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Samedi 8 septembre 2007

Les mains de peinture

font des éclaboussures

dans le blanc des mots


Retour à la couleur, 5 septembre,  photo anaka 2M7 ©



Les phrases emprises sous la glace

apaisent le feu des pensées.


Encore deux nouveaux plexis aujourd'hui. J'ai passé le texte à la couleur comme pour lui donner plus de vie, les mots sautant d'un bleu à un rouge, puis un gris poursuivi par un rose épais, un orange saluant le violet de ses pointes, le bleu profond alterne avec un vert timide. Tout cela pour poser ma peine et mon espoir, faire le deuil d'un impossible et retrouver le chemin de ce qui est vraiment. Je me sens en joie, comme on se sent en paix. Quelque chose est réglé, compris, il n'y a plus rien à dire, ou à faire. Simplement avancer le plus au milieu de moi-même, sur le chemin de mes désirs, il y en a tant, cueillir un espoir, saisir un projet, sourire à un possible qui surgit entre deux doutes... J'ai trouvé une nouvelle technique pour mettre en couleur mes fonds, utiliser le plastique de couleur qui apporte une folie géométrique insoupçonnée. Les lettres se mélangent au fond, certaines bondissent en avant, soulevées par une bande jaune qui les transperce, d'autres se diluent dans des losanges de gris nuages aux angles acérés... J'ai bien aimé. J'aime bien encore. En décembre une nouvelle expo, un autre drôle de travail inattendu qui se propose, la musique, peut-être, en février... La vie reprend, généreuse, riche, inattendue... tandis que s'étiole mon amour.

vendredi 7 septembre, devant l'atelier. photo anaka 2M7©

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Vendredi 7 septembre 2007

L'épouvantail rit

des frayeurs qu'il inspire

aux piafs sans cervelle...

Epouvantail du jardin des Plantes, Paris aout 2007 anaka ©


Je m'envole jusqu'à toi

pour caresser tes blessures.

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Jeudi 6 septembre 2007

Saint Jan à l'auréole

Accorde-moi ta lumière

et tes pensées tendres...


Saintjan photobricolage  06.07.2M7 anaka ©


Sur l'écran noir je devine

Un coeur à la peau d'ange.

J'ai peint. Hier. Enfin, la couleur est revenue, jusque sous les ongles. J'ai tracé les mots en couleurs et les couleurs en écharpe pour les réchauffer... Revêtir de mes bouts de plastiques les phrases aux larmes qui s'écoulent, couverture de survie sur un corps inanimé, je reprend des forces. J'ai senti la gaité, et le paysage intérieur qui frémit sous les caresses d'un vent d'ailleurs.
Hier enfin j'ai trouvé une clé pour sortir de cette geole de sentiments, me dépouiller de toute attente, jeter mes oripeaux de dépendance et saluer mon souffle comme le tout premier. Encouragez-moi, qui me lisez, j'ai envie de marcher à grand pas sur mon chemin sans me retourner, sans craindre le chatiment d'un tout-puissant usurpateur. Mon coeur est tout à moi, et le donner je le puis désormais. Ou encore, le garder, au secret, tendre et confiant...



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Lundi 3 septembre 2007

Réveil aux aurores.


Le coeur empli de spasmes

bat la chamade.





Un coeur qui bat, c'est bon signe.

Mais s'il pouvait battre moins fort...


J'observe le va-et-vient des émotions, comme un torrent après les grandes crues. Parfois la colère, aussi noire qu'un tronc d'arbre foudroyé, flotte au-dessus d'un lac glauque d'incohérences. Les idées jaillissent en tous sens, comme des poissons fébriles. Un ours y trouverait une belle pitance. Il y a dans le limon de ma pensée la certitude de faire le bon choix, m'éloigner de la souffrance et de l'impossible, renoncer enfin à une chimère indomptable. Demeure pourtant de la taille d'une luciole l'espérance que tout pourrait guérir et enfin commencer. Mais qui croit aux fées Clochette ! Ce n'est qu'un insecte phosphorescent, et mes rêves sont aussi creux que l'écorce rongée par les termites... Je demeure en éveil, somnambule écorchée dérivant dans un quotidien sans substance. Ii faut remplir de sens les heures vides d'espoir, les silences sans prière. La douleur est un manteau de chair un peu lourd sur les épaules, mais dont les pans longs jusqu'au sol me protègent de la crédulité. Je ferme le poing sur ma rage et mon impuissance, je serre les dents à en briser un os aussi sec qu'un fossile. Les images sont brutales, je sens les gifles de la déception, de l'amertume, de la frustration, balayer mon visage à toute volée. Tendre l'autre joue ? Pour un baiser seulement, sinon baisser la tête et attendre que la tempête se calme. Parce qu'elle s'apaise, parfois. Si j'ai laissé dériver le tumulte d'un point à l'autre de mon corps, il parait alors assez fatigué de sa course pour laisser place à un apaisement, une confiance, un lacher prise. Peut-être est-il indispensable de laisser rugir la bête, hurler à la mort la femme sauvage...



