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Dimanche 16 décembre 2007

Que peut-on faire

Quand le désir s'estompe

Sans trace, sans un mot ?



A6coll.nov.jpg
A6 - novembre 2M7, anaka ©


Est-ce que la flamme est morte,

Ou seulement en sommeil ?


Comment savoir....
Comment ne pas fuir...
Comment croire encore..
Comment garder patience
Comment demeurer confiante

Comment ne pas céder à la tristesse,

à la nostalgie, à ce sentiment d'agonie,
à la désespérance, à l'incrédulité, au regret,
à la mésestime, à l'inéluctable autodépréciation
Comment encore croire, aujourd'hui, à demain ? 



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Vendredi 14 décembre 2007

Pour les amoureux

Des vieilles pierres, des  grands songes

des petites choses...

RomaAngeNavona.jpg

A la claire fontaine,

j'irai offrir mon obole.


RomaTrevi.jpg
A la fontaine de Trevi, les amoureux jettent des pièces
de la main droite par-dessus l'épaule gauche, et font un voeu...

RomaCadenas.jpg
à la sortie du B&B, dans la via del Mille,
un petit cadenas qui me rappelle le pont de Florence...
ou le tag, à Recanati... Les amoureux sont partout.


RomaFontPantheon.jpg
Oh ils étaient si charmants ces deux-là,
éblouis par le panthéon qui se dresse devant eux
on se serait presque reconnus, le matin,
avant le café, devant les splendeurs romaines...

RomaFontNavona.jpg
Il y en a des magnifiques, majestueux, puissants,

RomaPetitLion.jpg
Et d'autres moins gatés par la nature,
mais tellement tellement attendrissants...




 
petits bonheurs partagés ...


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Vendredi 14 décembre 2007


Me voici rendue


Au froid mordant de la neige

en atterrissage...

A6NovportrJournal.jpg
A6  Collage  novembre 2M7, anaka ©



J'ai mis mes moufles, mon bonnet,

Mon cache-nez, de grosses chaussettes...




Comme une sentence, implacable, ce froid tranchant. Même le feu dans la cheminée ne peut réchauffer les quatre jours de la maison vide. Le blanc dehors fait linceul et accule au silence. Ne reste qu'à patienter, vêtue de mille peaux et d'images chaleureuses...

Je trie les photos de trois jours de ballades dans la ville romaine, je colle les souvenirs avant qu'ils ne s'envolent. Je crois que c'était bien, mais je ne sais pas encore à quel point, la mémoire n'est pas intégrée et fait peu à peu son chemin dans les jours qui suivent.

Je me souviens de ballades interminables et enchantées dans les rues de belles pierres et de joyeuses fontaines. De ce coup de soleil en face du Capitole, après des heures passées entre le Forum Romain et les Colisée à chercher les images de trois mille ans dans les vestiges indistincts, ce merveilleux sandwich italien à la courgette et à la mozzarella.

Je me souviens de cet artichaud frit et fondant, une splendeur, offert dans une gargotte du quartier delle traverstare, je me souviens du vieil homme vendeur de balais si heureux de nous indiquer le chemin de la trattoria cachée, je me souviens des fesses de l'ange sur la place Navona,
du nez levé vers le sommet du Panthéon jusqu'au vertige, de la fontaine de Trévi qui n'est pas celle que l'on croit, et de la pièce qui tombe, plic au bon endroit, même si c'est pour ailleurs.

Je me rappelle ces sourires échangés, ces rencontres charmantes, ces échanges, le plaisir d'être là, ailleurs, nulle part ailleurs, laisser filer les heures entre nos doigts, comme s'il restait encore du temps, beaucoup de temps, encore longtemps...

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Mercredi 12 décembre 2007


Un temps entre deux

Un espace où je navigue

sans savoir vraiment

A6  Collage  novembre 2M7, anaka ©


où je demeure au présent

et même si j'existe encore.


