Vendredi 7 septembre 2007
L'épouvantail rit
des frayeurs qu'il inspire
aux piafs sans cervelle...
Epouvantail du jardin des Plantes, Paris aout 2007 anaka ©
Je m'envole jusqu'à toi
pour caresser tes blessures.
Saint Jan à l'auréole
Accorde-moi ta lumière
et tes pensées tendres...
Saintjan photobricolage 06.07.2M7 anaka ©
Sur l'écran noir je devine
Un coeur à la peau d'ange.
J'ai peint. Hier. Enfin, la couleur est revenue, jusque sous les ongles. J'ai tracé les mots en couleurs et les couleurs en écharpe pour les réchauffer... Revêtir de mes bouts de plastiques les phrases aux larmes qui s'écoulent, couverture de survie sur un corps inanimé, je reprend des forces. J'ai senti la gaité, et le paysage intérieur qui frémit sous les caresses d'un vent d'ailleurs.
Hier enfin j'ai trouvé une clé pour sortir de cette geole de sentiments, me dépouiller de toute attente, jeter mes oripeaux de dépendance et saluer mon souffle comme le tout premier. Encouragez-moi, qui me lisez, j'ai envie de marcher à grand pas sur mon chemin sans me retourner, sans craindre le chatiment d'un tout-puissant usurpateur. Mon coeur est tout à moi, et le donner je le puis désormais. Ou encore, le garder, au secret, tendre et confiant...
Réveil aux aurores.
Le coeur empli de spasmes
bat la chamade.
Un coeur qui bat, c'est bon signe.
Mais
s'il pouvait battre moins fort...
J'observe le va-et-vient des émotions, comme un torrent
après les grandes crues. Parfois la colère, aussi noire qu'un tronc d'arbre foudroyé, flotte au-dessus d'un lac glauque d'incohérences. Les idées jaillissent en tous sens, comme des poissons
fébriles. Un ours y trouverait une belle pitance. Il y a dans le limon de ma pensée la certitude de faire le bon choix, m'éloigner de la souffrance
et de l'impossible, renoncer enfin à une chimère indomptable. Demeure pourtant de la taille d'une luciole l'espérance que tout pourrait guérir et
enfin commencer. Mais qui croit aux fées Clochette ! Ce n'est qu'un insecte phosphorescent, et mes rêves sont aussi creux que l'écorce rongée par les
termites... Je demeure en éveil, somnambule écorchée dérivant dans un quotidien sans substance. Ii faut remplir de sens les heures vides d'espoir, les silences sans prière.
La douleur est un manteau de chair un peu lourd sur les épaules, mais dont les pans longs jusqu'au sol me protègent de la crédulité. Je ferme le poing sur ma rage et mon impuissance, je serre les dents à en briser un os aussi sec qu'un fossile. Les images sont brutales, je sens les gifles de la déception, de l'amertume, de
la frustration, balayer mon visage à toute volée. Tendre l'autre joue ? Pour un baiser seulement, sinon baisser la tête et attendre que la tempête se
calme. Parce qu'elle s'apaise, parfois. Si j'ai
laissé dériver le tumulte d'un point à l'autre de mon corps, il parait alors assez fatigué de sa course pour laisser place à un apaisement, une confiance, un lacher prise. Peut-être est-il indispensable de laisser rugir la bête, hurler à la mort la femme
sauvage...
Je reprends d'instinct le livre de Clarissa Pinkola Estes, Femmes qui courent avec les Loups, et j'ouvre une page au "hasard". Je lis, page 629 :
...Si vous êtes sur le point de tout quitter, de prendre un risque, d'oser briser les interdits, creusez le plus profond possible,
déterrez un maximum d'os, faites fructifier les aspects sauvages et naturels des femmes, de la vie, des hommes, des enfants, de la terre.
Servez-vous de votre amour et de vos bons instincts pour savoir quand gronder, bondir, donner un violent coup de patte, quand tuer, quand battre en retraite....
... Pour hurler comme les loups, il faut beaucoup plus de "canto hondo", de chant profond...
... Toutes, nous pouvons affirmer notre appartenance au clan ancien des cicatrices, arborer fièrement les cicatrices de nos
combats, écrire nos secrets sur les murs, refuser d'avoir honte, montrer le chemin vers l'issue. Ne nous usons pas à être en encolère. Au contraire, laissons cette colère nous rendre
fortes...
... N'oublions pas que le meilleur ne doit pas rester caché...
... Alors sortez du bois, où que vous soyiez. Laissez derrière vous de profondes traces, vous le pouvez.
... Pardonnez autant que vous le pouvez, oubliez un peu, créez beaucoup...



Traverser le fleuve
et les flammes, eau et feu
sans craindre le tourment.
A6 - 23 aout 2M7 - anaka ©
Au milieu des grandes peines
s'élève un trésor. Il luit.
... n'est-ce pas que l'avenir se dérobe toujours, même aux voyants, aux prédicateurs, au cassandre aveuglées par leurs visions intérieures ? Il revêt les formes de nos désirs, mais ils sont si changeants, nos désirs, qu'un rien les déshabille. Et l'avenir alors, se dépouille aussi de ses possibles pour courir à travers d'autres champs. L'ignorance est peut-être le secret du moment présent. Ne pas savoir, céder seulement au mystère de ce qui est, ou de ce qui pourrait être, sans même attendre que "ça se passe". Tout arrive, rien n'arrive, et ce temps qui passe n'est plus en fuite, il n'y a rien à fuir...
Empesé de silence
L'ange déchu ploie sous le poids
de l'ignorance.
A6 - ange déchu - anaka 2M7 ©
Elle passe son temps à tenter
D'oublier ce qu'elle sait trop.
Vu le film 21 grammes hier. Ce serait le poids que nous perdons au moment exact où nous quittons la vie. Le poids de notre âme ? Est-ce que l'amour quand il s'en va, nous allège aussi ? Est-ce que nous nous délestons d'un peu de lourdeur quand nous cessons d'aimer, d'espérer, de fantasmer sur un autre ? Est-ce que nous gagnons en légèreté ce que nous perdons en inconscience ? Etrangement il me semble me rappeler aussi que lorsque nous tombons amoureux, nous nous sentons léger, léger... Alors cet amour mal digéré, ou mal partagé finirait par peser le poids d'un âne mort. Expression savourée dans toute son image. C'est très lourd un âne mort. Et où donc va peser notre âme, lorsqu'elle quitte notre corps ? Peut-être est-ce elle qui rend si pesante l'atmosphère alentours, à l'heure entre chien et loup, où les âmes grises, les âmes délaissées entament leur mélopée et murmurent sous les brumes leurs regrets éternels. Il est temps de les laisser s'envoler plus haut dans la stratosphère, rejoindre les angelots, et passer à autre chose. Un anne vivant...
ll pleut dans mon coeur
Comme il pleut sur nos cimes.
Ruissellent les pensées...
après-midi pluvieux à la villette. Deux petites filles sourient...
Photo anaka 2M7 ©
Un bout de bleu dans le ciel ?
Et germe une graine de bonheur.
La météo est capricieuse, tout comme les coeurs à l'abandon... Dans le grand chaos blanc du ciel, perce un petit bout de ciel bleu. Et voilà que traversent, comme des mouettes en plein élan, des envies de bonheur, des élans de gratitude. Et, semblable à un vol de canards sauvages, une foi, immense, ailée, vaste comme l'univers qui m'abrite. Je n'attends plus demain pour sourire, aujourd'hui est un bon jour...
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