Vendredi 14 décembre 2007
Me voici rendue
Au froid mordant de la neige
en atterrissage...
A6 Collage novembre 2M7, anaka
©
J'ai mis mes moufles, mon bonnet,
Mon cache-nez, de grosses chaussettes...
Comme une sentence, implacable, ce froid tranchant. Même le feu dans la cheminée ne peut réchauffer les quatre jours de la maison vide. Le blanc dehors fait linceul et accule au silence. Ne reste
qu'à patienter, vêtue de mille peaux et d'images chaleureuses...
Je trie les photos de trois jours de ballades dans la ville romaine, je colle les souvenirs avant qu'ils ne s'envolent. Je crois que c'était bien, mais je ne sais pas encore à quel point, la
mémoire n'est pas intégrée et fait peu à peu son chemin dans les jours qui suivent.
Je me souviens de ballades interminables et enchantées dans les rues de belles pierres et de joyeuses fontaines. De ce coup de soleil en face du Capitole, après des heures passées entre le Forum
Romain et les Colisée à chercher les images de trois mille ans dans les vestiges indistincts, ce merveilleux sandwich italien à la courgette et à la mozzarella.
Je me souviens de cet artichaud frit et fondant, une splendeur, offert dans une gargotte du quartier delle traverstare, je me souviens du vieil homme vendeur de balais si heureux de nous indiquer
le chemin de la trattoria cachée, je me souviens des fesses de l'ange sur la place Navona, du nez levé vers le sommet du Panthéon jusqu'au vertige,
de la fontaine de Trévi qui n'est pas celle que l'on croit, et de la pièce qui tombe, plic au bon endroit, même si c'est pour ailleurs.
Je me rappelle ces sourires échangés, ces rencontres charmantes, ces échanges, le plaisir d'être là, ailleurs, nulle part ailleurs, laisser filer les heures entre nos doigts, comme s'il restait
encore du temps, beaucoup de temps, encore longtemps...
Mercredi 12 décembre 2007
Un temps entre deux
Un espace où je navigue
sans savoir vraiment
A6 Collage novembre 2M7, anaka ©
où je demeure au présent
et même si j'existe encore.
A l'heure où j'écris ces mots, je suis encore ici, maintenant.
A l'heure où ils paraitront, je serai ailleurs, en prévision à Rome.
Mais dans l'absolu je l'ignore.
Peut-être est-ce l'un de ces rares instants où je mesure la fugacité de mon existence. Si je ne suis plus, ce sera mon dernier mot, ma dernière prière pour ceux que j'aime, ceux que je ne
connais pas mais que je pourrais aimer tout autant, ceux que je connais et que je n'ai pas su aimer...
J'emporterai le regret de me sentir encore tellement en demande, tellement assoiffée de retour, si peu sage...
J'emporterai cette joie profonde et insatiable d'avoir aimé de tout mon être les miens, et ceux que j'ai fait miens...
Et pour une fois, je n'aurai pas envie de lire des commentaires en retour de ce billet sans raison, ces mots jetés en vrac sorti du chapeau de la conscience comme le lapin blanc, les yeux rouge
et le nez agité...
Parfois je me risque
Aux confins de tes secrets
Dans l'inconscience
A6 - esquisse - novembre 2M7, anaka ©
Ce que je cherche à savoir,
c'est un aveu d'ignorance...
C'est un aveu de faiblesse,
Ce manque de confiance qui me perd moi-même...
Toujours vouloir savoir, attendre des réponses, comme si un mot un seul suffisait à faire disparaître ce doute qui me gangrène,
C'est un aveu de détresse,
Ces questions posées à la voilée, ces interrogations volées entre deux badinages, ces petites traques de mot entre deux innocences, qui voudraient me persuader que j'ai raison de garder mes
distances, installer mes défenses, ériger haut mes murs et feindre le détachement
C'est un aveu d'épuisement,
Cette lassitude immense, à force de lutter contre l'incertitude. Elles n'ont pas de trêve les querelles d'ectoplasmes. Je chevauche au grand galop les déserts de silence. Les propos
sans écho ricochent sur des élucubrations échevelées.
C'est un aveu d'ignorance,
Car au plus profond de mes délires intérieurs, j'ignore où je demeure, petite poucette aux mies de pain mangées par les oiseaux de mauvais augure...
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