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Jeudi 17 août 2006

 

 

Valdo est parti

Envolé le compagnon

à grandes oreilles...

 

Disparu le petit teckel qui nous envahissait depuis un an et demi, le petit insupportable et sa grande langue jamais lassée de lécher, et son grand nez toujours fourré partout, et ses petits cuisseaux durs comme des mini battes de base ball,

Envolé le petit pote affectueux qui jouait le tonton flingueur avec les chats de la maison, léchant les nouveaux nés, agaçant les plus grands, s'endormant lové contre la grosse paola fière et dédaigneuse.

Parti le mini mâle et son mini zizi turgescent à la moindre caresse, impossible à calmer, les ardeurs de ce minuscule étalon qui n'avait rien à se mettre sous le cuisseau, sinon les grandes pattes dodues du labrador du coin qui le laissait s'exciter dans une indifférence absolue.

Finies les exaspérations matinales, les appels du soir, les remontrances et les gros yeux qui se terminent en gros baisers sonores sur sa truffe humide.

Adieu mon valdo, trop court passage pour que la tristesse l'emporte, juste un léger blindage pour ne plus m'attacher, et au fond de moi cette petite phrase qui résonne : plus jamais, plus jamais de chien.

 

 

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Mercredi 16 août 2006

 

 

Grosse de leurs mots dits

 

Enceinte de tendresse avouée

 

j'accouche de moi-même.

 

 

Une journée en moi seule

Pourtant le monde alentour, mais rien ne me distrait de la pensée d'être, un être, à un autre unique...

Rien ne me détourne de ma vérité intérieure, un sentiment qui nait et se propage et fait germer alentour les mots et puis les phrases et puis les rires entre deux silences, et puis le reste qui ne dit rien.

Et puis tout le reste qui se tait et qui dit tout ce qui importe, pas de réponse au pourquoi au comment mais seulement des peut-être, des possibles, des embryons de confiance qui fécondent l'univers.

toi non plus tu n'es pas seul

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Mercredi 16 août 2006

Impuretés

Philippe Djian,   éditions Gallimard 2005

 

Le pitch

 

Dans un quartier résidentiel américain huppé, la mort accidentelle d'une adolescente, puis le suicide d'un autre, et les dérives de leurs copains de jeux et de misère affectives, sous les regards noyés par la drogue, l'alcool ou la désillusion de parents encore plus déjantés que leurs enfants.

 

Comment Taire...

 

Mon premier Djian. Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur, est-ce que les autres sont dans la même veine de désillusion de saleté mentale, de putréfaction de l'âme ? On dirait des pantins de chair qui s'agitent avec un trou au milieu, un trou pour baiser mais pas pour faire l'amour, kekseksa l'amour... Triste et violemment désabusé. On ferme la dernière page en s'estimant heureux de ne pas habiter le même quartier... J'ai pensé tout le long à desesperate housewives...

 

Un extrait.

 

... " Ca ne s'était pas fait. Il avait pris peur, tout à coup, et ça ne s'était pas fait. Il avait ralenti sa course en plein élan et s'était sabordé plutôt que d'avoir à gravir des montagnes sur les genoux, d'avoir à payer de sa personne pour le bonheur d'une poignée qui le conduirait à sa tombe, au milieu des fleurs et des larmes... Pour autant il ne regrettait pas son choix. Il s'était dégonflé et en avait payé le prix, si bien qu'il s'estimait en droit de parcourir à nouveau le lieu du crime en homme libre. Et ça donnait quoi ? Difficile à dire. Sa capacité de jugement chancelait en raison de l'enjeu qu'il s'était imposé, ne portant pas moins sur le fait de savoir s'il était fini ou non, s'il avait oui ou non tout perdu. avait-il tout perdu ? L'obscurité se tenait autour de lui...

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Mardi 15 août 2006

 

 

Plus jamais ce mal

Elle a juré, plus jamais

Ce bleu à son coeur

 

Comme si elle avait bu, elle est un peu sonnée, le monde vrille tout autour, l'air vrombit de mille insectes invisibles qui agacent ses tempes et font monter la migraine jusqu'au sommet de son crâne.

Elle a lu un peu vite, les mots qui lancent, les mots qui reprochent. Elle ne s'est pas attardé de toute façon elle a compris qu'il est trop tard à présent pour se faire entendre, se faire comprendre. Parce qu'il n'y a rien à comprendre.

Parfois son coeur est bleu et son âme pèse à lui couper le souffle, dedans comme le bruit des ciseaux qui découpent l'étoffe de ses rêves, à petits points percent son coeur effrangé sous prétexte d'ourlet.

C'est étrange, elle observe encore une fois la trahison des mots. Tout ce qu'elle veut dire se perd dans ce que l'autre entend. Tout ce qu'elle veut donner se transforme inéluctablement à l'autre bout en une menace, comme si elle était forcément celle qui voulait prendre, manger, dépecer l'autre jusqu'aux os le laisser en lambeaux...

