne traverse.
Dans le silence de l'impuissance, je lance mes prières muettes...

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Lundi 10 septembre 2007

Dans mon ciel à moi

Il y a de la couleur

et des mots qui crient


plexi je dors, anaka 2M7©


et des mots qui s'écrasent

le long des remparts d'argile.


Dans mon ciel à moi, il y a des oiseaux qui volent les idées noires aux estropiés de l'amour et battent des elles qui ne veulent plus des lui les incitent à se sauver vite cours Lola cours et ne regarde pas derrière toi où tu seras changée en statue du sel de tes larmes paralysée de la douleur d'avoir si mal aimé si mal espéré si mal respecté la loi intangible de l'humanité aime ton prochain comme toi-même aime-toi toi-même comme ton prochain...
Dans mon ciel il y a des idées roses rouges jaunes des envies d'ailleurs des curiosités pour des autres des espérances pleines d'incertitudes légères et de doutes bienfaisants des "peut-être" en goguette de "et si" en corsaire des "qui sait" avec des tongs et une petite musette au bout d'un bras pour s'en aller au bout du monde à deux...Dans mon ciel à moi il y a la terre qui sent l'herbe coupée et le champignon et l'écorce et la sarriette une terre avec des pierres de rousseur qui me sourit de sa peau de terre tachetée...Dans mon ciel à moi il y a de l'eau même à 15 degrés qui me glace les oreilles mais qui me réveille mon corps et l'ardeur et l'envie de rire en nageant au pied des montagnes bientôt blanchies bientôt s'en viendra l'automne et ses petits glacis du matin et ses feuilles rouges et froissées s'affaissant doucement jonchant d'or les routes les plaines les côteaux...Dans mon ciel il y a de l'air pour respirer enfin écarter les bras je pourrais presque à en embrasser l'horizon celui-là qui me dit il y a autre autre chose pour toi regarde loin va viens ne t'enfuis pas reste seulement attends n'attends plus désire encore souris Clic Clac le petit oiseau va sortir... Dans mon ciel à moi...


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Dimanche 9 septembre 2007


Làs, mon coeur s'apaise.

Je me tiens en solitude,

au seuil de moi-même.


Plexi "haikus" anaka 2M7
©


Debout entre terre et Ciel

Je me retrouve, verticale.



“ Sauvage, émerveillée ou poignardée, je me tiens en solitude comme au seuil de l'immensité. La souffrance n'est point absente, elle creuse même davantage puisque tout dans ce climat reprend intensité. Toute sensation, toute soif, toute pensée s'y trouvent avivées, aiguisées jusqu'à un point extrême.
La vraie, l'essentielle solitude renvoie en moi à ce noyau irréfragable, impérissable aussi. C'est ce qui est indestructible, souverain inattaquable en moi.”

"La solitude permet l'espace nécessaire pour dialoguer avec tout ce qui se passe dans le ciel, va-et-vient des nuages, ombres, lumière... " (Nicolas de Stael)

(Extraits du livre de Jacqueline Kelen, L'esprit de Solitude.)

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Samedi 8 septembre 2007

Les mains de peinture

font des éclaboussures

dans le blanc des mots


Retour à la couleur, 5 septembre,  photo anaka 2M7 ©



Les phrases emprises sous la glace

apaisent le feu des pensées.


Encore deux nouveaux plexis aujourd'hui. J'ai passé le texte à la couleur comme pour lui donner plus de vie, les mots sautant d'un bleu à un rouge, puis un gris poursuivi par un rose épais, un orange saluant le violet de ses pointes, le bleu profond alterne avec un vert timide. Tout cela pour poser ma peine et mon espoir, faire le deuil d'un impossible et retrouver le chemin de ce qui est vraiment. Je me sens en joie, comme on se sent en paix. Quelque chose est réglé, compris, il n'y a plus rien à dire, ou à faire. Simplement avancer le plus au milieu de moi-même, sur le chemin de mes désirs, il y en a tant, cueillir un espoir, saisir un projet, sourire à un possible qui surgit entre deux doutes... J'ai trouvé une nouvelle technique pour mettre en couleur mes fonds, utiliser le plastique de couleur qui apporte une folie géométrique insoupçonnée. Les lettres se mélangent au fond, certaines bondissent en avant, soulevées par une bande jaune qui les transperce, d'autres se diluent dans des losanges de gris nuages aux angles acérés... J'ai bien aimé. J'aime bien encore. En décembre une nouvelle expo, un autre drôle de travail inattendu qui se propose, la musique, peut-être, en février... La vie reprend, généreuse, riche, inattendue... tandis que s'étiole mon amour.

vendredi 7 septembre, devant l'atelier. photo anaka 2M7©

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Vendredi 7 septembre 2007

L'épouvantail rit

des frayeurs qu'il inspire

aux piafs sans cervelle...

Epouvantail du jardin des Plantes, Paris aout 2007 anaka ©


Je m'envole jusqu'à toi

pour caresser tes blessures.

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Jeudi 6 septembre 2007

Saint Jan à l'auréole

Accorde-moi ta lumière

et tes pensées tendres...


Saintjan photobricolage  06.07.2M7 anaka ©


Sur l'écran noir je devine

Un coeur à la peau d'ange.

J'ai peint. Hier. Enfin, la couleur est revenue, jusque sous les ongles. J'ai tracé les mots en couleurs et les couleurs en écharpe pour les réchauffer... Revêtir de mes bouts de plastiques les phrases aux larmes qui s'écoulent, couverture de survie sur un corps inanimé, je reprend des forces. J'ai senti la gaité, et le paysage intérieur qui frémit sous les caresses d'un vent d'ailleurs.
Hier enfin j'ai trouvé une clé pour sortir de cette geole de sentiments, me dépouiller de toute attente, jeter mes oripeaux de dépendance et saluer mon souffle comme le tout premier. Encouragez-moi, qui me lisez, j'ai envie de marcher à grand pas sur mon chemin sans me retourner, sans craindre le chatiment d'un tout-puissant usurpateur. Mon coeur est tout à moi, et le donner je le puis désormais. Ou encore, le garder, au secret, tendre et confiant...



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