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Samedi 6 janvier 2007

Le meilleur n'est plus

Avenir. Le présent seul

Dessine l'an demain

anaka, plexi selon G. 2006
©

A se demander pourquoi l'homme désire tellement que tout dure, lui si ephémère. Un jour un amour démesuré qui paralyse tout autre chemin, le lendemain une lassitude qui ouvre d'innombrables voies. Hier l'envie de manger le monde à pleine mains, demain l'aspiration au silence, à la sérénité. Dans un monde changeant en permanence, la seule issue pour ne pas sombrer dans l'errance est  de se couler dans le mouvement des jours. Décliner en oscillements les variations quotidiennes, conjuguer le crainte de l'esseulement et le désir profond de solitude, mélanger les couleurs couche près couche pour leur préserver leur vérité profonde, au bout du compte un patchwork indéfaisable d'envies et de répugnances, de je veux et de je dois, de questionnements et de certitudes. Ou bien... simplement accepter d'être une âme errante sur cette planète en orbite autour d'un feu grégeois. Comme un papillon de cendre en spirale dans les volutes de fumée, s'élève dans la chaleur de l'âtre,  jusqu'aux strates glacées de la stratosphère. Un mouvement ascendant et brûlant qui nous emporte au coeur des nuages. Mon coeur a froid.

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Samedi 6 janvier 2007

Marylin, dernières séances


Haruki Michel Schneider
Grasset 2006

le pitch

Pendant deux ans et demi, l'histoire d'un couple improbable racontée jusqu'à la mort de l'un des deux protagonistes. Mais pas n'importe qui : Marylin, et son psychanaliste freudien Ralph Greenson. Elle lui demande de le sauver de sa détresse de l'aider à ne pas se perdre, au bord de la schizophrénie, border line dirait-on aujourd'hui. Lui tente de l'aider comme un enfant et l'entraîne dans uen dépendance qui la conduira à l'inéluctable, le 4 aout 1962.

Roman extrêmement documenté, il mêle cependant le récit abiographique et la fiction pour raconter ce qu'il se complait à dépeindre avec une rare perversité : la déchéance d'une femme seule.


comment taire...

Lu il y a quelques semaines déjà. je n'arrivais même pas à écrire une ligne sur ce roman, tant il m'a donné mal au coeur. A me dégouter de lire. A me dégouter des auteurs et de leur folie égotiste qui les fait détruire leur propres héros avec un sadisme inoui.

J'ai toujours aimé Marylin. Aimé Marylin comme on aime une enfant perdue, une enfant en détresse, dont on sait que l'amour qu'on lui porte ne suffira jamais à la sauver d'elle-même. Comme on aime l'enfant en soi, au fond, celui-là qui demeure tapi et apeuré et qu'on passe sa vie à tenter de rassurer en devenant une bonne grande personne, en devenant parent, aussi, par exemple...

Cette part-là dans le livre est bien rendue. Mais elle ne sauve pourtant pas ce roman de la turpitude et de la saleté dans laquelle il se plonge avec une aisance racoleuse et immmonde. Son plaisir à lui, qui se prétentd psychanaliste,- et donc sauveur d'âme! - est de raconter des scènes de déchéance, observer cette femme prise au piège comme s'il regardait avec vice un papillon à l'agonie cloué sur une planche anatomique.

Je l'ai lu jusqu'au bout, mais j'ai été surtout écoeurée par l'auteur. Je le trouve sale, pervers, manipulateur, voyeur. Mais au bout du compte, malgré toutes les choses affreuses qu'il raconte, il ne réussit pas à salir cette femme enfant perdue sur une planète trop dégueulasse pour y accueillir les anges.

 

Je lis cet extrait d'article écrit par une femme (!) dans un magazine littéraire :  "Marilyn, dernières séances est un roman somptueux. Une écriture de soie. Un goutte-à-goutte d'émotion fine. Une réflexion sans leçon. L'auteur offre à Marilyn Monroe, par cette oeuvre de nuages et de nuances, ce qu'elle a toujours demandé en secret aux hommes : le respect."
A chacun de se faire une idée de na notion de respect...

Je n'ai même pas envie de préciser que ce livre a reçu le prix Interallié 2006.



quelques extraits, enfin quelques conneries...

"...Elle attirait le thérapeute toujours plus vers le plus sombre, le bas, le vide..."
Elle l'attire  ? Elle aurait donc cette force incroyable, cette femme sans cesse au bord du vide... Ou est-ce lui qui s'y complait ?


"...Ce n'est plus 'Le Prince et la danseuse, disait-il en référence au film anglais et costumé de Marilyn, c'est la psychanalyste et sa doublure.' S'il avait été moins paresseux, il en aurait bien fait un film. Bon scénario, pensait-il. Chacun sans le savoir se fait le metteur en scène de l'autre. Chacun joue le rôle de ce qu'il ne savait pas être : lui un artiste, elle une intellectuelle. Chacun est finalement devenu le rêve de l'autre. Avant de se rencontrer et hors de leur rencontre ni l'un ni l'autre n'était fou ; ensemble ils le deviennent.'"


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Jeudi 4 janvier 2007

Voie du magicien

Un chemin au coeur de l'autre

en une cavalcade...

anaka pour B, portrait 2006
©

J'écoute la voix sur les genoux
qui me parle d'un pays au ciel immense

Un pays de bruit et de silence
où des traces incertaines ouvrent un passage

En partance les mots fuguent
et marquent le pas de l'errance.

Une hésitation sismique ouvre une faille sur ma liberté.
Lui me sauve de celui qui fuit sans trêve et sans raison.

Lui féconde les étoiles pour un ciel illuminé
nu il est, plus paré que mille autour

Ici il voue à  la terre sa complainte,

Coule dans le sein de la mère son corps de prière

Le meilleur n'est plus à venir
mais pas plus que le pire


Fragment d'histoire,  chuchoté à mi-voix
récit d'une cavale
où l'autre n'est que lui-même.

Tu es mon autre, 
dit-elle.



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