Je reprends d'instinct le livre de Clarissa Pinkola Estes, Femmes qui courent avec les Loups, et j'ouvre une page au "hasard". Je lis, page 629 :

...Si vous êtes sur le point de tout quitter, de prendre un risque, d'oser briser les interdits, creusez le plus profond possible, déterrez un maximum d'os, faites fructifier les aspects sauvages et naturels des femmes,
de la vie, des hommes, des enfants, de la terre. Servez-vous de votre amour et de vos bons instincts pour savoir quand gronder, bondir, donner un violent coup de patte, quand tuer, quand battre en retraite....
... Pour hurler comme les loups, il faut beaucoup plus de "canto hondo", de chant profond...
... Toutes, nous pouvons affirmer notre appartenance au clan ancien des cicatrices, arborer fièrement les cicatrices de nos combats, écrire nos secrets sur les murs, refuser d'avoir honte, montrer le chemin vers l'issue. Ne nous usons pas à être en encolère. Au contraire, laissons cette colère nous rendre fortes...
... N'oublions pas que le meilleur ne doit pas rester caché...
... Alors sortez du bois, où que vous soyiez. Laissez derrière vous de profondes traces, vous le pouvez.
... Pardonnez autant que vous le pouvez, oubliez un peu, créez beaucoup...

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Samedi 1 septembre 2007

Une conversation

usuelle entre ma grande et moi.

La vie en famille...

A5 - juillet 2M7 - anaka ©

Mes filles, je les kiffe grave

comme elles le disent souvent...




mail de math du 31 aout 2007, un soir à l'heure du repas...
 
voila la t'en as et si tu en cherches des precises tu mets le nom de la
chanson dans recherche, mais avec ton ENORME cerveau tu comprendras toute seule, sinon vu que en criant mon nom je viens t'aider meme si, tu dois le savoir, je suis a peu pres a 5 metre 06 de ta chambre, j'dis 06 mais ca peut etre bien etre 065584281 enfin tu vois un truc pas trop en detail. Euh sinon, j'te precise que j'aime pas les concombres et que si mes doigts de pied etaient suédois et bhen je serais surement suedoise moi aussi, sauf
s'ils font bande a part, c'est à dire qu'ils se détachent de moi meme, ce qui serait un probleme pour ma stabilité corporelle...
Comme a l'heure qu'il est on va bientot manger, j'te souhaite bon appétit, par contre si dans ta condition tu le recois alors que c'est l'heure de dormir, j'te conseille de regarder Babel et j'te souhaite Bonne nuit, par contre si tu le lis en te reveillant, à ce moment la je te dirais delicatement (oui parce que le bonne nuit est toujours plus bourrin que le passe une bonne journée vu que c'est le soir et que c'est la fin de la journée donc t'es plus de la meme humeur tu piges ?) de passer une bonne journée et de te regaler avec tes biscottes !
Voila bon ecoute il va falloir que tu arrétes de me aprelr, la j'aimerais bien aller recupérer le linge en haut ET en bas, donc laisse moi tranquille ! QUOI HEIN PARDON ?, tu veux pôs me laisser c'est ca ? QUOI WAAA REBELLE !
bon aller Fat poutoux (ca veut dire gros bisous en languages d'adolescents demembrés) et a tout de suite, enfin a tout de suite c'est ephemisme (je suis pas sure que ce mot aille tres bien là) puisque si tu le recois ds la nuit tu me verras plusieurs heures apres, donc c'est pas tout de suite ... mais comme je pense te voir ds 10 secondes top creuunos, ds la cuisine c'est carrément l'instant meme je dirais !
TCHUUU (quoi t'as jamais lu Titeuf ?)
PEACE LOVE ! (bhen t'as jamais eu 12 ans ?)
Bon bref A plus maman, enfin a plus, a tout' quoi !
KISS FAT POUTOUX MEGA GIGA OUF DE REBELLE BISOUS !

