Comme au fond d'un rêve
perdue entre deux mondes
je nage à plusieurs.
Dessin sur papier journal - novembre 2M7, anaka
©Somnambule schizophrénie.
Est-ce dans ma vie que je dors ?
Dessin sur papier journal - novembre 2M7, anaka
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A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
Fasseyer. Fassayer. Fasceiller...
Fasseyement. FaseiementLe voilier trop près du vent, la voile pas assez bordée ... la voile secoue légèrement ou plus le long de la draille ou près du mât au guindant.
Naviguer au point de fasseyement veut dire garder le voilier dans une allure de façon à ce que les voiles ne fasseyent pas et qu'elles soient sur le point de fasseyer, le voilier atteindra ainsi son maximum de vitesse.
Jamais vu un verbe qui s'écrive d'autant de façons différentes, à croire que c'est au gré du vent ! Chez les voileux, on trouve : Faseyer, faséier, fasier, faséer, fassier, fasayer ou fassayer. Selon les plus rigoureux puristes, soit Michel Barberousse, auteur du dictionnaire de la voile, il y a qu'une seule manière de l'écrire : Fasseyer.
Enfin j'ai trouvé en ligne une nouvelle orthographe proposée par un coyote inquiet. Et c'est celle-ci que je préfère, dans l'idée de fasceillement émotionnel...
"Ce matin, je sais pas pourquoi, mais j'ai une saveur d'Asie dans le nez et on dirait que ma boussole pointe Est, comme si le vent faisait fasceiller ce foc blanc qui pendait comme un drap de noces, calme comme un écran à diapos."
Naviguer à vue, au point de risquer le tremblement. Voilà qui ressemble étrangement à l'embarcation frêle qui menace à chaque instant de nous précipiter par-dessus bord. Et pourtant elle flotte encore, la coquille de noux, il tangue entre deux larmes, le radeau médusé, portant ses survivants à la gorge sèche et aux yeux délavés à force de scruter l'horizon dans l'espoir d'un port d'attache, brûlées les pupilles par la lumière trop crue. La voile usée par les rêves, rongée par les faux songes, tremble fébrile comme un mouchoir d'adieu dans une petite main rose et nue... Elle fasceille tout autant que vacillent les coeurs désarmés. Implorante et tendre, elle donne à éveiller l'envie de reprendre le cap, et de gonfler les misaines pour rejoindre de toute urgence la côte de mon adam...
à mon jack, mon pirate, que j'embrasse de mes baisers salés...
série papier à lettres - novembre 2007 - anaka ©
Oui il me semble que ma langue est douée d'une vie autonome, parfois.
Les mots qui en sortent jaillissent avec le cynisme de la désespérance.
Entre désillusion et résignation, je cherche le chemin d'une autre voix.
Il me faut prendre des gants sur ma langue.
Avec toutes ces moufles accumulées mes propos perdent certainement de leur clarté.
de leur finesse.
de leur délicatesse...
A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
Petit mot écrit hier soir...
Toujours en panne
Depuis dix jours, ma connexion refuse de me relier au monde électronique, je me sens nue sans la grande toile, seule avec mes pensées à dériver sur un océan sans couleur.
Pour la première fois j’arrive à écrire un mot, mettre une image en prévision de la prochaine borne internet que je croiserai, sous peu.
L’interruption de ligne a comme arrêté mon élan.
Comme un fil de fil qui s’est cassé et brisé les mots qui s’épanchaient naturellement, jour après jour. Mais voici qu’ils gonflent et gonflent en moi, bientôt je serai une outre de mot, un réservoir de phrases en partance, un jerrican de sens, une citerne d’abondance verbales... Dépitées, les images restent là, à mi-parcours, sans leur fenêtre accueillante depuis laquelle elles se jetaient hier encore dans vos regards, dénouant leurs tresses de détresse, ouvrant grand leurs bras de calligaphes, telles des Juliette de papier au balcon. Oui, j’ai hâte de reprendre le contact.
Ce soir,
Retour au fil, à la toile, la connexion reprend, ouf, j'ai la sensation de retrouver un bout de mon univers qui me manquait cruellement... Je vous envoie ce mot écrit hier avant réparation, avec le bonheur en moi de reprendre le fil, comme si mes idées tout à coup se dépliaient, s'étiraient, reprenaient leur droit de visite en ligne, leur devoir de vie-virtuelle. Juste un petit bout du puzzle qui reprend sa place. Je vous sais là, quelque part, je vous envoie mon merci, ma gratitude, ma tendre amitié,
anaka
croquis sur A5,
novembre 2M7, anaka ©
A5 dessin sur papier recoloré - juillet 2M7 anaka ©
A5 dessin sur papier octobre 2M7 anaka
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Dessin
sur papier journal, octobre 2007 anaka ©
dessin sur papier
journal oct2M7 anaka ©
A4 collage - 14 octobre. 2007 -
anaka ©
Peut-être sont-elles qui nous sauvent, ces pensées muettes qui nous sont adressées en secret, ce petit sifflement dans l'oreille qui nous dit en souriant, oh quelqu'un pense à toi. Parfois il suffit simplement d'imaginer que cet inconnu autrefois familier, aujourd'hui untel sans nom ni visage, a lancé dans l'air une pensée qui nous caresse d'une brise impalpable. Le frémissement d'une feuille sur lequel l'oeil s'arrête, le vol d'un oiseau qui emporte notre regard, autant de petits échos à une pensée silencieuse qui chemine, inlassablement, jusqu'à son destinataire. Car pour peu qu'on tende l'oreille, que l'on prête attention au monde, elles nous parviennent toujours, ces pensées gracieuses. Elles réussissent toujours à se glisser jusqu'à nous, ces pensées courageuses. Elles nous cherchent et nous rejoignent, ces pensées audacieuses. Pas forcément sous la forme qu'on leur prête, et c'est là toute la magie du monde. Au lieu d'un mot depuis l'origine, une rencontre insolite. A la place d'un échange attendu, un partage inespéré. L'inattendu tisse la toile de tous les possibles, dans son champ germent des graines d'espoir, des bourgeons de rires, de minuscules foetus d'humanité. Tout circule, s'en va puis revient, tout retourne en son centre. Au coeur des tempêtes, au beau milieu des typhons, l'oeil du cyclone emporte avec lui les scories et nous lave de nos dernières réticences, de nos désenchantements, de nos maladresses. Alors à l'embryon s'offre une nouvelle naissance.
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