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Dimanche 4 novembre 2007



Au fond de mon coeur


git un roi-homme endormi


qui veille sur mes rêves.


W.kingbird.jpg
A5 dessin sur papier recoloré - juillet 2M7 anaka ©


Il s'ignore tout-souverain,


le gardien de mes songes.


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Vendredi 2 novembre 2007

Ah dis-moi la bête

Suis-je celle en ton regard

Qui te fait gronder ?

A5 dessin sur papier octobre 2M7 anaka ©


Dans son silence, la bête

Sait faire preuve d'éloquence...


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Mercredi 31 octobre 2007

Cette manie de fuir


même quand la grosse bête est


en papier mâché...


W.pourfuite.jpgDessin sur papier journal, octobre 2007 anaka ©


Je la maintiens à distance

à coups de mots, mauves essors...
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Mardi 30 octobre 2007

Movment, le salon  de coiffure de Natacha

habille ses tout nouveaux murs de mes plexis,
du 2 novembre au 31 décembre.

MovmentInviteMail.jpg

Un lieu de beauté pour présenter mes couleurs... et
de quoi lire en attendant que prenne la permanente !


W.movment.jpg

J'aime exposer dans des lieux inattendus,
des espaces où s'épanouit la serendipité,
assez décalés pour ouvrir à  l'imaginaire.


W.movmentplan2.jpg
Si vous passez par Genève,
n'hésitez pas à vous arrêter...

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Lundi 29 octobre 2007

Je plonge, je nage


Dans le tumulte intérieur


des lames, des épées

W.noyage.jpgdessin sur papier journal oct2M7 anaka ©



J'y croise des naufragés

Aux poumons pleins de larmes



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Dimanche 21 octobre 2007

De modestes pensées

Se promènent d'Est en Ouest

Par delà nos mondes


A4 collage - 14 octobre. 2007 -  anaka ©


Elles brodent le rare canevas

 des tendresses inavouées




Peut-être sont-elles qui nous sauvent, ces pensées muettes qui nous sont adressées en secret, ce petit sifflement dans l'oreille qui nous dit en souriant, oh quelqu'un pense à toi. Parfois il suffit simplement d'imaginer que cet inconnu autrefois familier, aujourd'hui untel sans nom ni visage, a lancé dans l'air une pensée qui nous caresse d'une brise impalpable. Le frémissement d'une feuille sur lequel l'oeil s'arrête, le vol d'un oiseau qui emporte notre regard, autant de petits échos à une pensée silencieuse qui chemine, inlassablement, jusqu'à son destinataire. Car pour peu qu'on tende l'oreille, que l'on prête attention au monde, elles nous parviennent toujours, ces pensées gracieuses. Elles réussissent toujours à se glisser jusqu'à nous, ces pensées courageuses. Elles nous cherchent et nous rejoignent, ces pensées audacieuses. Pas forcément sous la forme qu'on leur prête, et c'est là toute la magie du monde. Au lieu d'un mot depuis l'origine, une rencontre insolite. A la place d'un échange attendu, un partage inespéré. L'inattendu tisse la toile de tous les possibles, dans son champ germent des graines d'espoir, des bourgeons de rires, de minuscules foetus d'humanité. Tout circule, s'en va puis revient, tout retourne en son centre. Au coeur des tempêtes, au beau milieu des typhons, l'oeil du cyclone emporte avec lui les scories et nous lave de nos dernières réticences, de nos désenchantements, de nos maladresses. Alors à l'embryon s'offre une nouvelle naissance.

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Jeudi 18 octobre 2007

Hé, la bête, tu rodes

comme une voleuse affamée

en quête de pitance


A5Collageoct2M7.jpgA4 collage - 14 octobre. 2007 -  anaka ©


Mon corps n'est pas ton domaine.

Passe ton chemin, la bête.


Mauvais rêve. J'avais une tumeur dans le ventre, j'étais opérée, deux fois, consciente, je craignais le retour de la maladie. J'entendais les médecins me confirmer la rechute. Je me suis réveillée emplie encore de cette crainte. A quel point la peur seule peut anéantir toute énergie... Où commence l'intuition, où finit l'inquiétude. Attention, danger.
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Mercredi 17 octobre 2007

Des formes sont en toi,

Elles créent des mondes, des espaces

où tu voyages.

A4Collage1Oct2M7.jpg
A4 collage - 14 octobre. 2007 -  anaka ©


à ces points, à ces lignes,

il te faut t'accoutumer...



