Parfois je me risque
Aux confins de tes secrets
Dans l'inconscience
A6 - esquisse - novembre 2M7, anaka ©
Ce que je cherche à savoir,
c'est un aveu d'ignorance...
C'est un aveu de faiblesse,
Ce manque de confiance qui me perd moi-même...
Toujours vouloir savoir, attendre des réponses, comme si un mot un seul suffisait à faire disparaître ce doute qui me gangrène,
C'est un aveu de détresse,
Ces questions posées à la voilée, ces interrogations volées entre deux badinages, ces petites traques de mot entre deux innocences, qui voudraient me persuader que j'ai raison de garder mes
distances, installer mes défenses, ériger haut mes murs et feindre le détachement
C'est un aveu d'épuisement,
Cette lassitude immense, à force de lutter contre l'incertitude. Elles n'ont pas de trêve les querelles d'ectoplasmes. Je chevauche au grand galop les déserts de silence. Les propos
sans écho ricochent sur des élucubrations échevelées.
C'est un aveu d'ignorance,
Car au plus profond de mes délires intérieurs, j'ignore où je demeure, petite poucette aux mies de pain mangées par les oiseaux de mauvais augure...
Mercredi 28 novembre 2007
Parfois on est gauche,
Et la grâce de la maladresse
Révèle les secrets
A4 Couple dessiné Yeux Fermés, novembre 2M7, anaka ©
Comme si la main innocente
Etait la seule à savoir...
Sure, la main adroite
Dessine les certitudes
Sans hésitation
A4 Couple dessiné Yeux
Ouverts, novembre 2M7, anaka ©
La certitude construit
le nid des désillusions.
Petite application d'un drôle d'exercice créatif : Dessiner les yeux fermés une image. Puis sans regarder le résultat, dessiner ensuite la même représentation les yeux ouverts.
Généralement il est plus aisé de commencer par dessiner une silhouette, ensuite reproduite l'exercice avec un animal ou un objet, une fleur. Enfin un dessin éventuellement plus complexe.
Le résultat permet de comparer sa manière d'appréhender le monde, et la façon dont on le conçoit intérieurement. Travaillé régulièrement, il aide aussi à développer le rapport entre
expression intérieure et expression extérieure. De plus en plus il traduit dans le dessin les yeux fermés une vérité, un état que la conscience des yeux ouverts n'autorise pas à exprimer.
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Ma peur me poursuit comme un fauve affamé. Pour ne pas être dévorée, je dois lui donner de ma substance pour apaiser son appétit insatiable. La sustenter de mes
doutes, la contenter de mes appréhensions. Et plus je la nourris, plus elle grossit et prend du poids dans ma vie. Ma peur est un trou noir qui se nourrit du néant, et menace mon existence de
sombrer dans le désespoir.
Mais j'ai entendu où se niche ma peur. Elle a pris en otage une enfant sans défense, qui demeure tapie en silence au fond de mon coeur, sans mot dire, sans bouger tant elle craint de
déranger. Car provoquer un agacement la condamne à la mort. Trop vivre la menace d'être supprimée. La petite respire à petites bouffées, son corps tremble par intermittence, elle tangue et
chavire pour ne pas sentir la grelotte.
Je me suis approchée, très doucement. J'ai pris contre moi la petite âme qui reposait d'un sommeil agité et craintif. Je n'ai rien dit. J'ai seulement souri, attendrie, j'ai juste senti que
je l'aimais ainsi, malgré sa douleur, malgré ce qu'elle porte et garde en moi.
J'ai songé que j'avais de la chance de ne plus être cette petite fille.
Je suis grande, maintenant.
Je peux prendre soin d'elle.
...
Dans mon paradis
il y a des sourires
et des yeux clignés
A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
et des enfants qu'on s'aime
comme au tout premier souffle
Au tout premier souffle, on aime. Peut-être est-il possible de garder cette
respiration-là. Celle qui aspire tout le possible possible, et expire toute impatience, tout agacement, pour laisser place à la curiosité de l'autre et seule la curiosité...
J'ai entendu les mots de l'ange. J'ai senti en moi que la colère épuisait les dernières respirations. La colère et puis aussi l'attente. Je ne me rappelais plus ce que j'attendais encore, comme
figée sur un quai de gare sans train à venir. Je me souvenais seulement de cette envie de bonheur qui bourdonnait encore en moi. J'avais, presque palpable devant mes yeux, un éclat de rire en
formation. J'entendais alentours le chant de l'envie gourmande, du plaisir. J'aurais pu lécher mes babines si j'avais été chat.
Alors j'ai pris une seule bouffée d'air, dense et juste, et j'ai respiré de nouveau, comme au tout premier souffle...
Dimanche 25 novembre 2007
Comme au fond d'un rêve
perdue entre deux mondes
je nage à plusieurs.
Dessin sur papier journal - novembre 2M7, anaka
©
Somnambule schizophrénie.