Elle sait à présent combien elle est maladroite de ses dits trop crus trop à croire, qui sortent d'elle comme des petits êtres autonomes et se jettent dans les airs avec des hurlements de triomphe, des cris de jouissance, des tonitruements de désespoir.

 

Tout est excessif, la vérité se tient bien en retrait cachée dans le silence.

 

Aujourd'hui comme chaque jour depuis des semaines elle plonge dans le grand sommeil, ses nuits durent plus qu'il n'en faut, elle a la sensation de s'échapper à toute pensée à toute réflexion à tout besoin d'ici pour retrouver dans là-bas un refuge sans accent grave, sa petite maison dans la prairie, le gite sans fond d'un sommeil de plomb.

Elle veut croire, elle veut vivre, elle veut survivre à tout, elle le veut mais elle sait déjà qu'elle en a à peine la force. L'usure menace à tout instant, elle se doit de rester vigilante à ses petits assauts de désespoir qui parfois la saisissent par surprise.

 

Cette vie, cette vie, où personne ne comprend rien à personne...

Et cette fatigue, lancinante...

 

 

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Mardi 15 août 2006

 

 

Rouge est la colère

 

D'un sang chaud qui bouillonne

 

Le front écarlate.

 

 

Rouge est sa couleur, homme au sang noir d'encre et de verve.

Lui me jette au visage sa rage et sa désillusion,

Et me condamne au virtuel.

Il me faudrait encore baiser ses pieds,

Adorer ses dithyrambes insensées,

Encourager le vacarme ?

 

Il y a trop de tumulte dans cette tempête sans larme

Nul ne veut désormais ouvrir son coeur aux putréfactions

Il n'y a plus la ressource, de jeter l'un contre l'autre

tandis que l'autre demeure tout contre l'un,

De faire violence

De se vêtir de reproches et d'amertumes

 

 

Rouge est son empreinte, un rouge passion qui consume

 

 

Je voulais mettre dans ton âme des couleurs

Avec la ferveur d'un coeur simple, colorier autrement

De mes mains de peinture tes éclaboussures

 

Tu peux m'effacer de ta page,

Faire comme si je n'étais rien

Rien qu'un songe au creux de toi

 

Faire comme si je n'existe plus, toi oh trop déçu de cette humaine de chair amoureuse sans complexe et divagant aux éclats changeants de chaque jour, rien n'est jamais pareil au réveil, je reviens d'un voyage qui me laisse tantôt pantelante, tantôt misérable, parfois encore attachée comme une prisonnière en lambeaux aux images du passé, je rêve de mon père qui me sourit dans le lointain sans pour autant me prendre dans ses bras, parti déjà sur un autre rivage, je vois passer parfois le papa de mes filles avec un gentil sourire mais lui non plus n'est plus, il s'échappe quand je tends mes bras oniriques, et disparait pour son ailleurs auquel je ne suis pas conviée, tous ces gens effacés, et gravés, omniprésents et lointains, leur amour en filigrane comme un filtre sans substance qui m'empêche de toucher les vivants avec ma peau ma chair, mon sang...

 

Tu peux faire comme tu veux,

Tu demeures en mon coeur mon magicien

Mon âme tendre à qui je dédie mes pensées.

 

Rose est la couleur

 

De la charnelle humaine

 

Au sang écarlate

 

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Mardi 15 août 2006

Dans ces bras-là.

Camille Laurens

 

Le pitch

 

La femme parle de l'homme. des hommes. De son père au fond qui rassemble tous les hommes en elle et au-dehors d'elle. Un à un se dessinent des portraits, des rapports erronés, des relations ardentes, des incompréhensions inévitables, des éloignements, des renaissances...

 

Comment Taire...

 

Il y a des vérités inévitables. Des souvenirs qui jaillissent de nos propres histoires, on aurait presque envie de se mettre à faire le catalogue de nos propres romances... Mais il y en a trop, des histoires, et puis il y en a surtout qu'on veut oublier, et puis d'autres dont on ne veut pas parler pour les garder au plus secret. Alors on se contente de lire ses bras à elle...

 

Un extrait.

 

..." C'est particulier, le père - c'est un homme à part, la part d'homme en elle. Quand elle sort du bain, les cheveux plaqués en arrière, la peau nue, sans maquillage, les traits un peu durcis par la lumière des néons, les sourcils broussailleux, l'air sombre, soudain elle l'aperçoit dans le miroir : c'est lui. Le père est le seul visage d'homme qui soit donné à une femme ; le père est le seul homme qu'il lui soit jamais donné d'être. "...

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Dimanche 13 août 2006

Kafka sur le Rivage

Haruki Murakami

 

Le pitch

 

Un jeune fugueur trouve refuge dans une bibliothèque. Un vieux doux dingue parle aux chats et aux pierres. Un temps s'arrête sous le ciel japonais comme un entre-deux dont il faut retrouver l'entrée 40 ans plus tard....

 

Comment Taire...

 

Un entre deux où tout est possible, comme le rivage où l'on se tient debout face à son devenir. Un parcours initiatique où résonnent les airs de Shubert, Beethoven, Radiohead. Le sens d'une vie.