Le vrai
centre d'un cercle
est un point. Or le point est sans
position et sans dimension, situé par-delà
notre monde. Cerce et sphère prennent naissance
en lui, ils en sont la manifestation. Le stade de la potentialité
y atteint son développement formel. La loi du monde est le mouvement,
celle du centre est l'immobilité. La vie est une perpétuelle danse autour du
milieu du centre, une incessance circumambulation autour de l'invisible. Chacun
est à la recherche de son centre, mais où trouver ce point ? Nulle part puisqu'il
est sans position. Partout puisqu'il est le fondement de toute chose. La circumambula-
tion autour de l'invisible est le modèle archétypal de la vie. Pour pouvoir saisir et appré-
hender la matière, connaître la dimension est indispensable. Sans les formes visibles l'in-
visible ne peut se révéler. L'univers visible est l'instrument qui permet le contact avec la
transcendance. Roue de la vie et mouvement, image de l'univers naissant à tout instant du
centre unique, s'étendant vers la périphérie et en même temps ramenant la multiplicité
vers le centre unique. A l'extérieur comme à l'intérieur, dans quelque domaine que ce
soit on rencontre les mêmes structures de base.   Ce modèle fondamental, chacun
de nous le porte en soi et le reconnaît comme représentation de la vie.   L'un, le
centre, échappe à toute représentation intellectuelle. Il est vivant en chacun
de nous, mais ni la volonté ni l'intellect ne peuvent nous en faire prendre
conscience. Même si les mots ne facilitent pas notre cheminement
vers l'essentiel, paradoxalement ils nous en rapprochent par
leur  seule  tentative de l'énoncer.  Dans ce voyage au
coeur de l'homme, il est bon de s'aventurer en des
terres étrangères, car notre quête du centre
unique  nous  ramène  toujours  à
l'endroit  précis d'où nous
sommes initialement
partis.

Texte reproduit sur les  plexis ronds  d'anaka,
écrit d'après les pages de Rüdiger Dahlke
extraites de : Mandalas : comment retrouver le Divin en soi



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Mardi 16 octobre 2007

Dans le creux du banc

dorment en empreintes les séants

qui ont pris la pause...


A4Collage3Oct2M7.jpgA4 collage - 14 octobre. 2007 -  anaka ©


Dans toutes les mémoires du monde

S'y asseoient les souvenirs.



Un petit hommage au génial Gotainer.
L'année de mon bac, cette chanson irrésistible.
Depuis je ne peux plus regarder un banc
sans penser à ces trois vieux papis qui papotent et qui pètent...
 
Trois vieux papis

Trois vieux papis tout vermoulus
Sur un très vieux banc tout moussu
Parlaient de la pluie et du temps.

Par ici la terre est très dure
Disait l'Arthur
Même les corbeaux volent à l'envers
Pour ne point voir la misère.

Et ta sœur elle vole à l'endroit
Répondit le Prosper
Un oiseau ça doit planer droit
C'est marqué dans le dictionnaire.

Un coup je lance ma casquette
Un coup je vais la rechercher
Lâcha le Dédé
Y'a les ceusses qui rient quand ils pètent
Et ceusses que l'oignon fait pleurer.

Trois vieilles branches toutes tordues
Sur un très vieux banc tout moussu
Papotaient pour se faire du vent.

Il n'y a point d'amour qui dure
Disait l'Arthur
Ça vous met le cœur en calanche
L'amour c'est pas toujours dimanche.

T'as donc pas connu la Lulu
Répondit le Prosper
Tu vois toujours tout en austère
Remémore-toi donc son joufflu.

L'amour c'est un peu la galère
Mais il y fait bon ramer
Lâcha le Dédé
L'amour c'est juste un poil amer
C'est du bonbon acidulé.

Trois vieux bandits encore poilus
Entre le vert et le chenu
Se racontaient le French Cancan.
Y'avait l'Arthur
Y'avait le Dédé
Y'avait le Prosper.

La vie c'est pas de la confiture
Disait l'Arthur
C'est dur
Des fois j'en mangerai mon galure.

Tu dors comme tu fais ta litière
Répondit le Prosper
Plutôt que bouloter ta visière
Ben, t'as qu'à manger du camembert.

C'est pas que je m'ennuie, mais je me fais chier
Disait le Dédé
Oyé
Vous me gonflez, je m'en vas rentrer pour souper. [prout!]

Trois vieux papis sous un platane
Les deux mains sur le pommeau de la canne
Le seul pépé, c'était le Dédé
Oyé
Les deux pépères, c'étaient l'Arthur
L'Arthur et le Prosper
Oyère

Trois vieux papis
Trois papis papotaient
Papotaient pour se faire du vent.

Richard Gotainer, 1982.

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Lundi 15 octobre 2007

Et le renard dit :


S'il te plaît... Apprivoise-moi.

Je serai pour toi...

A6CollageOct2M7.jpgA6 collage - 14 octobre. 2007 -  anaka ©


Je serai pour toi unique

Pour toi unique au monde.





-Qui es-tu? dit le petit prince. Tu es bien joli…
-Je suis un renard, dit le renard.
-Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
-Ah! Pardon, fit le petit prince.
Mais après réflexion, il ajouta :
-Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
...
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie "Créer des liens… si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
-S'il te plaît… apprivoise-moi! dit-il.
...
-Que faut-il faire? dit le petit prince.
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le petit prince.
...
- Voici mon secret, dit le renard. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
... Les hommes ont oublié cette vérité. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé…


 
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