Est-ce dans ma vie que je dors ?
est-ce ma vie que je rêve les yeux grands ouverts sur ce que je crois être et qui n'est pourtant pas est-ce de jour que je fuis
dans une existence onirique au point d'irréaliser la seule la vraie réalité je ne sais plus si ce que je vis est vrai ou bien est-ce un mensonge un songe qui sonne creux comme un décor de
cinéma parfois je m'interroge est-ce ma vraie vie qui s'écoule ainsi jour après jour dans l'incompréhension jusqu'à l'incohérence je crois parler mais mes mots s'évanouissent dans un néant
brumeux avant d'atteindre celui à qui je les destine je pose des questions qui s'envolent gracieusement dans le mutisme et la densité des non-réponses me noie l'épaisseur du silence
m'endort je perds conscience égarée dans la matrice flottant entre deux mondes étirée entre veille et sommeil qui est celle qui vit où est celle qui rêve qui peut me dire quand le réel se fait
jour pour qu'alors je me laisse sombrer dans le sommeil au seuil de mon épuisement parfois j'appelle mais nul ne répond ou bien les mots se perdent en cours et je n'ai pas entendu encore une
fois je ne sais plus quand j'éteins la lumière le soir je plonge dans l'inconscience celle-là seule qui me rappelle nuit après nuit qu'il y a une chose que je sais mais dont je ne me rappelle
plus ce que c'est...
Dimanche 25 novembre 2007
Un radeau fleur
tangue sur un torrent d'alarmes
l'âme est en déroute
A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
entre deux écumes, les jours
fasceillent au gré des grands vents.
Fasseyer. Fassayer. Fasceiller...
Fasseyement.
Faseiement
Le voilier trop près du vent, la voile pas assez bordée ... la voile secoue légèrement ou plus le long de la draille ou près du mât au
guindant.
Naviguer au point de fasseyement veut dire garder le voilier dans une allure de façon à ce que les voiles ne fasseyent pas et
qu'elles soient sur le point de fasseyer, le voilier atteindra ainsi son maximum de vitesse.
Jamais vu un verbe qui s'écrive d'autant de façons différentes, à croire que c'est au gré du vent ! Chez les voileux, on trouve : Faseyer, faséier, fasier, faséer, fassier, fasayer ou fassayer. Selon les plus rigoureux puristes, soit Michel Barberousse, auteur du dictionnaire de la voile, il y a
qu'une seule manière de l'écrire : Fasseyer.
Enfin j'ai trouvé en ligne une nouvelle orthographe proposée par un coyote inquiet. Et c'est celle-ci que je préfère, dans l'idée de fasceillement émotionnel...
"Ce matin, je sais pas pourquoi, mais j'ai une saveur d'Asie dans le nez et on dirait que ma boussole pointe
Est, comme si le vent faisait fasceiller ce foc blanc qui pendait comme un drap de noces, calme comme un
écran à diapos."
Naviguer à vue, au point de risquer le tremblement. Voilà qui ressemble étrangement à l'embarcation frêle qui menace à chaque instant de nous
précipiter par-dessus bord. Et pourtant elle flotte encore, la coquille de noux, il tangue entre deux larmes, le radeau médusé, portant ses survivants à la gorge sèche et aux yeux délavés à
force de scruter l'horizon dans l'espoir d'un port d'attache, brûlées les pupilles par la lumière trop crue. La voile usée par les rêves, rongée par les faux songes, tremble fébrile comme un
mouchoir d'adieu dans une petite main rose et nue... Elle fasceille tout autant que vacillent les coeurs désarmés. Implorante et tendre, elle donne à éveiller l'envie de reprendre le cap, et de
gonfler les misaines pour rejoindre de toute urgence la côte de mon adam...
à mon jack, mon pirate, que j'embrasse de mes baisers salés...
Mercredi 21 novembre 2007
Les mots me manquent
Les e-cris en partage
Les aveus de vie
A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
Je vous envoie ce bouquet
De mes pensées en exil
Petit mot écrit hier soir...
Toujours en panne
Depuis dix jours, ma connexion refuse de me relier au monde électronique, je me sens nue sans la grande toile, seule avec mes pensées à dériver sur un océan sans couleur.
Pour la première fois j’arrive à écrire un mot, mettre une image en prévision de la prochaine borne internet que je croiserai, sous peu.
L’interruption de ligne a comme arrêté mon élan.
Comme un fil de fil qui s’est cassé et brisé les mots qui s’épanchaient naturellement, jour après jour. Mais voici qu’ils gonflent et gonflent en moi, bientôt je serai une outre de mot, un
réservoir de phrases en partance, un jerrican de sens, une citerne d’abondance verbales... Dépitées, les images restent là, à mi-parcours, sans leur fenêtre accueillante depuis laquelle elles se
jetaient hier encore dans vos regards, dénouant leurs tresses de détresse, ouvrant grand leurs bras de calligaphes, telles des Juliette de papier au balcon. Oui, j’ai hâte de reprendre le
contact.
Ce soir,
Retour au fil, à la toile, la connexion reprend, ouf, j'ai la sensation de retrouver un bout de mon univers qui me manquait cruellement... Je vous envoie ce mot écrit hier avant réparation, avec
le bonheur en moi de reprendre le fil, comme si mes idées tout à coup se dépliaient, s'étiraient, reprenaient leur droit de visite en ligne, leur devoir de vie-virtuelle. Juste un petit bout du
puzzle qui reprend sa place. Je vous sais là, quelque part, je vous envoie mon merci, ma gratitude, ma tendre amitié,
anaka
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