 

Un extrait.

 

..." Dans cent ans, plus une seule de ces personnes y compris moi ne sera sur cette terre. Nous serons tous redevenus cendre ou poussière. A cette idée je me sens bizarre. Tout ce qui m'entoure me semble éphémère, illusoire, prêt à disparaitre dans un souffle de vent. J'écarte mes mains et je les examine. Pourquoi est-ce que je me donne tout ce mal ? Pourquoi s'efforcer si désespérément de survivre ? "...

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Dimanche 13 août 2006

 

 

Dimanche sous la couette

 

Couleur d'un jour sans pensée

 

le repos de l'âme ?

 

 

Je maintiens cette vérité que le RESTE n'est que littérature et que seul compte le poids réel des mains de mon homme sur mon corps...

J'apprends à cesser de croire aux chimères aux mots qui parcourent des distances infranchissables quand ceux qui les prononcent ont renoncé à vivre dans le même univers, et se contentent d'un téléscope pour communiquer "de loin".

J'apprends juste la réalité au lieu de rêver à un fantasme de réel...

Je lis les mots du magicien, et je ne comprends plus rien à ce langage qui se tait derrière des métaphores et des allégories qui m'échappent.

Ai-je changé de langage, ou est-ce lui qui s'est perdu dans sa langue-mère ? Moi je ne suis ni sa soeur, ni le prolongement de son âme, j'entends la distorsion d'une musique qui ne veut plus toucher mais prendre la distance, et se réfugier vers d'autres peut-être plus conciliants...

Je tente une incursion dans le monde réel, au lieu de me réfugier dans un fantasme de réel...

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Samedi 12 août 2006

Je me bats encore

 

Pour être aimée vivante

 

Quand d'autres me tuent...

 

 

Me voilà mise à l'écart,

Répudiée la princesse,

La muse aux trois moitiés

Mon magicien m'a rendue à ma vie

En me faisant sortir de la sienne

C'était si facile,

De croire à distance

De laisser parler à sa place le silence

De ne pas prendre de risque

Parce que ça fait mal

Ou...

ça fait mâle...

 

La proie pour l'ombre...

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Mercredi 9 août 2006

Il a rendu l'âme

Paix à ses gigas neurones

Je goûte une trêve

 

 

Ces journées d'août passent à une telle vitesse !

Entre les ateliers, les soirées d'été avec les amis qui fleurent bon les vacances, les filles à la maison joyeuses comme des pinsons, les grasses grasses mat, la présence de plus en plus confiante de mon jack qui semble s'apaiser, enfin.., les ronronnements de Pablo qui prend du poil et du poids, les facéties teckellistiques de Valdo, les chasses au mâle de Paola, les fleurs qui poussent, tombent et repoussent sans se lasser, les pluies dilluviennes qui alternent avec les éclats d'un soleil qui sent déjà l'automne...

L'été tire à sa fin dans les montagnes, c'est un peu tôt, mais inéluctable...

 

J'ai retrouvé de la joie.

Comme si j'avais passé la porte d'un chateau fort et qu'à présent s'ouvrait un autre paysage. Finis les antichambres sans fin vers une tristesse inépuisable. Comblés les gouffres de solitude et les cachots d'esseulement, les chambres froides et les âtres attiedis... /font>

Me voici comme cheminant sur une lande nouvelle, un espoir végétal...

 

J'ai du bonheur à cette vie.

Et tant pis pour les ordis en panne, (merci ma fille de me prêter le tien quelques minutes !), les qui-font-la-gueule, les trop-virtuels-qui-s'éclipsent-on-ne-saura-jamais-pourquoi-ce-silence-brutal, cette fin de non-recevoir unilatérale. Fini de me demander ce que j'ai pu faire ou ne pas faire pour que l'un, ou qu'un autre, disparaisse. Parce que s'il s'en va, c'est sans mon coeur à moi, désormais. Lui n'emportera que sa solitude et ses peurs et ses craintes, sur son vaisseau de hollandais volant.

 

J'aime mon homme d'un amour démesuré.

Parfois seule avant l'endormissement, je respire son oreiller juste pour retrouver ce vertige qui me saisit quand il est là tout proche, quand je hume sa peau, quand je caresse sa nuque d'un geste très lent, et très précis, comme si mes doigts pouvaient ancrer ce souvenir de lui dans mes propres empreintes.

 

Le reste n'est que littérature.

La réalité n'est pas faite de mots et de fantômes.

Elle est faite d'êtres de chair qui se battent pour que leurs rêves continuent de porter leur pas et de faire flotter leur âme un peu au-dessus de la désillusion et de l'amertume.

 

Ce présent de chaque jour, je le savoure et le dévore avec cette sensation qu'il n'y a qu'un temps possible pour en jouir pleinement, pour ressentir ce bonheur de l'instant.

Je vis comme si j'allais mourir demain, et jamais je ne me suis sentie aussi vivante.

 

 

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