Rouge est la colère
D'un sang chaud qui bouillonne
Le front écarlate.
Rouge est sa couleur, homme au sang noir d'encre et de verve.
Lui me jette au visage sa rage et sa désillusion,
Et me condamne au virtuel.
Il me faudrait encore baiser ses pieds,
Adorer ses dithyrambes insensées,
Encourager le vacarme ?
Il y a trop de tumulte dans cette tempête sans larme
Nul ne veut désormais ouvrir son coeur aux putréfactions
Il n'y a plus la ressource, de jeter l'un contre l'autre
tandis que l'autre demeure tout contre l'un,
De faire violence
De se vêtir de reproches et d'amertumes
Rouge est son empreinte, un rouge passion qui consume
Je voulais mettre dans ton âme des couleurs
Avec la ferveur d'un coeur simple, colorier autrement
De mes mains de peinture tes éclaboussures
Tu peux m'effacer de ta page,
Faire comme si je n'étais rien
Rien qu'un songe au creux de toi
Faire comme si je n'existe plus, toi oh trop déçu de cette humaine de chair amoureuse sans complexe et divagant aux éclats changeants de chaque jour, rien n'est jamais pareil au réveil, je reviens d'un voyage qui me laisse tantôt pantelante, tantôt misérable, parfois encore attachée comme une prisonnière en lambeaux aux images du passé, je rêve de mon père qui me sourit dans le lointain sans pour autant me prendre dans ses bras, parti déjà sur un autre rivage, je vois passer parfois le papa de mes filles avec un gentil sourire mais lui non plus n'est plus, il s'échappe quand je tends mes bras oniriques, et disparait pour son ailleurs auquel je ne suis pas conviée, tous ces gens effacés, et gravés, omniprésents et lointains, leur amour en filigrane comme un filtre sans substance qui m'empêche de toucher les vivants avec ma peau ma chair, mon sang...
Tu peux faire comme tu veux,
Tu demeures en mon coeur mon magicien
Mon âme tendre à qui je dédie mes pensées.
Rose est la couleur
De la charnelle humaine
Au sang écarlate
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