A l'heure où j'écris ces mots, je suis encore ici, maintenant.
A l'heure où ils paraitront, je serai ailleurs, en prévision à Rome.
Mais dans l'absolu je l'ignore.
Peut-être est-ce l'un de ces rares instants où je mesure la fugacité de mon existence. Si je ne suis plus, ce sera mon dernier mot, ma dernière prière pour ceux que j'aime, ceux que je ne connais pas mais que je pourrais aimer tout autant, ceux que je connais et que je n'ai pas su aimer...
J'emporterai le regret de me sentir encore tellement en demande, tellement assoiffée de retour, si peu sage...
J'emporterai cette joie profonde et insatiable d'avoir aimé de tout mon être les miens, et ceux que j'ai fait miens...
Et pour une fois, je n'aurai pas envie de lire des commentaires en retour de ce billet sans raison, ces mots jetés en vrac sorti du chapeau de la conscience comme le lapin blanc, les yeux rouge et le nez agité...

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Dimanche 9 décembre 2007

Et pendant ce temps

Elle parcoure la via romaine

Comme à bicyclette...

Lettrebicyclette.jpg
série papier à lettres - novembre 2007 - anaka ©

A deux roues libres, sans les mains

Jusqu'à la fontaine des voeux...



Demain nous serons loin.
Passée la petite heure de vol,
envolés les départs ratés,
laissés au passé les quiproquos les ratés...

On n'aura pas de vélo, sinon un tout petit dans la tête...
Juste nos pieds dans des chaussures assez souples
pour entraîner nos pas toute la journée durant...

A Trévi on s'arrêtera.
Il parait qu'il faut être prudent, car si l'on fait un voeu,
il y a toutes les chances qu'il se réalise...

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Mercredi 5 décembre 2007

Ca bouge en tous sens,

Difficile de suivre le rythme !

Ouh, je perds la boule...


série papier à lettres - novembre 2007 - anaka ©


Il faudrait laisser pauser

Comme la pâte au frigidaire...


Pour faire une bonne pâte, mélanger beurre, farine, deux oeufs, pétrir, effeuiller des doigts, émietter, ajouter un peu d'eau si nécessaire, malaxer, jusqu'à ce que la pâte ne rebondisse plus. Puis laisser reposer au frigidaire au moins vingts minutes. En boule. Ensuite étaler au rouleau, assez fine, sur un support fariné. Remettre au frais encore une demi heure, avant cuisson.

Pétrir, Remettre au frais.
Etaler, remettre au frais

Voilà qui parle à la bonne pate qui sommeille en moi...

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Lundi 3 décembre 2007

D'un geste, ah si on

porte en son sein l'espérance

d'un monde à venir


Lettresgrossesse.jpgsérie papier à lettres - novembre 2007 - anaka ©




Il reste encore une chance

De sourire au lendemain.

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Dimanche 2 décembre 2007

Parfois je me risque

Aux confins de tes secrets

Dans l'inconscience

A6mainnov.jpgA6 - esquisse - novembre 2M7, anaka ©



Ce que je cherche à savoir,

c'est un aveu d'ignorance...



C'est un aveu de faiblesse,
Ce manque de confiance qui me perd moi-même...
Toujours vouloir savoir, attendre des réponses, comme si un mot un seul suffisait à faire disparaître ce doute qui me gangrène,


C'est un aveu de détresse,
Ces questions posées à la voilée, ces interrogations volées entre deux badinages, ces petites traques de mot entre deux innocences, qui voudraient me persuader que j'ai raison de garder mes distances, installer mes défenses, ériger haut mes murs et feindre le détachement

C'est un aveu d'épuisement,
Cette lassitude immense, à  force de lutter contre l'incertitude. Elles n'ont pas de trêve  les querelles d'ectoplasmes. Je chevauche au grand galop les déserts de silence. Les propos sans écho ricochent  sur des élucubrations échevelées.