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Vendredi 31 août 2007

Ne pas se perdre

en doutes, quand tant d'écueils

parsèment ma route.


A6 - 23 août 2M7 - anaka
©

Un deux trois... Je compte les pas

Que je n'ai pas su faire.


Ca ne m'empêche pas, de marcher, de me lever,  de sentir germer des idées de couleurs, de formes, de mots. Mais il y a un poids comme cette douleur dans mon épaule qui paralyse mon bras droit depuis quelques mois. Il bouge encore, ce bras, mais empesé et souffrant. Je ne peux plus compter sur lui pour me porter, il pourrait lâcher quand je m'appuie. La nuit il me réveille et me harcèle, je me tourne et me retourne, et l'élancement envahit jusqu'à mes doigts. Depuis quelques jours la gêne est quasi constante... Je n'aimerais pas ne plus nager comme avant, ces kilomètres avalés quatre fois par semaine dans un crawl régulier, le plaisir d'y puiser peu à peu un rythme dans lequel je m'absorbe jusqu'à me vider de toute pensée agitée. Juste nager.
Je me souviens tout à coup de ce texte écrit il y a longtemps... Le voici, au thème très à propos. Une femme nage pour s'éloigner de son amour perdu...


SIRENE DE LARMES


Un bateau dans une anse, au loin, point minuscule sur une mer d'huile. Ciel clos d'une nuit sans étoiles, minuit peut-être.
Une silhouette floue oscille sur le pont arrière. Petit bruit sec et mouillé d'un long plongeon, rencontre de deux éléments. L'eau s'est refermée sur le corps gracieux et rejette presque aussitôt les longs cheveux flottants. La lutte commence. Les bras entament leur folle course, l'un après l'autre projetés. Les pieds battants créent des petits jets bruissants. Nage, nage.
Cent cinquante mètres. Déjà le souffle s'est fait plus court. La palme râpe le dessus du pied. Douleur. Les mouvements se désaccordent et les gestes se précipitent. La tête fait surface vivement comme pour happer plus d'air encore. Un point sur le côté. Oublier, oublier son corps, l'esprit entier obscurci. Des mains grandes ouvertes, écarter l'eau et se propulser un peu plus avant. Trois cents, quatre cents. La tête bourdonne, les bulles glissent le long des joues comme des larmes de tempête. Comme c'est loin encore ! L'orage gronde dans la poitrine, le cœur bat la chamade. Six cents cinquante, sept cents.....
Une main énorme a saisi sa bouche. Un coup de couteau à chaque mouvement. Aspirer, souffler, tenir bon. Encore quelques dizaines de mètres pour asphyxier sa douleur. Compter, compter sans cesse avec acharnement, un mètre à chaque mouvement. Mille, mille cent, mille deux cents...
La douleur a fui. Anesthésie. Les gestes sont amples, le corps délié, la tête vidée jusqu'à l'inconscience. Les yeux mi-myopes derrière les lunettes embuées fixent l'horizon flou. Glisse, glisse, de plus en plus fluide. Le mouvement s'accélère, l'effort est facile, la progression aisée. À peine deux cents mètres encore. Un bras plonge, le pied frappe gaillardement la surface lisse.
Au bout du bras tendu, la terre ferme. La palme courbée heurte le sable mou. Elle trébuche, se laisse couler tout entière, puis saisit de ses deux mains les prothèses malhabiles. Les orteils délivrés tâtonnent timidement dans l'eau sombre, et s'enhardissent. Le torse émerge enfin. Elle s'ébroue doucement et lisse ses cheveux. Les lunettes ont laissé comme deux cicatrices intenses sous ses yeux. Elle flotte encore sur le sol soudain ferme. Elle tangue, esquif à la dérive emporté par les courants facétieux. Chassés à droite, entrechats à gauche, tantôt elle avance, et tantôt recule en un menuet chaloupé et baroque, fine silhouette divagant dans le crépuscule. La danse étrange l'éloigne peu à peu du grand drapé bleu. L'air vif mord sa peau encore humide. Frissonnante, elle s'enfonce dans la nuit.
Au loin dans la lumière crue, un petit point flou paraît tanguer à n'en plus finir.
Deux mille mètres en apnée.
Deux mille mètres pour noyer son amour déchu dans l'eau salée.