C'est un aveu d'ignorance,
Car au plus profond de mes délires intérieurs,  j'ignore où je demeure, petite poucette aux mies de pain mangées par les oiseaux de mauvais augure...


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Mercredi 28 novembre 2007

Parfois on est gauche,


Et la grâce de la maladresse


Révèle les secrets



A4yeux-ferm--snov2007.jpg
A4 Couple  dessiné Yeux Fermés,  novembre 2M7, anaka ©


Comme si la main innocente

Etait la seule à savoir...



Sure, la main adroite

Dessine les certitudes

Sans hésitation


A4coupleyeuxouvertsnov2007.jpgA4 Couple dessiné Yeux Ouverts,  novembre 2M7, anaka ©

La certitude construit

le nid des désillusions.



Petite application d'un drôle d'exercice créatif : Dessiner les yeux fermés une image. Puis sans regarder le résultat, dessiner ensuite la même représentation les yeux ouverts.
Généralement il est plus aisé de commencer par dessiner une silhouette, ensuite reproduite l'exercice avec un animal ou un objet, une fleur. Enfin un dessin éventuellement plus complexe.

Le résultat permet de comparer sa manière d'appréhender le monde, et la façon dont on le conçoit intérieurement. Travaillé régulièrement, il aide aussi à développer le rapport entre expression intérieure et expression extérieure. De plus en plus il traduit dans le dessin les yeux fermés une vérité, un état que la conscience des yeux ouverts n'autorise pas à exprimer.

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Ma peur me poursuit comme un fauve affamé.  Pour ne pas être dévorée, je dois lui donner de ma substance pour apaiser son appétit insatiable. La sustenter de mes doutes, la contenter de mes appréhensions. Et plus je la nourris, plus elle grossit et prend du poids dans ma vie. Ma peur est un trou noir qui se nourrit du néant, et menace mon existence de sombrer dans  le désespoir.

Mais j'ai entendu où se niche ma peur. Elle a pris en otage une enfant sans défense, qui demeure tapie en silence au fond de mon coeur, sans mot dire, sans bouger tant elle craint de déranger. Car provoquer un agacement la condamne à la mort. Trop vivre la menace d'être supprimée. La petite respire à petites bouffées, son corps tremble par intermittence, elle tangue et chavire pour ne pas sentir la grelotte.

Je me suis approchée, très doucement. J'ai pris contre moi la petite âme qui reposait d'un sommeil agité et craintif. Je n'ai rien dit. J'ai seulement souri, attendrie, j'ai juste senti que je l'aimais ainsi, malgré sa douleur, malgré ce qu'elle porte et garde en moi.

J'ai songé que j'avais de la chance de ne plus être cette petite fille.
Je suis grande, maintenant.
Je peux prendre soin d'elle.
...
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Mardi 27 novembre 2007

Dans mon paradis


il y a des  sourires


et des yeux clignés



A6.CollParadisNov2007.jpgA6  Collage  novembre 2M7, anaka ©


et des enfants qu'on s'aime

comme au tout premier souffle



Au tout premier souffle, on aime. Peut-être est-il possible de garder cette respiration-là. Celle qui aspire tout le possible possible, et expire toute impatience, tout agacement, pour laisser place à la curiosité de l'autre et seule la curiosité...

J'ai entendu les mots de l'ange. J'ai senti en moi que la colère épuisait les dernières respirations. La colère et puis aussi l'attente. Je ne me rappelais plus ce que j'attendais encore, comme figée sur un quai de gare sans train à venir. Je me souvenais seulement de cette envie de bonheur qui bourdonnait encore en moi. J'avais, presque palpable devant mes yeux, un éclat de rire en formation. J'entendais alentours le chant de l'envie gourmande, du plaisir. J'aurais pu lécher mes babines si j'avais été chat.

Alors j'ai pris une seule bouffée d'air, dense et juste, et j'ai respiré de nouveau, comme au tout premier souffle...





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