 
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Jeudi 30 août 2007

Traverser le fleuve

et les flammes, eau et feu

sans craindre le tourment.


A6 - 23 aout 2M7 - anaka ©

Au milieu des grandes peines

s'élève un trésor. Il luit.


... n'est-ce pas que l'avenir se dérobe toujours, même aux voyants, aux prédicateurs, au cassandre aveuglées par leurs visions intérieures ? Il revêt les formes de nos désirs, mais ils sont si changeants, nos désirs, qu'un rien les déshabille. Et l'avenir alors, se dépouille aussi de ses possibles pour courir à travers d'autres champs. L'ignorance est peut-être le secret du moment présent. Ne pas savoir, céder seulement au mystère de ce qui est, ou de ce qui pourrait être, sans même attendre que "ça se passe". Tout arrive, rien n'arrive, et ce temps qui passe n'est plus en fuite, il n'y a rien à fuir...

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Mercredi 29 août 2007

Empesé de silence

L'ange déchu ploie sous le poids

de l'ignorance.

A6 - ange déchu - anaka 2M7 ©

Elle passe son temps à tenter

D'oublier ce qu'elle sait trop.


Vu le film 21 grammes hier. Ce serait le poids que nous perdons au moment exact où nous quittons la vie. Le poids de notre âme ? Est-ce que l'amour quand il s'en va, nous allège aussi ? Est-ce que nous nous délestons d'un peu de lourdeur quand nous cessons d'aimer, d'espérer, de fantasmer sur un autre ? Est-ce que nous gagnons en légèreté ce que nous perdons en inconscience ? Etrangement il me semble me rappeler aussi que lorsque nous tombons amoureux, nous nous sentons léger, léger... Alors cet amour mal digéré, ou mal partagé finirait par peser le poids d'un âne mort. Expression savourée dans toute son image. C'est très lourd un âne mort. Et où donc va peser notre âme, lorsqu'elle quitte notre corps ? Peut-être est-ce elle qui rend si pesante l'atmosphère alentours, à l'heure entre chien et loup, où les âmes grises, les âmes délaissées entament leur mélopée et murmurent sous les brumes leurs regrets éternels. Il est temps de les laisser s'envoler plus haut dans la stratosphère, rejoindre les angelots, et passer à autre chose. Un anne vivant...

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Mardi 28 août 2007

ll pleut dans mon coeur

Comme il pleut sur nos cimes.

Ruissellent les pensées...

après-midi pluvieux à la villette.  Deux petites filles sourient...
Photo anaka 2M7
©


Un bout de bleu dans le ciel ?

Et germe une graine de bonheur.


La météo est capricieuse, tout comme les coeurs à l'abandon... Dans le grand chaos blanc du ciel, perce un petit bout de  ciel bleu. Et voilà que traversent, comme des mouettes en plein élan, des envies de bonheur, des élans de gratitude. Et, semblable à un vol de canards sauvages, une foi, immense, ailée, vaste comme l'univers qui m'abrite. Je n'attends plus demain pour sourire, aujourd'hui est un bon jour...
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Samedi 25 août 2007

Trop de temps passé

à penser pour les autres.

Inutile et vain.



Une pensée n'appartient

qu'à celui qui la possède...


 


L’offrir, surtout seule, c’est apporter son affection. C’est comme elle dire : « je pense à vous » et ajouter : « souvenez-vous de moi ». Mais la pensée nuance ses messages selon ses couleurs rares. Violette, elle invoque « l’amour et la confiance », pourpre, « les sentiments profonds », jaune, « l’espoir du bonheur », blanche  « l’estime  et le respect ».
Elle ne laisse pas indifférent et mérite qu’on regarde de près son visage de velours, petit visage mystérieux tourné vers celui qui la cueille. Il semble poser plus de questions qu’il n’envoie de messages....


Tanka : anaka 2M7
Illustrations et texte ci-dessus : http://www.florelou.com


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